Portfolio

Dis moi qui tu lis ou regarde et je te dirai...

Je suis une addict aux médias indépendants des industriels et de la pub mais suis triste de constater que ces médias participatifs se conduisent comme les autres.
  1. Je suis socio sur Le Média, comme je suis abonnée à Ebdo, Politis, Golias, Télérama, Courrier international, à Là bas si j'y suis, Médiapart, Arrêt sur image, Tenk, le journal le 1 et à Pratiques, les cahiers de la médecine utopique, publication qui mérite  franchement qu'on s'y intéresse. Je suis aussi une lectrice hebdomadaire du Canard enchaîné. Mon blog est hébergé par Le Monde, que je consulte, donc, et je lis aussi, à l'occasion, des journaux en langue anglaise ou espagnole (The Economist, The guardian, the NYT, El Pais, par exemple), parce que mes connaissances linguistiques me permettent de le faire et parce que toute réflexion qui prend un autre angle que celui de nos médias hexagonaux  vaut le coup qu'on s'y intéresse. Voilà mon profil médiatique.

    Pourquoi j'attaque là-dessus ? Parce que, sur un site que j'apprécie ("arrêt sur image") le "Le Média bashing" est devenu un sport de combat de la part de son fondateur, D. Schneidermann. C'est proprement lassant : vie des équipes, invités, tout y passe ... Et si on s'amusait à fouiller ses  propres cartons ? Se situer dans une telle perspective est totalement vain.

    Le Média, "téléMélenchon" rabâche-t-on : j'attends encore de voir car je n'y ai pas vu que des mélenchonistes brevetés. Et, en face, combien d'émissions, de chaines, de documentaires, atteints de macronite aiguë ?

    Je suis sûre que peu d'entre vous connaissent Golias, "l'empêcheur de croire en rond". La religion n'est pas mon fort mais je suis attachée à ce périodique. S'en tenir là en ce qui le concerne serait absolument réducteur : les chroniques sociologiques, philosophiques et économiques y sont de qualité.

    Je ne suis pas socio béate et n'aime pas tout ce que je vois sur Le média, comme je n'aime pas tout  ce que je lis dans le Canard enchaîné ou Médiapart, par exemple, ou dans les journaux étrangers précités. Mais il y a des choses instructives qui méritent d'être écoutées ( sur Le Média , donc : "l'entretien libre", "vraiment politique", "les sujets qui fâchent", par exemple). Je ne suis pas encore convaincue par le modèle,  ni par celui d'Ebdo (créé à peu près en même temps)  mais quitter le navire au bout de quelque mois, non. Installer un ton demande du temps. Si j'avais attendu du retour sur investissement rapide,  j'aurais acheté des actions LVMH  au lieu de m'intéresser à ce secteur si fragile :  l'information.

    Tout le petit monde en marge  de la presse industrielle survit grâce à ses lecteurs et ses contributeurs. Alors, voir, qu'à fleurets à peine mouchetés, ça s'invective entre médias participatifs sous l'oeil de titres mainstream qui doivent bien en sourire (voire plus) et que de "courageux" soutiens publics  ( Mamère, Filippetti, Mordillat, Pelloux, entre autres ) se tirent à la première polémique, c'est triste. Vous pensez que je suis d'une crédulité totale. Peut-être, peut-être pas. L'époque est à la sur-réaction et non à l'insoumission (que je ne réduis pas à JL Mélenchon mais dont il est le seul porteur visible pour l'heure). La critique se "choralise". C'est déprimant.

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