LREM vs LFI : au paradis des députés-employeurs, quel est le pire des tauliers ?

Ce matin, au sortir d'un rêve ombreux, après que mon cœur se fut nourri de l'exhalaison furtive d'un vague souvenir de lutte des classes, me vint l'envie de déposer mon curriculum vitae sur le bureau de quelque politicien amoureux des lois sociales et fort respectueux des travailleurs.

Ce matin, au sortir d'un rêve ombreux, après que mon cœur se fut nourri de l'exhalaison furtive d'un vague souvenir de lutte des classes, me vint l'envie de déposer mon curriculum vitae sur le bureau de quelque politicien amoureux des lois sociales et fort respectueux des travailleurs.

Néanmoins, avant que de me damner à jamais, je me résolus à étudier avec force détermination les usages patronaux dont usent et abusent certains députés.

 

Ma non-candidature en marche pour un poste d'attaché parlementaire

Je me tournai vers la prose journalistique et y découvris, caché au sein de quelque article de Mediapart, le vivant témoignage de la grandeur morale de l'une des députées de La République en marche, laquelle se serait rendu coupable d'humiliations, ainsi que de propos à connotation sexiste, homophobe et raciste à l’encontre de salariés. L'un d’entre eux, « bouc émissaire » dit-on, eût été surnommé par cette élue « le Chinois »...

Cosette chez le marchand de poupée - Emile Antoine Bayard Cosette chez le marchand de poupée - Emile Antoine Bayard
Vu ma pâleur et ma canitie, je craignais de me voir traiter de « farine», de « lait » ou de « Galak ». Si ma potentielle employeuse découvrait l'une des vidéos au sein de laquelle j'apparaissais, un godemiché en main, vêtu d’un chemisier rose et d'un foulard de soie, ne serais-je pas victime de quelque remarque fort désobligeante ? Ne me verrais-je point reprocher les dépravations de ma vie privée ?

Je poursuivis ma lecture et découvris avec effarement que ces victimes de conditions de travail d'un autre âge pouvaient être sollicitées de 7 heures à 1 heure du matin. Plus je lisais, plus l’angoisse me tournait les sangs, aussi finis-je par m’imaginer corvéable à merci, taillable et tuable selon le bon vouloir d'un seigneur des temps modernes.

Trésors précieux, mes rendez-vous nocturnes avec Hypnos, dieu que je vénère à l'égal de Bacchus, ne pouvaient être sacrifiés, aussi, ma fidélité à la mythologie et mon instinct de survie m’interdirent de postuler.

 

Ma non-candidature insoumise pour un poste d'attaché parlementaire

Cosette balayant - Emile-Antoine Bayard Cosette balayant - Emile-Antoine Bayard
La lecture d’un autre article de Mediapart m’interpella. Une députée de La France insoumise, l’un de ces partis dont les mots et promesses sont de gauche, aurait peu ou prou conduit ses salariés vers un abîme de désespérance. Victimes d’une surcharge de travail, ceux-ci eussent été contraints de passer la plupart de leurs nuits parisiennes sur leur lieu de travail, dans la pièce voisine à celle de la députée.

Ô félicité ! n'est-ce point un bonheur ineffable de pouvoir « jouir » à l'envi du droit de dormir sur un matelas de mousse installé à même le sol !

Je m'imaginai, au sortir de la nuit, outragé, brisé, martyrisé, coupable de n'avoir point effectué assez d’heures supplémentaires, ni rémunérées, ni récupérées comme le voulait l'usage, membre d’un troupeau  de valets et de gueux, victime expiatoire d’un nouvel holocauste social.

Cette horrible vision me convainc de renoncer à ma carrière politique, ainsi qu'à à toute ambition de servir la cause du peuple.

 

Une alliance implicite des députés contre le salariat ?

Javert en chasse - Émile Antoine Bayard Javert en chasse - Émile Antoine Bayard
Selon les mêmes sources, le cabinet du patron des députés de La République en marche, Gilles Le Gendre, ainsi que celui du président de l’Assemblée nationale Richard Ferrand auraient été avisés, pour le moins, d’importants « dysfonctionnements » dont se serait rendu coupable l’une des députés de leur groupe ; Jean-Luc Mélenchon, quant à lui, aurait pris au sérieux la situation relative au sort des salariés de sa consœur insoumise.

Or, à ce jour, force est de constater que ces députées arborent toujours fièrement, tout du moins peut-on le supposer, l’étiquette de leur parti ou mouvement respectif.

Si la dignité d’un parti, d’un mouvement se mesure à son action en matière de moral et de justice, alors nous connaissons aujourd'hui le vrai visage de ces groupes et de leur guide suprême : de tout temps, il exista des hommes justes et dignes et des hommes d’injustice, lesquels savent fermer les yeux sur l’exploitation dès lors que certains de leurs soldats faillissent.

Beaucoup de Thénardier ; pas un seul Jean Valjean.

 

Épilogue

Je ne sais si les politiciens adeptes de ces violations du code du travail et irrespectueux des travailleurs sont légion ; cependant, ce mépris profond à l'égard des salariés nous laisse entrevoir le reflet d'un miroir caché, un miroir de classes aux intérêts distincts.

L'enlèvement de Cosette - Émile Antoine Bayard L'enlèvement de Cosette - Émile Antoine Bayard
Après mûre réflexion, plutôt que de postuler quelque emploi d'attaché parlementaire auprès de La République en marche ou de La France insoumise, et attendu que je souhaite moins un emploi qu'un salaire, j'entends dorénavant m'attacher à séduire une députée de quelque parti que ce soit, et postuler son cœur afin de devenir un nouveau... Pénélop !

Petits et grands maîtres possèdent les mêmes desseins ; ils sont de tout parti, de tout mouvement, de toute époque ; seule leur force, leur puissance les distingue. Notre croyance aveugle et naïve a pu en faire des dieux ; nous seuls pouvons recouvrer les chemins sacrés de l’impiété.

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