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«Et tout le monde déteste le Medef !»

Ce 30 août, l’Union syndicale Solidaires, AC !, Attac, le DAL, le Front social 78 et le MNCP appelaient à « bloquer le Medef » en manifestant à Jouy-en-Josas. Aux cris de « Nous ne sommes pas de la chair à Macron » et autres « Tout le monde déteste le Medef », plus de 500 personnes ont défilé dans les rues de la ville des Yvelines jusqu’au campus d’HEC où se tenait l’université d’été patronale.
  1. C’est lors du dernier congrès de l’Union syndicale Solidaires que la proposition de cibler l’Université d’été du Medef, portée par Solidaires 78, a été retenue comme « le » rendez-vous de la rentrée sociale avant la grève du 12 septembre (et ses suites). Ce qui, à la veille de la publication des projets d’ordonnances par le gouvernement Philippe/Macron, ne doit rien au hasard tant elles sont une nouvelle fois dédiées à satisfaire le syndicat patronal de Pierre Gattaz.

  2. Le cortège s’est élancé de la gare RER de Jouy-en-Josas vers midi. Si les syndicalistes de Solidaires composaient l’essentiel de la manifestation, les associations de lutte AC !, Attac, DAL et MNCP étaient de la partie, ainsi que des militant.es de la CNT et le collectif Front social des Yvelines auquel participent des syndicalistes SUD/Solidaires mais aussi CGT et FO.

  3. Les manifestant.es avaient fait le déplacement, non seulement de la région parisienne, mais aussi des départements du Nord, du Centre, de l’Est ou du Sud-Ouest… À Marseille, le même jour à la même heure, l’Union syndicale Solidaires des Bouches-du-Rhône appelait à un rassemblement devant les locaux du Medef local. Fidèles à la fibre interprofessionnelle, les différentes fédérations de Solidaires étaient bien représentées.

  4. Les ordonnances Macron annoncent une loi travail « XXL », où les droits des salarié.es seront à la merci des patrons. Contrats, indemnités prud’homales, santé et sécurité au travail… tout est promis à la moulinette du profit à tout prix ! Quant aux référendums d’initiative patronale, il est clair que pour des milliers de salarié.es ils seront l’occasion d’imposer les chantages les plus vils pour dégrader encore plus les conditions de travail.

  5. Cette dégradation des conditions de vie et de travail aura un impact pour l’ensemble des travailleurs et des travailleuses… y compris celles et ceux « ubérisé.es » qui seront soumis à « l’harmonisation par le bas » qui en découlera. Un membre du Collectif des livreurs autonomes de Paris (CLAP) a d’ailleurs pris la parole à l’arrivée de la manifestation pour rappeler l’importance de leur lutte.

  6. Le mur du Medef, monté sur place devant le campus d’HEC, dénonçait l’ensemble des mesures annoncées, les mettant en parallèle tant avec les profits faramineux des entreprises du CAC 40 qu’avec le nombre de chômeuses et chômeurs. Un mur que les manifestant.es ont pris un grand plaisir à faire tomber.

  7. Il n’est plus de manifestation sans cadenassage policier. Les forces « de l’ordre » (mais lequel ?) étaient bien présentes pour empêcher l’accès au campus et à l’université d’été du Medef. L’occasion de scander un « état d’urgence, État policier, on ne nous empêchera pas de manifester ! »… et de rappeler l’appel unitaire à la mobilisation contre « l’état d’urgence permanent » du 10 septembre prochain.

  8. Et d’ailleurs, personne ne nous empêchera de nous mettre en grève et de manifester le 12 septembre (et même après) contre Macron, Gattaz, le Medef et leur monde !

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