ILLUSIONS SERONT NOS LIBERTÉS DE CITOYENS SANS CELLES DU SOLDAT ASSANGE

Mais le 11 avril 2019, le nouveau président équatorien Lenin Moreno, contre un prêt de 2 milliards de dollars accordés à son pays par le FMI grâce à la bénédiction de la Maison Blanche, déchoit Assange de sa nationalité et de son droit à l'asile politique qui le protégeaient.

ILLUSIONS SERONT NOS LIBERTÉS DE CITOYENS SANS CELLES DU SOLDAT ASSANGE

Tandis que nous sommes en train de ronger notre frein dans l'attente de la levée du confinement qui sera probablement prolongée lundi 13 avril à l'issue de l'allocution télévisée attendue du président de la République Emmanuel Macron, un homme qui a sacrifié sa vie pour la défense du respect de nos droits et de nos libertés face aux puissances de ce monde et qui a mis à jour leurs crimes contre l'humanité et la démocratie, cet homme, Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks, le lanceur d'alerte qui a fait du journalisme d'investigation une publicité pour la sauvegarde des peuples, cet homme, ce fils, ce père, ce frère, cet ami, ce citoyen, est en train de mourir à petit feu, dans un confinement arbitraire de ses droits bafoués depuis plus de 10 ans par une justice britannique à la solde du pouvoir américain qui veut faire payer à Julian Assange le prix de son courage d'avoir mis à nu avec son média Wikileaks ses crimes contre l'humanité en Irak et en Afghanistan, ses entorses à la démocratie et ses manœuvres de déstabilisation contre les nations qui lui résistent encore dans le monde.

Refugié le 19 juin 2012 à l'Ambassade d'Équateur à Londres pour échapper aux poursuites de la justice britannique à ses trousses mandatée par les américains sous le prétexte d'une accusation de viol diligentée par la justice suédoise qui sert d'alibi à cette mascarade judiciaire dont il est la cible, Assange obtient en 2017 la protection de l'Équateur sous la présidence de Rafael Correa qui lui accorde à la fois la nationalité équatorienne et l'asile politique pour le protéger.

Mais le 11 avril 2019, le nouveau président équatorien Lenin Moreno, contre un prêt de 2 milliards de dollars accordés à son pays par le FMI grâce à la bénédiction de la Maison Blanche, déchoit Assange de sa nationalité et de son droit à l'asile politique qui le protégeaient et permet le jour même à la Police britannique de l'arrêter dans l'enceinte de l'Ambassade d'Équateur sous les yeux des caméras du monde entier.

Dans un jour, le 11 avril 2020, cela fera un an déjà que Julian Assange est détenu prisonnier en violation flagrante de ses droits humains dans la prison de haute sécurité de Belmarsh à Londres dans l'attente de la décision de la justice britannique pour savoir s'il va être extradé aux États-unis comme réclamer par le pouvoir américain, où il encourt jusqu'à 175 ans de prison pour 《espionnage 》.

Traité comme un terroriste, Assange est soumis à un régime de surveillance strict dans la prison de haute sécurité de Belmarsh, soumis à l'isolement total sans aucun contact avec les autres détenus, régime réservé normalement aux terroristes les plus dangereux du monde, ce qui a fait dire le 1er novembre 2019 à Nils Melzer, le rapporteur spécial de l'ONU sur la torture et les traitements humains que 《l'exposition d'Assange à l'arbitraire et aux abus pourraient lui coûter la vie》.

Alors que l'état de santé d'Assange ne cesse de se dégrader sous l'effet conjugué de toutes ces années d'enfermement, de déshumanisation et de torture psychologique, un premier décès dû au COVID19 vient d'être récemment enregistré dans la prison de Belmarsh où il est détenu, nous faisant légitimement craindre au regard de la fragilité de sa santé un réel danger pour sa vie si sa détention se poursuit dans ce lieu et dans ces conditions.

Certes, nous sommes en ces temps-ci tous sous pression de la peur de la pandémie du coronavirus qui paralyse le monde aujourd'hui et nous sommes maintenus en confinement dans nos maisons, assignés littéralement à résidence avec demande d'autorisation obligatoire pour pouvoir nous déplacer.

Cependant, nous sommes loin d'être réduits pour autant au silence, à l'inaction et à l'acceptation de l'arbitraire et de la torture contre un homme dont le seul crime est d'avoir défendu nos libertés sans lesquelles il n'y a pas de démocratie.

Aussi, je lance une nouvelle fois face au danger de mort qui pèse plus que jamais sur la vie de Julian Assange un appel à un sursaut citoyen pour sauver le soldat Assange avant qu'il ne soit trop tard, car après, personne ne pourrait dire 《qu'il ne SAVAIT PAS 》.

Avec affection, espoir et détermination

AbdouRahmane

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