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Une marche et une fête pour le climat et la justice sociale à Clermont-Ferrand

A l'appel des Citoyen.ne.s pour le Climat, Gilets jaunes, Greenpeace Clermont, Alternatiba, Cocon, Cimade, DAL, ANVCop21, JRS Jeunes, PARCC Oasis, la marche pour le climat et la justice sociale a rassemblé pour une manifestation non-violente et déterminée, les citoyens de tous âges invités à mettre sur leurs corps de l'argile, symbole de l'attachement à la terre et aux peuples d'Amazonie.
  1. Avant le départ à 14h, place Delille, les organisateurs proposent à tous de s'enduire d'argile jaune ou rouge pour symboliser l'attachement à notre terre menacée par le réchauffement climatique, la perte de bio-diversité et l'injustice sociale mais aussi en solidarité avec les peuples d'Amazonie menacée d'extinction par la politique désastreuse de son président.

  2. Tous les manifestants sont appelés à ce geste hautement symbolique avec son corps, son visage, ses bras. Passé la surprise d'une découverte, de nombreux marcheurs se prêtent à ce geste qui n'est pas un jeu même s'il donne à cette manifestation un air de fête joyeuse et grave où chacun.e  conscients des enjeux se montrent déterminés à poursuivre ce combat non-violent essentiel comme partout sur la planète.

  3. Les mains rouges de sang rappellent celui versé par les animaux et les êtres humains livrés à la rapacité de quelques-uns qui accaparent les richesses, détruisent les éco-systèmes mettant en péril la biosphère.

  4. Le collectif Climat 2020 se prépare à manifester avec ses pancartes et ses slogans comme tous les marcheurs de plus en plus nombreux sous un chaud soleil.

  5. Les pancartes vont se dresser donnant le ton des exigences, de l'inquiétude pour nos enfants... à moins qu'à l'image de Greta Thunberg et des millions de très jeunes qui se mobilisent, ceux-ci bousculent l'inertie des gouvernements, renversent le pouvoir de l'argent au profit des peuples et de la vie.

  6. Avec argile ou sans, chacun écoute attentivement les revendications convergentes de toutes les organisations qui appellent à manifester, notamment des demandes auprès du maire de Clermont-Ferrand restées sans suite : végétalisation de l'espace public et démantèlement des panneaux publicitaires (contrat bientôt renouvelé).

  7. La surdité du gouvernement affiche ses bonnes intentions pour le climat mais reste très en-deçà des mesures pour réduire fortement les émissions de carbone, interdire le glyphosate et autres perturbateurs endocriniens. Il gesticule sur cette mesure ridicule de distances de 5 ou 10 mètres pour l'interdiction de l'épandage de pesticides quand les maires de grandes villes dont celui de Clermont-Ferrand ont signé un arrêté interdisant l'utilisation de produis phytosanitaires chimiques sur leur commune.

    La préfête du Puy-de-Dôme vient de demander aux maires (Cournon, Clermont et Ceyrat) de retirer cet arrêté sinon menace d'en référer à la justice.

  8. Visages graves ornés d'argile et de branchages donnent à ces manifestantes une claire détermination.

  9. Le cortège s'ébranle puis s'étire de la place Delille vers la place d'Espagne, rue Claussmann et la place de la poterne.

  10. En prenant soin de ne pas le dégrader, des militants d'Action non-violentes/COP21 masque le panneau publicitaire, symbole de l'hyper consommation destructrice des ressources et sources de méga-pollutions dans la fabrication comme dans les déchets et rejets.

  11. Devant la permanence de la députée LREM Valérie Thomas, le collage sur le rideau de fer des nombreux griefs : glyphosate, privatisation Aéroports de Paris et Française des Jeux, loi Blanquer, CETA, Loi anti-casseurs, réforme ISF etc...

  12. Le cortège s'étire sur plusieurs centaines de mètres entre gravité et sourires, slogans et pancartes écrites ou dessinées.

  13. Un deuxième panneau publicitaire après le passage d'Action non-violentes/COP21 qui ne laisse pas d'ambiguïté. La pub devient la "pollution urbaine banalisée", si banalisée que nous n'y prêtons guère attention en ce qu'elle enlaidit nos villes, occupe l'espace urbain et notre espace mental.

  14. Deux zombies devant la cathédrale ont rejoint le cortège depuis la nuit dernière, surpris par la lueur du jour. Aux dernières nouvelles, ils s'y sont bien habitués.

  15. Sur le parvis de la cathédrale les porteurs se rassemblent, tous drapeaux et slogans réunis. Au centre de la photo, "Macron, roi du bla bla" rallie tous les suffrages.

  16. Foulard ou chapeau, argile ou nez rouge, le regard vers le même objectif : combattre le réchauffement climatique en imposant les mesures nécessaires.

  17. Venant de la rue Philippe Marcombes en passant par la place de la Bourse, le cortège débouche devant le parvis de la Cathédrale ....

  18. ... et s'engouffre dans la place Edmond Lemaigre avant de déboucher place de la Victoire.

  19. Place de la Victoire, peu à peu tous les marcheurs se regroupent pour entendre des déclarations courtes mais fermes.

  20. Avec le bonnet phrygien sur la tête et le gilet jaune sur le dos, elle souligne l'évolution des Gilets Jaunes vers la dénonciation de l'injustice sociale et de l'évolution du climat.

  21. Ils ne lâchent rien les GJ63 : contre l'injustice sociale et la sauvegarde de la planète.

  22. Sur la place se rassemblent les porteurs d'argile pour une "performance" : un moment de sérénité pour le plus grand nombre, tous invité.e.s, dans un lent mouvement collectif progressivement plus rapide ....

  23. C'est parti, tous les volontaires, au son discret du speaker, ferment les yeux pour mieux se retrouver en soi et connecté.e.s aux autres.

  24. Les bras se lèvent pour dire la force du refus du fatalisme, le calme intérieur...

  25. Un visage, parmi d'autres, qui rayonne de sa beauté intérieure, de sa réelle sérénité émouvante.

  26. Après le mouvement accéléré, chacun se laisse aller au sol pour retrouver le contact, le silence, la paix, relié.e.s.

  27. Un arrêt-image coloré et joyeux, peu à peu se forme, s'ajoute, dans les rires, la gaieté : le combat mené n'est ni triste ni austère mais joyeux, non-violent, dans la certitude qu'il est possible d'avancer et de mobiliser davantage de citoyen.ne.s pour d'autres échéances, de marches, de journées de mobilisation, inventer une autre manière de vivre et de consommer.

  28. La scène offre à la rue, à la ville une esthétique et une beauté rare, celle des corps exaltés qui se lient les uns aux autres dans une complicité heureuse et souveraine, celle des intelligences et des sensibilités qui témoignent que la vie et l'avenir peuvent être ce que veulent les peuples quand ils s'unissent massivement pour l'imposer.

  29. Avec un mouvement collectif qui emporte observateurs et acteurs dans une vraie joie de vivre ces instants certes provisoires mais collectifs, à l'image de ce que nous voudrions dans le partage. Moment de bonheur d'autant plus intense qu'il est partagé et innovant en ces lieux.

  30. Elles regardent au-delà du visible et désignent avec la main et le bras l'avenir qui dépend aussi de nous, ensemble.

  31. Le cortège a quitté la place de la Victoire et arrive rue Maréchal Juin, près de l'hôtel du département et de la préfecture où une troisième fois, le panneau publicitaire est occulté pour obtenir un arrêt de cette pub.

  32. L'équipe de recouvreur de panneaux publicitaires devant le cortège rassemblé écoute l'orateur, couvert d'argile auréolé d'une couronne végétale, donner tout son sens à cette action non-violente et rendez-vous pour d'autres occultations.

  33. Devant la préfecture, plusieurs orateurs - dont un migrant africain -, réclament un statut pour les futurs réfugiés climatiques. Il est possible aussi que des migrations intérieures, qui peuvent ne pas épargner la France, soient à l'ordre du jour. Alors affronter la question des migrations non en levant des lignes Maginot illusoires mais avec la conscience d'une richesse et d'une identité nationale qui s'en est toujours nourrie et n'ai en rien menacée..

  34. Quand on vous dit que c'est joyeux !

  35. Coluche se rappelle à notre souvenir sur un dos de Gilet Jaune.

  36. Dédié aux hommes et aux femmes qui refusent la facilité et la fatalité, qui vivent debout contre les préjugés dans l'ouverture et la créativité.

    Une manifestation qui fait date dans l'histoire des marches pour le climat, loin des violences d'ailleurs, dans la sûreté de l'avenir à forger contre les vampires du fric pour la vie sur terre, la seule planète que nous ne quitterons jamais.

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