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Personne n’est illégal

Le Lycée professionnel Jean Lurçat de Fleury-les-Aubrais compte parmi ses élèves plusieurs jeunes sans-papiers. Certains d’entre eux sont sous la menace d’une expulsion. Jeudi 14 décembre, leurs camarades de classe et des enseignant.es du Lycée organisaient une manifestation pour exprimer leur solidarité : personne n’est illégal !
  1. Un groupe d’élèves et d’enseignant.es se réunit régulièrement au sein de l’établissement pour échanger sur la situation des jeunes mineurs et majeurs étrangers. Le premier trimestre a été marqué par la mobilisation autour du cas de deux élèves du lycée. Le lundi 20 novembre, profs et élèves soutenaient Wilson F., qui contestait devant le Tribunal administratif son assignation à résidence en vue de son expulsion. Le lundi 5 décembre, c’était au tour de Chems Eddine C. de passer devant le même tribunal : là aussi la mobilisation était au rendez-vous. Pour le collectif de soutien du lycée, face à la multiplication des arrêtés d’Obligation de quitter le territoire français (OQTF) à l’encontre d’élèves, il fallait une réponse globale : l’idée d’une manifestation s’est imposée.

  2. Affiche et tract sont réalisés à destination des élèves et personnels. Le Collectif de soutien aux Jeunes isolés du Loiret (COJIE) et le syndicat SUD éducation relaient l’information au-delà. Lors des réunions au lycée, où se retrouvent enseignant.es et élèves sur la pause méridienne, le choix du mot d’ordre de la manifestation se porte sur « Personne n’est illégal ». Nous décidons aussi ensemble de nos demandes : que soient abrogés les arrêtés d’OQTF et que soient délivrés des titres de séjour pour tous. C’est sur cette base qu’une audience est sollicitée en préfecture.

  3. Le 14 décembre, la manifestation part du lycée avant de rejoindre le centre-ville et la préfecture en cortège. Malgré la pluie, la manif est particulièrement dynamique et les slogans fusent : « des papiers pour tous ! », « ils vivent ici, ils étudient ici, ils restent ici ! ». Elle réunit plus de 70 personnes, pour l’essentiel du lycée, mais également des soutiens de RESF, des syndicats de Solidaires, de la CGT éduc’action… Devant la préfecture, les lycéen.nes animent le rassemblement en attendant que la délégation (composée de trois profs et trois élèves, dont Wilson) revienne d’audience.

  4. Une audience qui aura pour l’essentiel consisté à informer les services préfectoraux de la situation. Durant la manifestation, de nouveaux élèves ont signalé être également sous le coup d’une OQTF : au moins huit élèves du lycée sont ainsi concernés, sans compter les jeunes mineurs ou majeurs isolés qui n’en sont pas moins aussi menacés à court ou moyen termes. Il faut donc continuer de se mobiliser : c’est ce dont ont convenu les profs et élèves bien décidé.es à prendre des initiatives dans les semaines et mois à venir.

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