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(S')Y VOIR - VIGNETTES DE VIE

La poésie doit ajouter de la vie à la vie, pas en retirer, dit Bashô à Kikaku, y corrélant son correctif en haïku-plastie, en mélioratif de regard, infinie dette de regardement, à quoi l'être artiste, s'édifiant à son vif de vie, se chef-d'œuvrant d'acuité, s'affine, s'évide, virginal, à teneur du regardable, collimatant, oblatif Once à l'essor de soi, franchi(s)sant d'âme - fraîcheur d'œil.E'M.C
  1. Les montagnes lointaines

    Se reflètent dans les prunelles

    De la libellule

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    Takarai Kikaku, connu aussi sous le nom d'Enamoto Kikaku 1661-1707, poète haikai de l'époque d'Edo, le disciple le plus accompli de Bashô. 

    Kikaku laisse un Important document historique qui décrit les derniers jours de Bashô et les lendemains qui ont suivi :

    Compte-rendu des derniers jours de notre maître Bashô, traduit en anglais par Nobuyuki Yuasa dans Printemps à Ego, Keisuisha, 2006.

    Voir :

    Dix-huit haïku de Kikaku, traduits en anglais par Michael K. Bourdaghs.

  2. Un jour Kikaku présente à son maître ce haïku :

    La libellule rouge

    Ôtez-lui les ailes

    C'est un grain de piment 

                                       •

    Takarai Kikaku (1661-1707)

     

                             

     

  3. Bashô s'en indigne, et intervertissant les mots, amendant ainsi :

    Un grain de piment rouge,

    Mettez-lui des ailes,

    C'est la libellule. 

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    Matsuo Bashô, de son vrai nom Matsuo Kinsaku, 1644-1691.

    En 1672, départ pour Edo, l'actuelle Tokyo.

    1680, il quitte Edo pour se retirer à Fukagawa, au bord de la rivière Sumida, où il construit un ermitage qu'on dénommera Shomon (École du bananier), prenant pseudonyme (Kago) de Bashô, nom d'un bananier plantain du Japon qu'un disciple lui a offert. 

    Le bananier plantain était un motif de prédilection de la tradition littéraire et picturale pour l'aspect désolé que lui donnaient, l'hiver arrivé, ses grandes feuilles fouettées déchiquetées de bourrasques pluviales.

    Voir : L'intégrale des haïkus, édition bilingue, La Table ronde, 2012. 

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    Mais plus que mode de connaissance, la poésie est mode de vie - et de vie intégrale. 

    Le poète existait dans l'homme des cavernes, il existera dans l'homme des âges atomiques: parce qu'il est part irréductible de l'homme. 

    De l'exigence poétique, exigence spirituelle, sont nées les religions elles-mêmes, et par la grâce poétique, l'étincelle du divin vit à jamais dans le silex humain.

    Saint-John Perse, In Allocution au Banquet Nobel, 10 décembre 1960, Gallimard Pléiade, 1972, pp. 444-445.

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    Choix, collage, étais et chapô, Haïkus à mon égrisée, à fraîcheur d'Œil (Quratû 'ayn), expression coranique, E'M.C. 

     

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