Quand la chanson était en lutte pour la liberté!

Concert avec Francisco Fanhais, chanteur-résistant à la dictature portugaise (années 60-70). Un concert qui réunit deux dates, celle du 25 avril, la révolution des œillets et celle du 9 mai, jour de l'Europe. C'est ce qui nous propose la Mairie du 11ème à Paris, pour les 45 ans de la révolution des œillets et la volonté que le 9 mai devienne aussi une journée de combat pour une Europe sociale.
  • Date Le 9 mai 2019
  • Lieu Mairie du 11ème * 12, place Léon Blum - 75 011 Paris * accès Métro : Voltaire (Ligne 9) ; Bus : 46, 56, 61, 69
  • Réservation, inscription Entrée Libre * Horaires : de 19h à 21h
  • Information Organisé par la Mairie du 11e arrondissement en partenariat avec l’association Convivium Lusophone.

?id=451992&part=1.4&auth=co    Pour le jour de l'Europe, 9 mai, la Mairie du onzième arrondissement invite la chanteur portugais Francisco Fanhais, résistant et exilé de la dictature de Salazar dans les années 60 et 70.

L’historien José Carlos Janela Antunes commencera par présenter le contexte historique de la révolution des œillets. Son intervention sera suivie du concert et du témoignage de Francisco Fanhais, chanteur portugais, un temps exilé à Paris pendant la dictature. Enfin, le groupe «Raizes e tradição», dont les chansons évoquent l’immigration portugaise, clôturera cette soirée en musique.

L'engagement de Fanhais est singulier dans le panorama de l'opposition portugaise au fascisme. Jeune prêtre, ordonné à l'âge de 23 ans, confronté à la réalité sociale à Barreiro et Vila Franca, il s'est rapidement engagé dans ce qu'on appelait les catholiques progressistes. Alors que l’Église au Portugal était un des piliers de soutien à la politique de Salazar et de l’oppression coloniale les voix dissidentes étaient rares, poursuivies et rapidement étouffées. L'autre opposition au régime était celle du Parti Communiste Portugais dont un certain nombre de ses militants sont passés par les 'geôles fascistes'.

C'est à travers la musique que «Padre Fanhais» a commencé à exprimer son engament citoyen, même si sous la censure son expression était presque clandestine. Le pouvoir politique et ecclésiastique s'est vite aperçu du danger d'une voix dissidente et il a été interdit d'exercer son sacerdoce, interdit de chanter publiquement, interdit comme enseignant dans les écoles publiques (les privées étant catholiques).

En 1971 Fanhais s’exile en France, y fonde une famille et participera activement à la vie associative auprès des portugais immigrés. Ces associations sont animées surtout par des militants communistes, socialistes et des mouvements d'extrême-gauche. Militant proche de la LUAR, Ligue d'Unité et Action Révolutionnaire, Fanhais consacrait son activité dans un travail de prise de conscience politique auprès de la communauté portugaise avec d'autres chanteurs comme Luis Cilia (www.luiscilia.com. auteur de la musique du film O Salto de Christian de Chalonge) ou de José Mario Branco, (à écouter le documentaire sur France Culture Nouvelles du Portugal (3/4) : Jose Maria Branco : rêves d’Avril)

 

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Francisco Fanhais - Vemos, ouvimos e lemos

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Les pas de Grândola... et de la Révolution des Œillets!

Quand on évoque la révolution des œillets on fredonne souvent la chanson qui a déclenché le mouvement des capitaines, Grândola une chanson de José Afonso. Chanson interdite à la radio mais aussi en public, son passage sur les ondes à minuit, dans les premiers minutes du 25 avril, était le signal pour que les «conspirateurs» entrent en action pour occuper la Télévision, l'aéroport de Lisbonne...

Dans cette belle chanson on entend un bruit de pas, ce sont ceux des paysans d'Alentejo qui marchaient ainsi en chantant la 'vila morena'. En fait l'enregistrement a été fait en France au Château d'Herouville en 1971, et pour faire le son des pas, ils ont marché sur le gravier à l'entrée du studio: José Afonso mais aussi deux chanteurs en exil, José Mario Branco et Francisco Fanhais.Ce seront, en quelque sorte, les premiers pas de la Révolution des œillets...

 

au Château d'Hérouville, (de g à d) Francisco Fanhais, José Mario Branco et José Afonso en 1971

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