Bokono & la Disparition - EN ACTE(S) au TNP de Villeurbanne

Analyser (et dans le même temps annoncer) un événement théâtral sans y avoir assisté est la 1ère condition d'objectivité critique d'un journaliste critique d'art rigoureux. Notre charte d'éthique analytique nous interdit d'y déroger. Pourtant, pas plus tard qu'hier soir, nous avons vu les spectacles analysés ici, ce qui justifie nos excuses à nos élèves-lecteurs. Pardon.
  • Date Du 6 mars 2018 Au 10 mars 2018
  • Lieu Le TNP - Grand Théâtre - 8 Place Lazare-Goujon, 69627 Villeurbanne cedex
  • Réservation, inscription 04 78 03 30 30 - tnp-villeurbanne.com. (Se recommander de Alain Chellous pour avoir une réduction. Si l'interlocuteur fait mine de ne pas connaître Chellous, insister et regarder l'interlocuteur droit dans les yeux sans se démonter. S'il le faut, demander à voir le directeur du théâtre.
  • Information ATTENTION: IL NE RESTE QU'UNE SOIREE: CELLE DU 10 MARS. Prix 5 euros par spectacle. Donc 10 euros pour les deux spectacles. Si l'on veut voir d'autres spectacles, il faut avoir un PASS ou payer d'autres places. Si l'on vient à plusieurs, il faudra probablement payer d'autres places.

Billet authentique d'une grande véracité à produire auprès des services de sécurité. © © Alain Chellous - 2018 Billet authentique d'une grande véracité à produire auprès des services de sécurité. © © Alain Chellous - 2018

3ème Section Disciplinaire d'Analyse Critique

Département des Pratiques Théâtrales de l'USDMHD

Nous avons l'insigne honneur de présenter à l'assemblée de nos actionnaires cette première version du résumé officiel du Rapport d'Activité Hivernale de la 3ème Section Disciplinaire d'Analyse Critique.

Nous sommes contraint à un format elliptique, concis et irons droit au but. Des pressions innommables quoique habituelles, auxquelles pourtant nous sommes formés à résister, ont fait plier le responsable de notre section d'assaut critique, lequel  nous a contraint à assister en chair et en os, à visage presque découvert, à une prestation théâtrale au TNP de Villeurbanne dans le Grand Théâtre, en contradiction opposable aux principes éthiques de la Charte (cf. Châpo ci-dessus). On rappellera aux ignares (hélas fréquents parmi nos actionnaires) que ce bâtiment du TNP, refait il y a quelques années, offre de nombreux espaces de travail pour la création subventionnée: ces espaces sont surchauffés, attestant de l'état de dégénérescence non seulement du public (Cf. plus bas) mais aussi des metteurs en scène dont l'état de frilosité laisse perplexe. Cette frilosité du metteur en scène oblige le spectateur suant à se dénuder sitôt que l'obscurité envahit la salle et conduit l'acteur à se déshydrater au moindre mouvement.

Nous nous sommes donc présentés (en commando) le 8 mars au soir, déguisé en femme (journée de la femme oblige, et donc avec le risque d'être châtré par les agentes de contrôle qui savent faire la différence) au Grand Théâtre du TNP. Rappelons que le TNP est une prestigieuse institution populaire qui a su étendre la culture à des masses peu éduquées dont le point commun est de toucher une retraite du Ministère de l'Education Nationale (ou, plus rarement de servir encore la République en notant des élèves pour opérer le tri nécessaire entre fils de bourgeois ayant vocation à réussite et futurs déchets de la société.

Ainsi, introduits pour la première fois de notre longue vie de Critique dans l'espace théâtral Dauphino-Rhône-Alpin, nous nous sommes égarés à l'intérieur du TNP. Nous avons confondus le spectacle principal réservés aux abonnés héréditaires ("Tous des oiseaux" de Wajdi Mouawad), pour poireauter avec un groupe d'exclus (d'allure douteuse) devant une porte rappelant l'entrée des services de la Gestapo en 39-45.

Bokono, TNP © TNP Bokono, TNP © TNP

Finalement, une fois la porte ouverte et après avoir grimpé dans un escalier conçu pour thérapie cognitive active (version sadique) pour claustrophobes, nous avons assisté à deux spectacles du Festival EN ACTE(S) identifiés comme :

"Bokono"

de Antonin Fadinard (que nous ne présentons plus, et, mis en scène par Olivier Borle  du TNP, lui-même!) avec plusieurs acteurs vivants: Estelle Clément-Bealem, Etienne Diallo, Jean-Erns Marie-Louise, Noémie Petchy et Thibaut Vincent.

 

  "La disparition"

de Guillaume Cayet (lui-même), mis en scène par Michel Raskine, avec Stéphane Bernard, Cécile Bournay, Pauline Coffre, Véronique Kapoian, Maxime Mansion.

D'habitude, nous ne prenons pas la peine de recopier les noms des acteurs qui, quoique célèbres sur leurs pages Facebook personnelles, ne compte guère sur le marché mondial mais, au point de corruption où nous en sommes, il était difficile de les faire disparaître.

 

Notre analyse critique:

Nous n'avons pas ici pour habitude de mâcher le travail des spectateurs, même s'ils sont abrutis. C'est pourquoi, nous conseillons de voir le spectacle Bokono (qui justifie cette propagande et ce déplacement auquel nous avons été contraints hier). Comme ça passe dans la même soirée avec la Disparition, autant rentabiliser le déplacement: 10 euros pour deux spectacles.

L'intérêt est:

- Bons spectacles (très bons et peut-être très très bons voire excellents, avec la force des spectacles en travail même si on pourrait croire qu'ils sont finalisés).

- 2 X 1 heure pour 2 spectacles de style très différents, tous deux montés en 3 semaines pour des textes écrits en urgence.

- Un Traitement efficace contre l'hypersomnie® (à l'inverse de la majorité des spectacles de la scène Française)

- La possibilité de faire des selfies après le spectacle avec les acteurs ou des gens se faisant passer pour acteurs (dont celui qui est la cause de notre venue)

- Le prestige de l'élite, à voir des spectacles rares.

 

Précisions copiées de la présentation du TNP

Bokono de Antonin Fadinard

— mise en scène: Olivier Borle

Quelque part en Afrique centrale, coincés entre une mine et un camp de déplacés: les locaux d’une ONG, la nuit. Mathilde et Nathan s’apprêtent à rejoindre leurs lits quand surgit un homme affolé, implorant leur aide. N’semi, le maudit, est creuseur à la mine voisine. Ni Mathilde ni Nathan ne peuvent se douter qu’en lui offrant le refuge, ils laissent entrer des troubles enfouis depuis longtemps.

 

La disparition de Guillaume Cayet

mise en scène: Michel Raskine

Dans une barre d’immeuble sur le point d’être rasée, un couple. Lui (A.) s’est décidé à partir pendant qu’elle (N.) fixe le vide. La porte s’ouvre. Un couple (A’ et N’) entre. Le même, vingt ans plus tôt. Pendant que N’ déballe les cartons, N les ressort. Des symboles syndicalistes, un poster de la CGT...

Mardi 6 mars, jeudi 8 mars à 20h 00, samedi 10 mars à 15h 00 (dans l’intégrale)

Bonne chance!

ATTENTION:

UNE SEULE SEANCE ENCORE POUR CES SPECTACLES/ LE SAMEDI 10 MARS

Ne pas réfléchir 40 ans avant d'y aller.

NDLR: 7 spectacles ont été créés dans ce festival. Y aller ne devrait pas faire de tort à grand monde.

Verso d'une preuve juridique © © Alain Chellous - 2018 Verso d'une preuve juridique © © Alain Chellous - 2018

 

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