Réflexions sur le problème raciste

L’accélération de la temporalité antiraciste en France et à travers le monde à la suite du meurtre de George Floyd pose certaines questions centrales dans l’analyse des racismes et des anti-racismes.

Depuis les 100 000 participants de la Marche pour l’égalité et contre le racisme de 1983, les militant.e.s de la cause antiraciste et anti-violences policières n’étaient jamais parvenus à rassembler autant de manifestants dans les rues de Paris. C’est probablement chose faite avec le rassemblement du 2 juin et la manifestation du 13 juin 2020 organisée par le comité Vérité et Justice pour Adama Traoré. L’accélération de la temporalité antiraciste en France et à travers le monde à la suite du meurtre de George Floyd pose certaines questions centrales dans l’analyse des racismes et des anti-racismes. Sous réserve de futures recherches qui ne manqueront pas de mettre en lumière la spécificité du moment antiraciste que nous vivons, j’aimerais en discuter quelques-unes qui peuvent être utiles au débat public.

Internationale antiraciste ?

Comment expliquer que le meurtre d’un Africain-Américain par un policier blanc aux États-Unis ait provoqué de telles mobilisations aux États-Unis et à travers le monde ? Malheureusement, ce genre de meurtres n’est pas extra-ordinaire aux États-Unis (et en France) et chacun d’entre eux ne suscitent pas forcément de réactions d’ampleur nationale ou internationale. Il est sûrement impossible de répondre totalement à cette question, tout comme à celle du déclenchement des révolutions arabes à la suite du suicide de Mohamed Bouazizi en décembre 2010 en Tunisie. Certains moments historiques sont véritablement imprédictibles et insoupçonnables, même quelques semaines à l’avance, mais plusieurs facteurs favorables ont sans doute jouer leur part.

De ce point de vue, on peut comparer la séquence antiraciste #GeorgeFloyd actuelle à l’explosion du mouvement #MeToo suite de l'affaire Weinstein de 2017. Selon l’anthropologue James C. Scott, il faut faire la distinction entre le « discours public » – celui que les dominés prononcent en public de manière stratégique pour faire face à la domination – et le « discours caché » – celui que les dominés n’osent pas ébruiter en public sous peine d’être sanctionnés, voire violentés, mais qui recèle leur point de vue subalterne critique sur un monde qui les cantonne au bas de la hiérarchie (économique, sexuelle ou raciale). Les mouvements #MeeToo et #GeorgeFloyd correspondent à la révélation des textes cachés féministes et antiracistes à l’échelle planétaire.Ce qui était généralement tu par les victimes de sexisme ou de racisme est désormais affiché publiquement, bravant les conséquences directes d’une telle révélation (menaces, poursuites judiciaires, etc.).

La dimension globale doit beaucoup à l’émergence des contre-publics des réseaux sociaux. On se souvient que Michel de Certeau avait analysé Mai 68 comme une « parole prisonnière qui a été libérée ». Depuis l’avènement des réseaux sociaux, la prise de parole féministe et antiraciste se généralise de manière pérenne, qu’il s’agissait des comptes militants ou des comptes d’individus sans expérience politique. Mais cette parole n’aurait aucune prise si elle ne s’appuyait pas sur des « réseaux dormants » transnationaux de militant.e.s, journalistes, artistes, acteurs politiques, chercheurs, etc., qui entretiennent la flamme du féminisme et/ou de l’antiracisme face l’offensive réactionnaire des années 2010 (concrétisée par l’arrivée au pouvoir des partis ouvertement réactionnaires).

Mais on peut se demander s’il en serait de même pour une victime française de violence policière. N’est-ce pas parce que le meurtre a eu lieu aux États-Unis, avec toute la médiatisation que cela implique, que le monde s’est mobilisé ? N’est-ce pas parce qu’il s’agissait de Weinstein, situé dans les sommets de la hiérarchie économique et symbolique mondiale, que les brèches anti-sexistes ouvertes par #MeToo ont pu s’étendre au monde entier ? N’est-ce pas parce que les Blancs étasuniens, dont faisait partie le policier Derek Chauvin, se situent en haut de la hiérarchie raciale que la contestation antiraciste fait vaciller l’édifice mondial de la hiérarchie raciale ? Autrement dit, il existe une hiérarchie plus ou moins implicite au sein du groupe hétérogène blanc, et s’attaquer au sommet de la hiérarchie a des répercussions en cascade sur les niveaux moins élevés.

Par ailleurs, la légitimité des mobilisations antiracistes étasuniennes, en particulier celles des mouvements noirs, acquise au prix de centaines d’années de luttes souvent réprimées dans le sang, participent à légitimer les mobilisations antiracistes en Europe et leur donne un souffle nouveau. Bien qu’il n’existe pas d’organisation antiraciste transnationale à proprement parler, on observe bien une internationalisation de la cause antiraciste. Mais ce processus transnational ne se serait peut-être pas produit sans le déni du racisme policier par certains gouvernements, notamment aux États-Unis et en France. La radicalisation des revendications antiracistes va de pair avec le refus inconditionnel de la reconnaissance du racisme, voire la revendication assumée du racisme par les plus hautes instances de l’État.

Nouvelle alliance improbable ?

Les frontières entre cause « anti-violences policières », cause antiraciste et causes identitaires sont poreuses. Depuis les années 1960, la cause anti-violences policières rencontre les plus grandes difficultés pour être légitime dans l’espace public français, et même dans le mouvement social. Les mouvements plus ou moins organisés, plus ou moins éphémères, qui contestent les déviances policières font face soit à la forte réticence des principales organisations de gauche à défendre des victimes « impures » (certaines ayant un casier judiciaire), soit au déni total des institutions, en premier lieu l’IGPN ou l’IGGN. Ce n’est que récemment, suite l’utilisation de la législation anti-terroriste contre des militants de gauche et à la répression violente des Gilets jaunes, que la cause semble s’élargir au-delà des quartiers populaires où elle était jusque-là cantonnée. Exemple parmi d’autres : la campagne « Police, personne ne bouge ! » lancée en 2008 contre les techniques policière d’interpellation, dont la clé d’étranglement, n’avait pas été soutenue par le mouvement social français.

Mais ce récent et relatif élargissement peut créer des tensions : certains analysent les violences policières avant tout comme la volonté de puissance de la main droite de l’État néo-libéral ; d’autres comme l’expression d’un État raciste ; d’autres enfin comme l’illustration d’un racisme spécifique, qu’il soit anti-noir ou anti-maghrébin. Les violences policières actuelles relèvent-elles d’une seule de ces dimensions ? Rien n’est moins sûr. La réalité est souvent plus complexe qu’il n’y paraît, et les morts provoquées par les déviances policières sont le fruit non seulement d’un racisme institutionnel, visant toutes les minorités ethniques, mais aussi d’un mode de gestion des classes populaires et de la répression d’opposants politiques. Autrement dit, il semble difficile de trancher la réalité sociale et privilégier soit la dimension économique, soit la dimension raciale. L’imbrication des rapports sociaux de classe, de race et de genre structure (aussi) les pratiques policières.

C’est sûrement parce qu’il développe une analyse à la fois antiraciste et anti-violences policières que le comité Vérité et Justice pour Adama Traoré est parvenu à rassembler largement autour de lui. En 1983, le succès de la Marche pour l’égalité et contre le racisme est le produit d’une alliance improbable, inimaginable aujourd’hui, entre les jeunes de SOS Avenir Minguettes, la Cimade Lyon, les associations de soutien, les mouvements de « jeunes immigrés », certains membres du gouvernement socialiste et certains journalistes des médias publics.

Nous assistons peut-être à une nouvelle alliance improbable entre la famille Traoré et certains habitants de Beaumont-sur-Oise, des militants de soutien venus d’ailleurs (dont d’anciens du Mouvement de l’immigration et des banlieues [MIB]), quelques journalistes de petits et grands médias et, chose nouvelle, de nombreux artistes, underground ou très connus, engagés en faveur du comité. Le vent semble tourner en faveur de la cause antiraciste mais l’expérience de la Marche incite à la prudence : s’en était suivie la « mode beur » qui a fait son temps mais n’a pas débouché sur des mesures concrètes contre le racisme policier.

La manifestation est certes un mode d’action important pour « faire nombre » et convaincre. Mais ce n’est pas (seulement) en manifestant que l’on gagne des procès pour homicides volontaires ou involontaires contre les forces de l’ordre. Dans cette perspective, le comité a réalisé un travail exemplaire, dans le sillage des pratiques militantes du MIB. Depuis la fin des années 2000, certains mouvements antiracistes médiatiques se sont désintéressées du terrain, notamment les salles d’audience, pour privilégier les studios de télévision et les salles d’université. La bataille judiciaire de Beaumont-sur-Oise montre que le rapport de force n’est pas seulement idéologique : il se situe au cœur même des procédures judiciaires et les rapports d’expertise médicale. La réhabilitation de ce mode d’action, coûteux en temps, en énergie et en argent, dont l’issue positive est possible mais improbable – sachant qu’une défaite judiciaire ne signifie pas forcément une défaite politique – est sans doute un aspect marquant du renouveau antiraciste contemporain.

Impunité policière

Inutile ici de rappeler les nombreuses enquêtes sociologiques et historiques sur la prégnance de l’idéologie et des pratiques racistes au sein du corps policier, tant aux États-Unis qu’en France. On se focalise à juste titre sur les pratiques les plus violentes mais il ne faut pas oublier la diversité des pratiques policières pouvant relever du harcèlement, souvent invisibles et non publicisées (contrôles d’identité répétés, etc.). Et il faut mettre en rapport cette réalité avec l’impunité raciste en général. Non seulement le traitement judiciaire des infractions racistes débouchent le plus souvent sur des classements sans suite (ce qui pose la question du rôle de la justice dans la répression du racisme), mais le discours raciste est devenu de plus en plus légitime dans l’espace public français.

Au travers d’une alliance pérenne entre certains propriétaires de grands médias, maisons d’édition parisiennes, journalistes de bureau et acteurs politiques, il n’est pas coûteux socialement et économiquement de tenir des propos racistes, notamment islamophobes. Même lorsque des journalistes sont condamnés par la justice pour incitation à la haine raciale, leurs rédacteurs en chef continuent de leur dérouler le tapis rouge pour déverser leur bile raciste. Finalement, la police n’est que le miroir grossissant de la société française. On ne voit pas pourquoi elle serait épargnée par la vague brune contemporaine.

Mais il est vrai que les pratiques policières sont particulièrement favorables à l’imprégnation des catégories raciales et l’assignation identitaire. On n’est pas raciste parce que policier, mais on devient un policier raciste. Par exemple, il est sans doute utile de rappeler que, contrairement à ce que l’on l’entend souvent, les statistiques ethniques existent déjà en France. Le Système de traitement des infractions constatées (STIC) et le Traitement d’antécédents judiciaires (TAJ), bases de données de plusieurs millions de personnes, victimes ou suspectes d’infractions, contiennent un filtre racial avec douze « types » différents (blanc ou caucasien, méditerranéen, gitan, moyen-oriental, nord-africain ou maghrébin, asiatique ou eurasien, amérindien, indien, métis-mulâtre, noir, polynésien, mélanésien-canaque). On retrouve régulièrement l’expression « type négroïde » dans les procès-verbaux de police. Autrement dit, des policiers et gendarmes utilisent tous les jours des catégories raciales pour travailler. En dépit des recommandations de la CNIL, ces informations raciales n’ont jamais été supprimées. Ce n’est pas donc pas un hasard si les forces de l’ordre perçoivent le monde au travers de catégories d’entendement racial : leur cœur de métier est l’identification et l’arrestation de personnes suspectes sur la base de « types » raciaux.

Cependant, la particularité de l’impunité policière réside dans l’usage légitime de la force physique et, de ce point de vue, la police est censée rendre des comptes, être accountable selon l’expression anglaise. Ce qu’on ne demande pas à des journalistes racistes, on doit l’exiger des représentants de l’État. Il faut simplement rappeler que les mouvements contre les violences policières ne demandent qu’une chose : l’égalité devant la loi prévue par la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789. Même si une personne a commis un délit, ce délit ne mérite pas qu’elle soit tuée sur place. Même si un délinquant notoire est en fuite, il ne mérite pas la mort sur le champ à l’issue d’une course-poursuite.

Pourtant, cette revendication simple fait face au mur du déni des hiérarchies policières. Comme l’ont montré plusieurs études sociologiques, les déviances policières violentes sont rarement condamnées. Ce qui est en jeu est la légitimité de l’usage de la violence physique. Deux conceptions se font face. Du côté de ce que j’appelle la « solidarité étatique », la reconnaissance des déviances policières violentes minerait la légitimité de l’État et risquerait de provoquer la « colère policière » qui, par un phénomène d’inversion particulier, fait peur aux gouvernants. De l’autre, au contraire, cette reconnaissance aboutirait à un accroissement de la légitimité de la (bonne) police en faisant clairement la distinction entre les pratiques policières légitimes et celles illégitimes. En montrant que sa police rend des comptes aux citoyens, l’État se retrouve renforcé. Cette seconde vision de la police ne s’est jamais imposée en France, malgré les avis de la Commission nationale de déontologie de la sécurité (2000-2008) et l’organe qui a repris ses prérogatives, le Défenseur des droits.

En effet, la seule « concession » du ministère de l’Intérieur est l’arrêt de la clé d’étranglement mais il « compense » cette décision en promettant de généraliser l’usage du Taser, arme soi-disant non-létale. Même s’ils sont importants politiquement, les avis du Défenseur des droits n’ont aucune portée juridique. Tant les structures de contrôle interne aux forces de l’ordre (IGPN et IGGN) que les tribunaux judiciaires condamnent rarement les policiers ou gendarmes accusés de déviances policières violentes.

On se retrouve devant un domaine d’activité étatique particulier où le pouvoir exécutif s’exerce sans réel contrôle du pouvoir judiciaire, non seulement par l’IGPN et l’IGGN, qui ne sont pas indépendants de leur tutelle (ministère de l’Intérieur et de la Défense), mais aussi par les tribunaux correctionnels (ou cours d’Assises). Autrement dit, la séparation des pouvoirs et le contrôle d’un pouvoir sur un autre sont des leurres dans ce type d’affaires, ce qui pose la question de la réalité de l’État de droit. Or on ne manquer sur ce point de recourir à une analogie postcoloniale : le non respect de la séparation des pouvoirs était un des attributs de la situation coloniale. Les autorités coloniales pouvaient exercer leur violence contre les colonisés sans craindre de véritables sanctions. Sans que la situation contemporaine se confonde avec la situation coloniale, l’impunité policière d’aujourd’hui marque clairement le prolongement postcolonial du passé.

C’est peut-être là que se situe une des principales différences entre la France et les États-Unis. Le déni français des violences policières est, entre autres, lié à la centralisation du pouvoir policier. Même s’il existe des polices municipales, il s’agit essentiellement d’institutions nationales (police et gendarmerie) ne devant rendre des comptes qu’aux ministres de tutelle. Lorsqu’on conteste les violences policières, on conteste l’État centralisé. La situation étasunienne est relativement différente, ce qui rend possible le développement de revendications tout à fait novatrices. En effet, les forces de l’ordre sont décentralisées (fédérale, d’État, de comté et municipales) et les polices municipales sont sous l’autorité des maires. Ainsi, le chef de la police est désigné par le maire, lui-même élu par les citoyens de la ville. De même, le procureur (district attorney) est également élu par les citoyens. Dans certaines circonstances, il est possible qu’une coalition municipale puisse transformer le rapport de force local et imposer une nouvelle vision de la police. C’est ce qu’il semble se produire dans le conseil municipal de Minneapolis qui, de manière inédite, décide de supprimer le département de police et de le remplacer par des initiatives de prévention et de « public safety ». Chose impossible en France pour des raisons institutionnelles.

Les revendications s’inscrivent dans l’histoire des mouvements contestataires des années 1960 et 1970 aux États-Unis, formulées lors de la Convention constitutionnelle révolutionnaire de Philadelphie (5 septembre 1970), dont l’atelier « Organisation, usage et contrôle de la police » affirmait ceci :

  1. La police doit être un corps volontaire, non-professionnel et fonctionnant en roulement, coordonné par le Conseil de surveillance de la police, composé de volontaires de chaque communauté qui sont remplacés toutes les semaines. Le Conseil de surveillance de la police, sa politique, ainsi que la direction de la police, doivent être choisis par un vote populaire majoritaire de la communauté.

  2. Il est interdit de créer, ou de permettre l'existence, d'un corps de police national, d'une police secrète ou d'une police sans uniforme.

  3. Chaque citoyen peut attaquer en justice tout membre ou officier de la police devant le Conseil de surveillance, et le Conseil de surveillance doit avoir le pouvoir de relever ce membre ou cet officier de police de ses fonctions.

  4. Les Conseils communautaires de la police peuvent établir des relations de travail et échanger des informations avec les forces de police dans d'autres communautés.

  5. L'objectif de la police populaire doit être de servir et de protéger la communauté.

  6. Personne ne peut servir en même temps dans la police et dans le Conseil de surveillance.

  7. Tout membre du Conseil de surveillance peut être destitué par un vote populaire et direct de la communauté.

  8. Les fonds de la police communautaire et du Conseil de surveillance de la communauté doivent être alloués par le gouvernement national sous la direction du Conseil de surveillance local.

Cette perspective révolutionnaire n’a jamais été appliquée nulle part. Bien qu’il soit difficile de l’envisager en France, pour les raisons évoquées, il s’agit sûrement d’une utopie concrète qui mérite au moins un débat public.

Contre-mobilisations réactionnaires

La Convention constitutionnelle de 1970 prévoyait la suppression de la police secrète. On comprend mieux pourquoi lorsqu’on est conscient de la violence meurtrière du programme COINTELPRO du FBI, dont l’objectif explicite était de surveiller et éliminer, même physiquement, les militants contestataires des années 1960 et 1970. Plus récemment, les militant.e.s de Black Lives Matter sont devenu.e.s la cible d’une surveillance poussée du FBI et Trump n’hésite pas à qualifier les mouvements antifascistes de terroristes.

Ainsi, comme à chaque fois qu’une personne non-blanche lève la tête et le poing, il faut s’attendre à une réaction raciste, qui ne se fait jamais attendre longtemps. Par exemple, dans le cas français, après la Marche pour l’égalité de 1983, un des leaders, Toumi Djaïdja, a été inculpé par la police de Vénissieux pour un crime qu’il n’a pas commis (braquage) et il est sorti de prison le 1er janvier 1985, seulement suite à une grâce présidentielle de François Mitterrand. Les militant.e.s contre les violences policières subissent des formes variées de disqualification symbolique (« terroristes de banlieue », « communautaristes », etc.) et de répression politique qui ne disent pas leur nom, de l’interdiction de manifester à l’incendie d’un local associatif, en passant par le licenciement pour ceux qui ont un emploi municipal. Les familles de victimes sont également la cible d’un harcèlement policier lorsqu’elles se mobilisent pour demander vérité et justice. Autrement dit, les contre-mobilisations réactionnaires, qu’elles soient étatiques ou non, est un enjeu dont il faut prendre la mesure pour penser une politique antiraciste efficace.

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