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Lyon. Enfants sans toit. #3

L’article 3452-2 du Code de l'Action sociale et des familles spécifie que toute personne en situation de détresse doit avoir accès, sans aucune condition de régularité de situation, et à tout moment à un hébergement d'urgence.
  1. Un enfant dans la rue est en situation de détresse, d’autant plus qu’un enfant est vulnérable et que de surcroît, il n’est pas responsable et ne peut être tenu responsable de cette situation. Et quand bien même, comme certain-e-s l’argumentent, serait-il instrumentalisé, il n’en reste pas moins un enfant dans la rue.

  2. Que les parents de ces enfants soient sous une obligation de quitter le territoire français, ou en attente de régularisation, qu’ils soient ou non des ressortissants de la communauté européennes, là n’est pas la question. L’enfance doit être protégée par des droits universels inconditionnels, c’est juste une évidence.  Ce doit être une évidence pour tout le monde et c’est ici le seul mot d’ordre, la seule ligne directrice :  Protéger les enfants.

  3. Dans un premier temps, celui de l’urgence quotidienne, il n’y a pas d’autre alternative que de se substituer au rôle de l’Etat en mettant chaque soir ces enfants à l’abri. L’occupation de locaux municipaux par un petit nombre de familles, démontre que même en cas d’urgence il est possible d’abriter ces familles dans des conditions de vie et d’hygiène adaptées à leurs besoins mais aussi et surtout de préserver les enfants de cette vision globale de la misère humaine regroupée en un même lieu, déjà insupportable et inacceptable pour un adulte. Les confronter si jeune à cette réalité c’est déjà leur signifier leur place dans la société et leur appartenance inéluctable à ce monde miséreux.

  4. Une réunion du collectif de soutien aux enfants sans toit de l'école Robert Doisneau. Souvent, en aparté la question  se pose  de savoir jusqu’ou il leur faudra aller et quels risques faudra t'il encore prendre pour qu'enfin les choses changent et que les enfants ne se retrouvent pas encore fois dans la rue lors de la rentrée prochaine. Le lendemain un enseignant et une enseignante recevront une convocation au rectorat de Lyon.

  5. Pour l’heure deux familles ont été logées en hôtel et deux sont encore en gymnase collectif en attendant d’être à leur tour orientée dans un hôtel ou dans un foyer jusqu’au 31 mars, fin de la trève hivernale...

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