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Guerre urbaine à Marseille

A l'occasion de la rénovation de la place Jean Jaurès, alias La Plaine, haut lieu de la sociabilité populaire marseillaise, un conflit majeur et durable entre les autorités et les habitants s'enracine dans la ville. Portrait des paysages de destruction.
  1. L'un des multiples arbres sains, coupé.

  2. Les équipements paysagers, patiemment construits depuis des années par les habitants impatientés par l'incurie municipale, ont été vandalisés par la mairie.

  3. Le massacre. "Jamais le son d'une tronçonneuse ne retentira sur cette place", avait dit un élu défenseur du futur projet d'aménagement. Démonstration.

  4. Etat des équipements loués aux commerçants depuis des années. Leur rénovation ainsi que celle des équipements de la place, peu onéreuse et respectueuse des habitants, n'eut-elle pas pu être envisagée ?

  5. L'un des nombreux arbres promis à la destruction. Que plantera-t'on à la place de ces vénérables ancêtres qui ombrageaient la population en pays méditerranéen ? Aura-t'on de l'ombre dans quarante ans ? Quelle est la philosophie d'un tel projet ? Pourquoi rénover et aménager une place en douceur, en respectant arbres et habitants est-il impossible dans la société française de 2018 ? Ou les Mystères de Marseille.

  6. Destruction du square, tronçonnage des grilles (demandé depuis des années par les habitants!!), coupe sauvage d'arbres à la disqueuse pour métal, mise au passé d'un des plus grands vides urbains d'Europe, lieu de sociabilité et d'échanges. A la place ? "Montée en gamme" et commerces (chics ? Très chics ?, ceux-là seront ombragés ?). Belle opération immobilière en perspective ! Cela s'appelle paraît-il "créer de la richesse". Oui, mais laquelle ? Et pour qui ?

  7. Equipements sociaux détruits par la mairie, arbres victimes en perspective. Désolation et désert, les forces du Mordor en Marche..

  8. Buts de foot des jeunes, dont la gaieté ira s'exprimer ailleurs ? Dans Marseille "Capitale européenne du sport 2017" peut-être, où l'on attend piscines, stades, équipements (à part bien entendu le renommé Stade Vélodrome, rénovation à 270 millions d'euros, contre 20 millions prévu pour le projet de La Plaine, ça s'appelle le sens des priorités). Le vide urbain est peuplé de ses joueurs maintenant en sursis, comme les arbres ! Mais tout n'est pas fini... Patience...

  9. Occupation 1- La démocratie en actes, plots et vigies contre les citoyens

  10. Occupation 2 : 2 compagnies de CRS en poste dès 6H00 chaque jour pour le bonheur des habitants qui voient, éberlués, tomber les arbres de leur enfance. Quels coûts pour la collectivité ? Supérieurs ou inférieurs à une concertation menée à bien ?

  11. Occupation 3 : Pendant que des hélicoptères de surveillance tournent au-dessus de Marseille médusé, à dix jours des dernières conclusions du GIEC on coupe, on coupe...

  12. Passage de l'ordre citoyen à l'ordre paranoïaque de quelques décideurs. Voilà le quadrillage fascinant d'un ancien espace de liberté, espace réjouissant et paisible, accueillant envers les plus faibles, donc : jamais entretenu ni rénové. Il est devenu "chantier" dans lequel on circule en sautant les barres de béton, devant des CRS ennuyés et impassibles (ou violents, c'est selon les jours et les tronçonnages et protestations). Trois ans de travaux prévus, et combien de commerces en sursis ? Et aucune réponse aux désirs exprimés par la population lors des deux concertations de 2015 et 2017. La Plaine est en train de devenir une ZAD urbaine. C'est un tour de force politique, on n'en a pas fini avec cette place. J'imagine les coups de fil entre mairie et Préfecture, alors qu'il eut été si simple de ne pas intervenir brutalement, sans couper la place en deux, supprimer les arbres, les forains des marchés hebdomadaires, etc.

  13. La Plaine solidaire.

  14. Le Lézard de La Plaine dit sa vérité : "La SOLEAM (société d'aménagement), pouvoir sans racines"

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