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Portfolio 13 juil. 2022

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2 juillet : installation de la ZAD éphémère à Orcet rue des vergers

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  1. Georges-André Photos

    Une fois quasiment installée, la ZAD côté cour sur l'espace communal devant la route. Des voitures ralentissent et klaxonnent pour dire leur accord avec cette zone à défendre. Des passants du lotissement voisin viennent aux nouvelles.

  2. Georges-André Photos

    Et sur le treillis dépliable : planning spontané et formations qui évoluent au fil du temps.

  3. Georges-André Photos

    Installation en cours du bar (sirop bio, eau fraîche et jus de fruits) auquel s'ajoutera une infirmerie de campagne pour soigner bobos non négligeables. Un barnum coiffera le tout mais avec le soleil, l'ombre tombera souvent à côté.

  4. Georges-André Photos

    En tenue de campagne, le maire, Monsieur Guélon, arrive courroucé mais devant le calme de la médiatrice s'apaise autant que son possible du moment devant cette "agression" ressentie personnelle. Le catimini de sa décision qui veut modifier le PLU-I (intercommunal) sans discussion ni vote dans la commune devient public et explique ce courroux quand déjà la manif annoncée du lendemain passe mal.

  5. Georges-André Photos

    A quelques 150 mètres en longeant la route de chaque côté du bosquet, une banderole du collectif "StopUrba63" annonce la couleur : "OAP des vergers : NON !" C'est clair non ?

  6. Georges-André Photos

    La chaleur se lève avec le soleil qui monte sur l'horizon mais le roulement spontané des participant·es devant les bois qui s'assemblent peu à peu permet de faire face à la chaude situation. Nul n'est contraint et pourtant tout s'organise. "Etonnant non ?" disait Desproges.

  7. Des cyclistes casqué·es comme il se doit, viennent aux nouvelles et Coralie, médiatrice, explique et précise pour répondre à leurs interrogations.

  8. On a changé d'époque. Ce n'est plus la plane qui sert avec l'huile de coude mais la scie circulaire qui officie avec précision souhaitée et son alimentation électrique.

  9. Là, deux artistes en lettres et composition préparent une superbe banderole "Auzon la ZAD" : Auzon la rivière qui ose résister.

  10. La Ligue de protection des oiseaux (LPO) de Cournon d'Auvergne vient de poser quelques nichoirs dans le verger et sur l'espace public ; histoire de se rappeler que les oiseaux aussi sont concernés.

  11. Un trépan manuel parmi trois tailles pour forer verticalement par rotation en maintenant une pression maximale sur le sol. C'est le principe.  En réalité, c'est plus difficile qu'il n'y paraît pour trouer la bande herbeuse très dense. Beaucoup s'y sont essayé·es pour enlever un peu plus de terre soigneusement recueilli dans la bâche pour être réutilisé. Deux trous doivent être creusés. Il a fallu un certain et même la journée pour ne pas en faire un travail de forçat. Dans un trou la trépan a touche un rocher ou une grosse pierre ... Au final deux bons trous furent néanmoins creusés d'au moins 80cm déclaré apte à recevoir ce qui viendra le lendemain après la manifestation : un superbe panneau d'affichage de plein air planté sur ses deux longs poteaux, construit sur ce terrain.

  12. Il n'y a qu'un·e tout-petit·e sur le photo mais ils furent quatre ou cinq sur cette occupation à occuper leurs parents et les voisins du moment pour jouer, s'alimenter et dormir du sommeil bienheureux des tout-petits. Quatre ou cinq d'à peu près le même âge : neuf mois. Une affaire de génération qui donne l'âge des occupants !

  13. La première assemblée plénière (pas générale pour un sou) où il est question de la visite des gendarmes et du maire et de l'évolution possible de la situation : en gros, les gendarmes ont compris que pas violents et prévisibles ; le maire courroucé peut porter plainte quoique non-violents et prévisibles, le principe c'est le principe ! Mais lequel au fait, le principe démocratique noyé dans la masse des procédures abscons et non assumées ?

  14. Sous le barnum, un peu de fraîcheur relative pour boire un verre d'eau ou rester bras croisé pensif avant une discussion d'un groupe, une formation ou une assemblée plénière.

  15. Bientôt, le groupe va produire des réponses à des situations-test de plus en plus impliquantes pour envisager une réponse collective non-violente : "comment s'opposer" en minimisant l'impact sur soi ... est le maître-mot de ces groupes et de la démarche avec la conscience à aiguiser sur les enjeux, les risques et l'engagement.

  16. Marianne Maximi, élue députée en juin dernier sur Clermont-1 en visite sur cet espace et en discussion avec Valéry Viallard, élu d'opposition et lanceur de l'alerte "OAP des vergers"qui précise les enjeux, conditions et objectif de la lutte de ces Orcétois et Orcétoises organisé·es en collectif opposé·es à ce projet du passé, destructeur, inutile et imposé dans un silence devenu assourdissant.. Une bonne heure pour prendre la mesure de la température.

  17. Sous l'ombre du verger la ZAD côté jardin s'organise. Quel plaisir cette fraîcheur mise à disposition par son propriétaire ! Et des énergumènes veulent l'abattre, tomber ces arbres qui donnent pommes et noix pour semer du béton, planter des constructions éco-machin et éco-truc toutes labellisées bio-machin et bio-truc pour abuser le chaland qui bien entendu peut être abusé par mots ronflants et rhétoriques huileuses dans l'esprit du méprisant. La cuisine y est installée et aux heures chaudes d'après-midi au moment de s'alimenter, la plupart s'y réfugie, plus efficace que les barnums. Où l'on vérifie que les feuillus, arbres fruitiers ou non, apportent une véritable fraîcheur sous leur feuillage quand le béton emmagasine la chaleur pour la restituer après le soleil. Tous les randonneurs le savent fort bien. En cette saison, le couvert des arbres, bois ou chemins est le seul praticable aux jours de l'été caniculaire.

  18. Le bar/infirmerie est enfin installé sous sa guirlande et son petit barnum. Certes l'ombre s'en déplace souvent hors de la zone de service au long de la journée.  Zone humide avec boissons sans alcool pour tout dire bien indispensable plus encore qu'utile. C'est aussi le rappel de l'importance de maintenir les zones humides pour préserver la riche diversité qui y vit.

  19. Le treillis pliable de l'accueil sur lequel figure le planning indicatif a été facilement déplacé à plusieurs reprises avec les mains multiples sur le terrain. C'est généralement le point d'accueil des personnes en visite.

  20. Impression citadelle de paille au mur prêt au siège et à sa défense. La zone à défendre n'est pas l'amoncellement des ballots de paille mais cet espace de jardins, de verger, de champ cultivé, de bosquet comme de cette aire de promenade en bord d'Auzon bordé par un chemin en arrière qui est menacé de destruction pour construire ce qui peut être construit ailleurs et sans dégâts. Pourqoi cet acharnement ici ? Question récurrente quand l'alternative existe.

  21. Le chantier se poursuit avec l'héroïque ouvrier qui, seul fait fi, un moment, de la température élevé pour creuser et encore creuser à même le sol ce trou qui peu à peu s'approfondit sans se presser. Les autres aux abris de fraîcheur même relatives.

  22. C'est l'heure de manger. Le verger voit venir les convives qui, un oeil à droite ou à gauche, lorgnent les plats de légumes bio même quand ils l'ont préparé. Les participants ont amené des victuailles. Le fromage d'Orcet a donné deux belles et succulentes meules de Salers qui ont régalé les palais fromagers, d'autres des légumes et des fruits.

  23. Au soleil pas encore très haut dans le ciel, les militant·es écoutent, commentent, proposent, discutent pour se mettre au point, au parfum et élaborer une décision collective.

  24. Sur l'avant-terrain près de la route, les constructions vont s'élever tandis qu'une visiteuse est instruite de cette occupation par la médiatrice.

  25. La cuisine dans le verger telle qu'installée au premier jour quasiment désertée pour l'heure.

  26. Au sol, assis ou couchés, ou encore dans au fauteuil bien nécessaire aux squelettes usagés, les occupant·es en grande discussion pour une formation de base.

  27. La construction du panneau d'affichage a progressé. Un toit deux pentes va être fixé bois par bois tandis qu'une palette permet de soutenir l'ensemble.

  28. Sous un autre angle, quelques minutes après. Deux triangles de bois supplémentaires ont été fabriqués et ne serviront pas. Tout est en place pour visser planche après planche le toit.

  29. Le petit groupe assis sur l'herbe attire les regards. Mais que se passe-t-il de si intéressant ? Les deux chiens regardent ailleurs.

  30. Cette fois c'est du sérieux. Scénario après scénario, se préparer à faire face à diverses circonstances pour réagir par la non-violence tout en résistant.

  31. Une formation dans son moment pratique où il est appris - en gros - les rudiments à posséder pour une évacuation manu militari en évitant de faciliter la tâche de l'évacuateur/trice comme de se faire mal. Là c'est le stade du portage.

  32. Le paquet humain pèse. Pas facile de le traîner ou de l'évacuer.  Attention à la tête.

  33. Pour cette même formation, un peu de précisions et du pourquoi du comment s'impose. Beaucoup n'ont aucune expérience du dégagement manu militari. Quelques-uns l'ont et précisent.

  34. Iel s'est avancé avec ses casseroles sur le dos et au pied, avec son sac sur l'épaule dans un bruit d'enfer et avec difficultés. Des casseroles nous en avons tous. Tous, même si certain·es plus que d'autres et à l'intérieur elles font un bruit d'enfer. Un spectacle en fin d'après-midi ? Plutôt une souffrance faite de mille souffrances mise en spectacle, qui nous renvoie nos souffrances réciproques autant que la sienne, palpable, physique qui dit ce corps torturé, ce coeur saignant, ce psychisme qui tente de survivre et cette libération attendue, espérée qui ferait tant de bien dans un regard, une tendresse, un lien, une parole, un moment avec.

    Après, en soirée, un groupe de musique .....

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