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Le "souverain"

Salle des Folies à Belleville, un Club rouge de la Commune de Paris de 1871
  1. Chaque soir, dans cette salle de bal, tout un peuple s'entretient de choses graves....

    Pour la première fois, on entend les ouvriers échanger leurs appréciations sur des problèmes qu'avaient abordés jusqu'ici les seuls philosophes.

    Une nouvelle ère vient d'éclore. Rosa Luxembourg disait justement qu'un peuple apprend davantage en deux mois de révolution qu'en des années d'instruction...

    Les Clubs publient des bulletins quasi quotidiens dont les colonnes sont ouvertes à toutes et à tous, créant ainsi un référendum permanent dont les résultats sont transmis au Conseil de la Commune, à l'Hôtel de Ville.

    Un des premiers votes citoyen fut pour valider la présence et la participation des étrangers à l'action communale, puis ce furent les référendums de bataillons de la Garde nationale afin d'y insérer les femmes volontaires pour les opérations militaires (Louise Michel).

    A noter qu'il y eut l'unanimité pour réclamer le développement de l'instruction publique et professionnelle, notamment vis à vis des jeunes filles et qu'un trés fort courant s'est manifesté en faveur de l'émancipation des femmes pour faire reculer le patriarcat d'inspiration proudhonienne.

    La démocratie participative étayant un pouvoir horizontal, dont le système est renforcé par la mise en pratique ponctuelle de référendums d'initiative citoyenne, constitue probablement la meilleure solution pour que la souveraineté du peuple soit enfin respectée.

    La Commune de Paris est donc bien "l'ébauche d'un ordre libertaire".*

    NB/ cf les travaux complémentaires des historiens Serge Aberdam (sur le vote sans-culotte) et Yves Sintomer (sur le référendum)

    * sous-titre du volume 2 de mon livre "Les 72 Immortelles"

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