Mozart : Requiem

Le Requiem de Mozart suscite un intérêt constant chez les interprètes comme auprès du public. Un succès dû à la tension dramatique qui l'habite, servie par la qualité mélodique. Une tension qui culmine dans le Dies Irae et le Confutatis mais qui règne dès l'Introit et tient en haleine jusqu'au dernier chœur.
  • Date Le 25 novembre 2017
  • Lieu Eglise Saint-Etienne du Mont, Place Sainte-Geneviève 75005 Paris (derrière le Panthéon) Métro : Cardinal-Lemoine
  • Réservation, inscription www.Chorus14.net ; fnac ; billetreduc ; ticketmaster et sur place les jours de concert 28€ / 18€ (demandeurs d'emploi ; 12/26 ans)
  • Information Samedi 25 novembre 2017 et mardi 28 novembre 2017 à 20h30

Wolfgang Amadeus Mozart (1756 – 1791)
Requiem K.626 pour soli, chœur et orchestre
Motet Exsultate jubilate K165 pour Soprano solo et orchestre
Offertoire Inter natos mulierum K72 pour quatuor vocal et cordes
Maurerische Trauermusik (Musique funèbre maçonnique), K477 pour orchestre

Émilie Husson, soprano
Alice Ferrière, mezzo-soprano
Yu Shao, ténor
Andriy Gnatiuk, basse

Ensemble orchestral OpEra12
Ensemble Chorus 14
Direction : Dominique Sourisse

Âgé de dix-sept ans lorsqu'il entre au service du Prince-archevêque de Salzbourg, Wolfgang Amadeus Mozart a déjà onze ans de carrière musicale derrière lui.

Dès l'âge de trois ans, il a montré de l'intérêt pour les leçons de musique que son père dispense à Marianne, sa sœur aînée.
Léopold Mozart est violoniste, directeur de l'orchestre, compositeur de la cour et vice-maître de chapelle du Prince-archevêque de Salzbourg.

Louis Carrogis dit Carmontelle - Wolfgang Amadeus Mozart jouant à Paris avec son père et sa soeur Louis Carrogis dit Carmontelle - Wolfgang Amadeus Mozart jouant à Paris avec son père et sa soeur
C'est un pédagogue rigoureux qui sait passionner ses élèves. Marianne et Wolfgang profitent pleinement de ses efforts : elle devient une interprète de talent et son frère se fait remarquer par une exceptionnelle capacité de concentration dans le travail musical. Il compose son premier menuet dès janvier 1762.

En septembre de la même année, Léopold emmène ses enfants à Vienne. En novembre 1763 ce sera Bruxelles, puis Paris et Londres en avril 1764. En 1770, Milan, Rome et l'Italie. À chaque étape, les jeunes prodiges jouent devant des publics admiratifs et sont reçus par les souverains. En 1769, Wolfgang a composé La Finta Semplice premier de ses nombreux opéras.

L'offertoire Inter natos mulierum est daté de 1771. Son esthétique est caractéristique de la production salzbourgeoise avec un accompagnement réduit à deux violons et une basse. La variété de son expression annonce toutefois les œuvres de la maturité.

Lors d'un voyage en Italie en 1773, il compose le motet Exultate, Jubilate à l'intention du castrat Venanzio Rauzzini.

Mozart est initié en décembre 1784 dans la franc-maçonnerie, une organisation qui répond à ses aspirations en matière de diffusion des idées des lumières. La musique funèbre maçonnique est sans doute composée en juillet de l'année suivante à l'occasion de la promotion d'un ami de Mozart dans l'échelle des  grades de l'institution et  rejouée quelques mois  plus tard pour le décès de deux francs-maçons. Le sentiment qui l'anime est plus une réflexion sur la mort et le renouveau qu'elle implique, qu'une célébration funèbre.

Le Requiem
Dans le Londres du XVIIIe siècle, un compositeur comme Haendel peut occuper une situation d'entrepreneur de spectacles qui lui procure liberté de création et vie bourgeoise.

Une émancipation interdite par le retard social et politique des pays allemands. Bach et Haydn sont leur vie durant des salariés de princes ou d'institutions municipales. Leur œuvre a en grande partie été composée afin de pourvoir aux distractions de leurs employeurs et aux célébrations qui rythment la vie quotidienne.

Mozart par Doris Stock en 1789 Mozart par Doris Stock en 1789
Mozart incarne l'aspiration de l'artiste à l'indépendance. Dix ans après sa mort, Beethoven considérera avoir conquis la sienne en vendant concerts et partitions. Mais Mozart échouera dans cette quête. Et quand il rompt en 1783 avec le Prince-Archevêque de Salzbourg pour s'installer à Vienne, un travail acharné lui assure de brillants succès mais ne lui procure pas la réussite sociale. Il faut ajouter qu'il est dépensier et peu conciliant avec la société aristocratique au sein de laquelle ses idées avancées lui valent des inimitiés.

Dès la deuxième moitié des années quatre-vingt, sa situation personnelle se dégrade et  c'est  un  homme usé et criblé de dettes qui fin juillet 1791, reçoit une avance d'un commanditaire anonyme pour la composition d'une messe des morts. À cette époque, il met la dernière main à La Flûte enchantée et devra composer d'urgence La Clémence de Titus pour les festivités du couronnement de Léopold II comme roi de Bohême. De ce fait, la composition du Requiem prend du retard.

Après la mort de Mozart survenue le 5 décembre 1791, sa veuve demande à ses élèves Joseph Eybler et surtout Franz Xaver Süßmayr de le terminer à partir des ébauches et des indications du maître.

Le Requiem de Mozart suscite un intérêt constant chez les interprètes comme auprès du public. Un succès dû à la tension dramatique qui l'habite, servie par la qualité mélodique. Une tension qui culmine dans le Dies Irae et le Confutatis mais qui règne dès l'Introit et tient en haleine jusqu'au dernier chœur.

 

 

Norbert Elias, Mozart - sociologie d'un génie,  Points essais, 1991, 224p
Jean et Brigitte Massin, Mozart, Fayard, 1970, 1302p

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