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La mère d'Asli Erdogan à la Maison de la Poésie

  1. La soirée de solidarité pour la romancière turque Asli Erdogan, organisée le lundi 12 décembre à la Maison de la Poésie à Paris, a été l’occasion d’écouter Mine Aydostlu, mère de l’auteure emprisonnée, qui s’est exprimée avec beaucoup de retenue, accompagnée de l’écrivain et traducteur Yigit Bener. Une comédienne française, Sophie Bourel, et une comédienne turque, Selin Altiparmak, ont lu des textes d’Asli Erdogan, notamment un extrait prémonitoire de Le Bâtiment de pierre ainsi que des essais consacrés, entre autres, à la question kurde et à la question arménienne qu’Actes Sud publiera en janvier 2017 sous le titre Le Silence même n’est plus à toi. La table ronde, animée par le journaliste Christian Tortel, a également réuni Pierre Astier, l’agent littéraire d’Asli Erdogan, ainsi que ses éditeurs Françoise Nyssen, Timour Muhidine et Emanuelle Collas, qui ont tour à tour souligné la ferveur de son écriture, son dévouement aux causes controversées et la nécessité d’alerter l’opinion internationale pour la faire libérer.

    Mine Aydostlu a évoqué les circonstances du ralliement d’Asli Erdogan et de celui de la linguiste Necmiye Alpay au comité consultatif du journal pro-kurde Özgür Gündem : les deux femmes se trouvaient dans une cafétéria et ont été sollicitées pour faire partie du comité consultatif qui ne s’est jamais réuni au cours des cinq dernières années. C’est cette adhésion qui leur vaut d’être accusées de terrorisme aujourd’hui. Or, insiste la mère de l’écrivaine, c’est une situation sans précédent en Turquie où, d’après la loi, on ne peut inculper quelqu’un sous prétexte de son appartenance à un comité consultatif. Outre les motifs infondés qui ont mené à l’arrestation et à l’emprisonnement de sa fille, Mine Aydostlu a décrit les conditions de détention déplorables à la prison pour femmes de Bakirköy. Souffrant de multiples pathologies, Asli Erdogan ne reçoit pas de traitement adéquat. On la menotte pour la conduire à l’hôpital où parfois elle ne rencontre même pas de médecin. Aucun recours n’est possible pour obtenir un régime alimentaire adapté à son état fragile.

    L’inquiétude reste vive jusqu’au procès fixé au 29 décembre. Si certains, au vu des accusations sans fondement, espèrent la libération prochaine de l’écrivaine, d’autres sont plus pessimistes à cause de l’état d’urgence et du climat de terreur dans le pays.

     

  2. Yigit Bener & Mine Aydostlu à la Maison de la Poésie

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