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Portfolio 11 déc. 2017

Lyon - Enfants sans toit, depuis plus de trois ans la situation reste inchangée

En raison du manque de logements et de places disponibles dans les centres d’accueil, 234 enfants scolarisés et leurs familles vivent dehors sur l'ensemble de la Métropole de Lyon. Au total, 31 000 enfants sont dans la même situation sur l'ensemble du territoire français.

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  1. Henri Granjean

    Depuis plus d'un mois, enseignants, parents d'élèves et habitants, réunis en collectifs, se mobilisent en occupant des écoles ou des infrastructures scolaires publiques. Ces occupations ont pour but d’alerter les collectivités sur l’urgence de la situation et sur la nécessité de permettre à tout enfant scolarisé et à sa famille d’avoir un logement pérenne et stable durant sa scolarité.

  2. Henri Granjean

    17h45, Ecole Doisneau, Lyon 1er. Malgré la présence de policiers municipaux et nationaux, chaque soir après la classe, les membres du collectif se présentent devant les écoles de leur quartier pour tenter d'y accéder pour la nuit. Les négociations sont parfois longues et difficiles et dépendent des consignes données quotidiennement par la mairie centrale de Lyon, la Métropole et la Préfecture. 

  3. Henri Granjean

    Gymasse de l'école élémentaire Victor Hugo, Lyon 1er. Il est parfois nécessaire de se déplacer dans plusieurs lieux différents le même soir. D’une école à l’autre les accès sont parfois plus faciles. Pour l’instant aucune occupation permanente n’a été décidé.

  4. Henri Granjean

    Plusieurs fois par semaine et selon l'actualité des réunions sont organisées sur les lieux d’occupation pour faire le point sur la situation, décider des actions à mener, informer les familles et prendre des décisions pour les jours suivants. Ce soir-là, les membres du collectif doivent décider s’ils permettent à une femme enceinte de huit mois nouvellement arrivée sur le quartier, d’accéder à l’école qui en principe, n’est accessible qu’aux enfants scolarisés et à leurs familles.

  5. Henri Granjean

    Un fois en place, les familles organisent immédiatement les couchages pour la nuit. Chaque jour des « Doddle » sont envoyés aux membres du collectif pour organiser les repas. Onze enfants et six adultes sont logés quotidiennement et deux à quatre personnes restent sur place avec les familles en cas de problème durant la nuit.

     

  6. Henri Granjean

    Lors du déploiement du plan « Grand froid », la ville ouvre des lieux collectifs pour accueillir tous les sans-abris de la Métropole. Les familles sont obligées d’accepter ces solutions sous peine d’être écartées des éventuelles propositions de logement proposées pendant la trêve hivernale. Dans un gymnase d’école l’accueil d’un petit nombre de personnes, préserve un équilibre qui est intenable à plus grande échelle.

     

  7. Henri Granjean

    Pour le collectif, il est inconcevable que des enfants soient sans toit, c'est-à-dire sans lieu qui leur permette de vivre leur enfance, de leur permettre une meilleure intégration, de meilleurs résultats scolaires et où leur chambre n’est pas un lieu de couchage à grand échelle.

  8. Henri Granjean

    Lorsque tout est en place pour la nuit, les personnes mobilisées se retirent rapidement. Enfants, familles et accompagnants retrouvent un peu de quiétude et prennent leur dîner ensemble. Comme dans chaque foyer c'est un moment d'échange, de discussion et de détente qui permet de faire plus ample connaissance et de redonner un peu d'équilibre aux enfants et à leur familles. 

  9. Henri Granjean

    Chaque soir, tout le monde est au lit à 21h. Rares sont les nuits où les enfants sont réveillés par la police ou par qui que ce soit.

  10. Henri Granjean

    Afin de ne pas perturber la vie scolaire des écoles, les lieux sont libérés chaque matin à sept heures trente. les enfants sont ensuite accompagnés à l'école par leurs parents et la vie reprend sont court pour une journée supplémentaire. Avoir la volonté de rédiger un ordre de réquisition et celle d’expliquer aux voisins qu’une famille n’est pas le loup. C’est une question de courage. Au lieu de cela, c’est encore et toujours un choix de rapport de force qui est proposé, jusqu’aux professeurs des écoles qui s’impliquent pour leurs élèves et qui commencent à devoir se justifier auprès du rectorat de Lyon.

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