LA SHOAH DES ROHINGYAS CONTINUE EN BIRMANIE

Toute conscience humaine attachée à l’universalité des droits de l'homme, à la justice, à l'équité et à la paix dans le monde, a le devoir et la responsabilité de dénoncer et d'agir pour faire cesser le génocide des Rohingyas en Birmanie.

LA SHOAH DES ROHINGYAS CONTINUE EN BIRMANIE

En effet, depuis notre action de solidarité organisée le 23 septembre à Bordeaux, pour dénoncer la tragédie des Rohingyas, la minorité musulmane de Birmanie, victime d'un génocide perpétré par l'armée birmane, le calvaire de cette minorité considérée comme la plus discriminée au monde par l'ONU, qui s'est exonérée de toute action avec cette phrase, continue, sans que rien ne semble pouvoir y mettre un terme.

Les organisations humanitaires interdites de présence par l'armée birmane dans l'Etat de l'Arakan où ce génocide se déroule à huit clos, sont extrêmement inquiètes du sort de cette minorité musulmane abandonnée par la communauté internationale aux mains de son bourreau, et craignent une extermination pure et simple de ce peuple en Birmanie.

Que ce soit le HCR, la Croix Rouge, MSF, l'UNICEF, le Secours Islamique, Solidarité Internationale, le Collectif HAMEB, Amnesty International, Human Rights Watch, toutes ces organisations humanitaires ou de défense des droits de l'homme, sont alarmistes sur la dégradation de la situation sur le terrain, aussi bien dans l'Etat de l'Arakan où l'extermination des Rohingyas se poursuit de plus belle, qu'au Bangladesh où le flot des réfugiés ne cesse de se déverser dans des conditions dramatiques dont les images rappellent celles de la Shoah.

La visite de VRP de Aung San Suu Kyi, la Prix Nobel de complicité de génocide, la semaine dernière, accompagnée d'une forte délégation d'hommes d'affaires, semble indiquer les vraies raisons de ce génocide contre les Rohingyas, nettoyer cette région de sa population musulmane indésirable pour y faciliter les investissements d'une part, et régler d'autre part, une bonne fois pour toutes la question du bannissement des Rohingyas de la nation birmane.

En attendant, que fait la Communauté Internationale, que fait l'ONU ? Pourquoi ce deux poids, deux mesures ?

Pourquoi l'ONU peut-elle voter des résolutions donnant mandat à des interventions militaires qui ont conduit à la destruction de l'Irak et de la Libye, avec au passage l'exécution de leurs présidents, sous prétexte de vouloir protéger les populations dans ces pays qui " seraient en danger de mort " menacées par des dirigeants dictateurs, et fermer les yeux sur le génocide des Rohingyas dont les preuves de la mise à mort réelle sont aujourd'hui exposées aux yeux du monde entier, ou sur celui de la Palestine dont les preuves de l'extermination de sa population par l'Etat sioniste d'Israël sont disponibles depuis 1948 ?

Oui pourquoi cette injustice contre les musulmans, pourquoi cette indifférence face à leurs souffrance, pourquoi ?

Et pourquoi les musulmans acceptent-ils tels des esclaves soumis, cette injustice, cette humiliation, cette insupportable souffrance de leurs frères et sœurs, de leurs parents, de leurs enfants, de leur oumma, oui pourquoi et au nom de quoi ?

Le collectif des mosquées de Bordeaux et de la Gironde qui a organisé le rassemblement de solidarité avec les Rohingyas du 23 septembre, a récolté la somme de 19000€ grâce aux collectes réalisées dans plusieurs mosquées, et a transféré cette somme au Secours Islamique, présente au Bangladesh auprès des réfugiés, à qui ils apportent aide et assistance grâce à la solidarité des donateurs.

Cette noble et salutaire action humanitaire ne saurait suffire à elle seule à soulager la souffrance des Rohingyas tant qu'elle ne sera pas suivie d'une véritable initiative politique engagée par la communauté internationale pour faire cesser cet intolérable crime contre l'humanité.

Et c'est là que la force et la solidarité des musulmans, et de toutes les consciences humaines attachées à l'universalité des droits de l'homme, à la justice, à l'équité et à la paix dans le monde, doivent s'exprimer et se mobiliser pour exiger de nos hommes et femmes politiques, et en particulier nos élus, pour qu'ils s'engagent à porter la nécessaire et urgente protection des Rohingyas devant l'ONU, afin que soit mis en place de toute urgence une véritable action diplomatique, voire militaire s'il le faut, pour mettre un terme au génocide dont sont victimes aujourd'hui les Rohingyas.

Ceci est un devoir et une responsabilité auxquels chaque musulman doit répondre pour se conformer à la parole du Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) contenue dans le hadith suivant : 
D'après Abou Sa'id Al Khoudri (qu'Allah l'agrée), le Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) a dit : « Celui d'entre vous qui voit un mal qu'il le change par sa main. S'il ne peut pas alors par sa langue et s'il ne peut pas alors avec son cœur et ceci est le niveau le plus faible de la foi ».
(Rapporté par Mouslim dans son Sahih n°49)

Mais c'est également un devoir et une responsabilité pour toute conscience humaine attachée à l'universalité des droits de l'homme, à la justice et à la paix dans le monde.

Le collectif des mosquées de Bordeaux et de la Gironde continuera le combat jusqu'à l'obtention d'une vraie protection pour les Rohingyas, nous comptons sur Allah le Tout Puissant pour leur rendre justice, et sur votre soutien et votre solidarité pour mener ce combat incha Allah.

Avec affection, espoir et détermination.

AbdouRahmane

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