Rencontre : Défis pour une «paix territoriale» et résistances autochtones en Colombie

En cette semaine internationale pour les droits des peuples autochtones, il semble essentiel de saisir leur participation dans la construction de sociétés pacifiques. Ce mercredi 11 août, des leaders colombiens originaires des peuples Nasa et Arhuaco nous expliqueront leur expérience de plaidoyer et de résistance, en dialogue avec un représentant Maya Q’eqchi’ guatémaltèque.
  • Date Le 11 août 2021
  • Lieu Rencontre en ligne (plateforme Zoom ou Facebook de la Normandy Chair for Peace)
  • Réservation, inscription Sans inscription
  • Information Rejoignez-nous!: https://bit.ly/3rWdIX Mercredi 11 août 2021 - 17:30 Heure française. La rencontre aura lieu à travers la plateforme Zoom avec traduction simultanée en français Organisateurs: Observatoire de la Commission Nationale des Territoires Autochtones colombienne, la Chaire Normandie pour la Paix et le pôle Bogota de l’Institut des Amériques

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En Colombie, durant les négociations entre la guérilla des FARC et le gouvernement (2012-2016), les organisations autochtones, afrocolombiennes et rom se sont imposées pour faire adopter un « chapitre ethnique » dans le texte de l’accord de paix, et affirmer leurs droits collectifs, et en particulier leurs droits à la terre et au territoire.

L’incidence de ces mouvements est fondamentale pour la construction d’une société durable intégrant les concepts profonds et pluriels de la paix, comme l'idée de la paix avec la terre, ainsi que les droits de la nature et des générations futures.

Avec l’Observatoire de la Commission Nationale des Territoires Autochtonescolombien, deux organismes de recherche français engagés dans la construction d’une paix intégrant la la diversité ethnique et culturelle, la Chaire Normandie pour la Paix et le pôle Bogota de l’Institut des Amériques, ont choisi d’aborder cette question lors de rencontres virtuelles – pandémie oblige -, pensées comme des échanges interculturels.

Tandis que la première rencontre abordait les dommages subis par les peuples autochtones durant le conflit interne colombien, ainsi que les outrages continus à leur droits territoriaux et aux droits de la nature, la seconde pointera les enjeux de la mise en œuvre des accords de paix.

La concentration des terres entre les mains d’une minorité, l’économie extractive, le recul de la frontière agricole, la déforestation, sont autant de dynamiques se perpétuant après la signature de l’Accord de paix et se situant à l’encontre des droits territoriaux des peuples. Près de cinq ans après la signature de cet accord, la réforme rurale intégrale qu’il prévoie n'a pas été mise en œuvre par les autorités. En conséquence, de nouveaux conflits socio-environnementaux ont éclaté, et dans certaines régions, le conflit armé s’est restructuré

De nombreuses initiatives locales de résistance et de récupération des terres sont à valoriser. Mais en parallèle, les leaders locaux, paysans et autochtones, font l’objet de menaces systématiques, et plus de 1200 d’entre eux ont été assassinés en cinq ans, sans que les autorités ne prennent la mesure de la gravité de ces atteintes.

Au Guatemala, il y a 25 ans, étaient signés un Accord de paix sur les aspects socio-économiques et la situation agraire, et un autre sur l’identité et les droits des peuples autochtones. L’expérience guatémaltèque semble riche d’enseignements pour prévenir la répétition des faits liés au conflit, et concernant les résistances autochtones.

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Intervenant.e.s

July Calderón : Doctorante à l’EHESS et coordinatrice de l’Observatoire des droits territoriaux des peuples autochtones de la Commission Nationale des Territoires Autochtones.

Juan Carlos Samboní: Leader du peuple Nasa du Cabildo (autorité traditionnelle) « Playón Nasa Naya » et Thu'thenas  (délégué) de l'Association des autorité autochtones du Nord du Cauca.

Vicente Villafañe : Autorité du peuple Arhuaco, avocat et expert en droits territoriaux des peuples autochtones. Délégué de la confédération Autochtone Tayrona auprès de la Commission Nationale et Territoires Autochtones.

Amilcar Pop : Avocat et notaire Maya Q’eqchi’, membre du Congrès de la République du Guatemala, membre du Parlement centraméricain et président de la Commission des peuples autochtones et afrodescendants.

Modération 

Catalina Toro : Professeure du département de sciences politiques de l’Université Nationale de Colombe. Docteure en sciences politiques, Science po Paris

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