Portfolio

Le théâtre comme exercice à la citoyenneté

Projet «la chose publique, ou l’invention de la politique», théâtre les Célestins, Lyon.
  1. Claudia Stavisky, Philippe Dujardin, collège Valdo, Vaulx-en-Velin. février 2015.

     

    Depuis septembre 2014 (et jusqu’à fin 2016), Claudia Stavisky, directrice des Célestins, anime le projet « La Chose publique ». La première phase du projet a débuté cette saison par un partenariat avec 3 collèges de Vaulx-en-Velin (Barbusse, Valdo et Aimé Césaire), en Zone de Sécurité Prioritaire, soit 9 classes de 4e et plus de 200 élèves touchés. Autour du travail de fond sur le texte La chose publique de Philippe Dujardin, cœur du projet en collège, un parcours de médiation est construit pour les collégiens.

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    Collège valdo. Deux collégiens se défoulent un peu devant l’objectif avant de rentrer dans la salle.

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    Collège Valdo. Anne Philit, professeur de français de la classe de 4ème B. Avant chaque séance les professeurs font un compte rendu du travail préparatoire réalisé en classe.

  4. Anne Philit tente de calmer deux des ses élèves. Parfois il faut plus de vingt minutes pour que tout le monde s’intalle en demi-cercle dans la salle

     

     

  5. Les séances débutent par la lecture d‘un chapitre par les collégiens. Cécile Auxire-Marmouget ( au centre) comédienne et metteuse en scène assiste Claudia Stavisky sur ce projet, elle apprend aux étudiants comment s’exprimer clairement devant un public.

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    Philippe Dujardin répond aux questions des élèves et revient sur les points essentiels de son texte.

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    Chaque séance est filmée et enregistrée par l’équipe technique du théâtre des Célestins.

  8. Dans la deuxième partie de l’atelier, les collégiens viennent lire les textes qu’ils ont écrit en classe. Aujourd’hui ils devaient s’exprimer sur les trois mots “Liberté, Egalité, Fraternité”, sur les trois couleurs “ bleu blanc rouge” et sur la notion d’assemblage.

  9. Extraits des textes rédigés par les collégiens: “ Liberté grâce aux droits de l’homme, Liberté en France, Liberté construite au fil du temps. Non quand on tue des gens. Liberté, ma religion. Egalité quand on est bien traité. Non si on critique notre religion. Egalité, mon expression. Fraternité dans les études. Non quand on entend des paroles racistes. Fraternité, ma vie.” Farouk.

  10. Il est très difficile de garder l’attention de tout le monde, Anne doit régulièrement intervenir et pour séparer deux élèves trop turbulents.

  11. Parfois il est nécessaire d’écarter un élève du groupe pour quelques minutes.

     

  12. Debriefing en fin de séance.

  13. “Il y’avait des mains dans les nuques, des regards baissés, des rires qui roulent les mécaniques pour masquer des paroles intimes. 
     Il y avait une fuite en avant qui perd aussitôt pied. Où l’arrogance et l’humiliation sont d’une même cause, celle qui n’exprime que le doute de sa propre valeur et de celle de la vie. 
     Il y avait dans leurs mots trois couleurs, « Bleu de ciel, Blanc de nuages, de paradis, Rouge de honte, de sang et de rage»( Nicolas)
     Il y avait dans le mot différence « un mot qui sépare les gens, un mot qui décrit les hommes » (kévin)
     Il y avait des assemblages, « Je n’aime pas les racistes, les personnes qui insultent le physique, les menteurs, l’école, les épinards, l’anglais et le français. J’aime la religion musulmane, les maths, ma famille, la Play, Hello Kitty, ma copine, j’aime le Maghreb. Je suis un assemblage ». (Djenna)
     Il y avait un autre texte à propos d’un Monde qu’ils rêvent à l’imparfait d’un conditionnel présent.
     Il y avait un rédacteur et un photo journaliste de l’AFP.
     Il y avait un auteur politologue, une comédienne, une metteuse en scène, une chargée de projet, une enseignante, une vidéaste, un preneur de sons et vingt collégiens..

    Il y avait des mots écrits, des mots dits, des mots jetés, des mots masqués par d’autres mots.
     Il y avait de la « chose publique » du « dissemblable » et la volonté de produire du « semblable », de la « division » dans la volonté de produire de « l’union ».

    Il y avait, Philippe, Malik, Cécile, Assia, Claudia, Djenna, Julie, Réna, Margot, Farès, Henri, Nicolas, Jeff, Rayane, Chloée, Nourimen, Issam, Jessim, Ryad, Julie, Nesrine, Endina, Bouthaïna, Farouk, Erol, kévin, Anis, Zakaria, Jessim, Endina.

     

  14. "Je rêvais d'un autre monde" texte écrit en commun par la classe de 4emeB.

    "Je rêvais d'un autre monde, sans racisme, et avec beaucoup d'argent.

    Je rêvais d'un autre monde où tout serait gratuit, un monde sans violence et sans hypocrisie, un monde tout rose!

    je rêvais d'un autre monde sans guerre et sans inégalité, un monde calme et libre.

    Je rêvais d'un monde parfait: tout le monde serait gentil; intelligent, beau et carré.

    Je rêvais d'un autre monde sans racisme, sans pauvreté, sans maladie, un monde riche.

    Je rêvais d'un autre monde ou la mort n'existerait pas; où tout les hommes seraient libres et égaux.

    Je rêvais d'un autre monde plein de jolie filles... je rêvais d'un autre monde semblable au paradis, un monde de sucreries et sans contraintes.

    Je rêvais d'un autre monde où tous les rêves se réaliseraient.

    Je rêvais d'un autre monde sans égoisme et solitude.

    je rêvais d'un autre monde plein de belles filles et de billets qui tomberaient du ciel.

    Je rêvais d'un monde joyeux.

    Je rêvais d'un autre monde où les gens seraient acceptés comme ils sont.

    Je rêvais d'un autre monde où les humains seraient respectueux et généreux.

    Je rêvais d'un autre monde où tout serait magie!

    Je rêvais d'un monde paradis.

     

     

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