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Passation de pouvoir

Croquis et bouts de phrases glanés au conseil municipal de Poitiers du 03 juillet, pendant la passation de pouvoir entre Alain Claeys (maire sortant PS) et Léonore Moncond’huy (élue au 2ème tour en juin avec Poitiers Collectif, à qui la salle était largement acquise). Retour sur une session oscillant entre tension et euphorie.
  1. Ouverture de la session, le maire sortant tâche de faire bonne figure. Pour des raisons sanitaires, le conseil municipal se tient au théâtre auditorium de Poitiers, objet de vive polémique en fin de campagne. Léonore Moncond'huy, en tant que conseillère régionale, a voté une baisse de subvention à cette structure. En introduction de son discours, Alain Claeys ne peut s'empêcher une pique en forme d'allusion en soulignant le rôle centrale de la culture dans la ville. À l'heure de conclure, ses 12 ans de mandats municipaux, Alain Claeys s'essaie à l'ouverture républicaine et rend hommage aux figures politiques issues de la région, en omettant soigneusement Ségolène Royal.

  2. La passation de pouvoir. « Évitez le dogmatisme, le sectarisme, l’enrichissement vient du collectif, de l’autre. » glisse Alain Claeys en forme de mise en garde. Ironique quand on connait la manière dont la ville a été dirigée depuis 12 ans et comment peu à peu le vide s'est fait autour de l'ancien édile. Le vote a lieu. les bulletins sont glissés dans l'urne qui circule directement dans la salle. Avec 36 voix, Léonore Moncond'huy est officiellement élue maire de Poitiers, première femme élue à ce poste.

  3. Dans son discours, Léonore Moncond'huy s'inscrit dans une continuité républicaine, pleine d'hommage à son prédécesseur : « Je salue Alain Claeys, on s’inscrit dans la relève pas dans la rupture. [...] Je ne doute pas du fait que nous saurons nous inscrire avec respect dans cette ligne, d'anciens élus nous ont proposé leur aide ». Ce qui ne pourra qu'interroger une part importante de son électorat, partisan d'une rupture franche, voir l'analyse d'Alexandre Raguet : Poitiers: comprendre la victoire écologiste et citoyenne

  4. Elle a ensuite rappelé : « Nous sommes bien conscients que le changement peut faire peur. Je souhaite rassurer sur le fait que le changement ne signifie pas brutalité. Nous défendons l'association de toutes et tous à notre projet politique ». La nouvelle élue poursuit : « On parle de Poitiers comme la ville qui s’engage vers un renouveau politique et citoyen, qui fait confiance à la nouvelle génération, [...] Je suis fière de ce message que notre ville envoie à la toute la France ». Fidèle à sa ligne de conduite de campagne (elle avait été investie suite à une élection sans candidat), si les 15 adjoints ont été nommés, il n'ont pas encore de délégation affectée : « Nous présentons partiellement notre équipe, elle pourra évoluer à la marge car la co-construction que nous voulons mettre en place pour le futur avec Grand Poitiers et dans laquelle nous nous engageons demande du temps ». La route est droite mais la pente est forte comme aurait dit un autre célèbre élu de la région.

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