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Blocage en gare de Clermont-Ferrand

Ce 6 janvier, des militants CGT et Gilets Jaunes ont bloqué le train de Paris pendant deux heures en gare de Clermont-Ferrand, bloqué l'arrivée et le départ d'autres trains.
  1. 13h24, ce 6 janvier, une vingtaine de militants CGT et Gilets Jaunes pénètrent sur le quai 1 de la gare de Clermont-Ferrand où le train de 13h30 pour Paris est sur le départ. Ils s'avancent au bout du quai puis pénètrent sur la voie du train en partance. Chacun sait pour quoi ils sont là : le retrait de la réforme des retraites.

    Immédiatement, branle-bas dans la gare et ses étages. Tous les trains à destination du nord sont stoppés pour raison de sécurité, la procédure. Au loin, un train à l'arrivée est bientôt arrêté. Il devra attendre.

  2. Très vite, un huissier arrive, flanqué de responsables SNCF. Il prend une photo et demande aux manifestants de cesser le blocage. Refus. La mécanique est enclenchée. Un groupe de cheminots CGT de la gare reste sur le quai et ne s'aventure pas sur la voie. Ils expliquent que, sur la voie, ils seraient licenciés sans délai. Les autres, restent groupés sur la seule voie du 13h30 qui commence à accuser un sérieux retard.

  3. Pour la plupart, les voyageurs pour Paris, sont descendus sur le quai. Les agents et responsables de la SNCF sont nombreux à quitter les bureaux et être là. Jamais autant de personnels SNCF en gare ! La tension est palpable.

  4. Finalement sur un blocage, tout le monde attend : Les bloqueurs attendent … et discutent. Les voyageurs, plus ou moins mécontents sont finalement fatalistes dans un contexte de période mouvementée. Les agents SNCF, tous abordables, parlent surtout sécurité. Bref, personne ne jette de l'huile sur le feu, chacun attend que « ça se débloque » par les « bleus » (Forces de l'ordre) ou un autre moyen.

  5. Installer dans un blocage qui dure, les trains, un à un ne partent plus ou n'arrivent pas. Dans d'autres gares, on attend aussi. Au bout des voies, de l'autre côté, deux employés passent leurs grands balais sur des voitures. Sur le train de Paris, la motrice laisse lire, tracé sur sa crasse « Division Charlemagne » barré d'un double trait. Personne n'a pensé l'effacer durant tout ce temps à quai !

    Lire l'article du quotidien régional "La Montagne" : https://www.lamontagne.fr/clermont-ferrand-63000/actualites/les-trains-au-depart-de-clermont-ferrand-bloques-en-gare-par-une-manifestation-contre-la-reforme-des-retraites_13718793/

  6. Bientôt deux heures que le blocage a débuté. Les voyageurs manifestent parfois et discrètement impatience ou ras-le-bol. Sur le quai, des responsables SNCF tentent un dialogue pour dénouer la situation. Deux membres armés de la Sécurité Ferroviaire et leur responsable sont arrivés.

  7. 15h30, deux heures de blocage, l'action est réussie. La décision est prise : Évacuer la voie. Aussitôt, le haut-parleur de la gare retentit, invitant les passagers à remonter dans le train. Très vite les manifestants se rassemblent, remontent le quai, chantant « On est là... » pour aller ailleurs.

    Qui bloque dans cette histoire sinon celui qui ne veut pas renoncer à ce projet pour remettre l'ouvrage sur la table ?

    Nous avons aussi parlé avec des agentes de nettoyage (intérieurs des voitures) qui ne sont pas en grève mais soutiennent ce mouvement social majeur. Avec un temps complet en fin de carrière – avant c'est du partiel – et 1200 € de salaire, elles savent que la pension calculée sur l'ensemble de la carrière n'assurera pas une retraite décente, une retraite suffisante pour vivre, sans excès, mais suffisante !

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