MOHAMED MORSY, LA MORT D'UN MARTYR QUI EN DIT LONG SUR LE MARTYRE DU MONDE MUSULMAN

Sa mort après 6 ans de détention dans les geôles de la dictature militaire égyptienne, où il était réclus depuis sa destitution par le coup d'État militaire organisé par le bourreau de la révolution égyptienne, le tyran Al Sissi, sonne le glas des aspirations des peuples arabes et musulmans.

MOHAMED MORSY, LA MORT D'UN MARTYR QUI EN DIT LONG SUR LE MARTYRE DU MONDE MUSULMAN

Nous avons appris avec beaucoup de tristesse, la mort, ce lundi 17 juin, de Mohamed Morsy, le seul président égyptien élu démocratiquement depuis l'indépendance de ce pays en 1922, et qui fut porté au pouvoir à l'issue de la révolution du peuple égyptien de 2011.

Inna lillahi wa inna ileyhi rajî'un
(A Dieu nous appartenons et vers Lui se fera notre retour).

Qu'Allah Azzawajel, le Clément par excellence, le Miséricordieux par essence, l'accueille en Son Royaume avec amour et pardon, et l'élise au rang des martyrs qui accèdent au Paradis, amîn.

Sa mort après 6 ans de détention dans les geôles de la dictature militaire égyptienne, où il était réclus depuis sa destitution par le coup d'État militaire organisé par le bourreau de la révolution égyptienne, le tyran Al Sissi, sonne le glas des aspirations des peuples arabes et musulmans, qui de l'Égypte à la Tunisie, de la Syrie à la Libye, du Yémen au Maroc, du Soudan à l'Algérie, ont cru pouvoir changer leurs destins à travers les soulèvements populaires qui ont donné naissance au Printemps arabe.

Mais cette tragédie du martyr Morsy, met également à nu l'hypocrisie de l'argument de "la défense de la démocratie", régulièrement brandi par les puissances occidentales, pour mener leurs guerres d'invasion des pays musulmans, comme ce fut le cas de l'Afghanistan, de la Somalie, de l'Irak, de la Syrie, de la Libye, de la Côte d'Ivoire et du Mali pour ne citer que ces exemples.

En effet, l'écrasement dans la violence des révolutions issues du Printemps arabe par des régimes militaires ou monarchiques dictatoriaux, avec commission des crimes contre l'humanité, à l'instar du massacre de la Place Rabia El Adaouïa du 16 août 2013 au Caire, perpétré contre les soutiens du président Morsi qui étaient opposés à son renversement par l'armée, sous les yeux, et avec la bénédiction des "gendarmes du monde", des "défenseurs de la démocratie", comme aiment si bien se présenter sur la scène internationale les puissances occidentales, démontre si besoin est, le vrai visage de ces dernières, et leur attitude envers le monde musulman : "la démocratie, tout comme le pétrole, est une chose trop sérieuse et trop précieuse pour la laisser aux mains des arabes et des musulmans".

A cette trahison de ses principes par l'Occident, s'ajoute celle plus grave, immonde, ignoble et immorale de "l'Axe du Mal Arabe" que constitue le trio maléfique Arabie Saoudite, Emirats Arabes Unis, Egypte, qui œuvrent de concert, en organisant la contre révolution dans le monde musulman, particulièrement dans la sphère géographique arabe, toù ces trois pays utilisent tout les moyens diplomatiques, financiers et militaires en leur possession, pour empêcher l'avènement d'une ère démocratique dans les pays musulmans, situation qui représente à leurs yeux une véritable menace pour la survie de leurs régimes, et des privilèges qui en découlent, la seule chose importante qui compte pour eux, et pour laquelle ils sont prêts à mettre le feu au monde musulman, qui brûlait déjà des feux allumés par l'impérialisme occidental, et l'obsession sioniste à enterrer la question palestinienne.

Il appartient au regard de ce qui précède, à chaque citoyen épris de justice et de paix, et particulièrement aux musulmans, partout dans le monde, d'organiser la résistance pour faire barrage aux actes de déstabilisation de ce trio maléfique et de ses alliés occidentaux, contre les pays musulmans dont les peuples sont en lutte pour l'instauration d'une société démocratique, en dénonçant leurs méfaits et en soutenant massivement les peuples en lutte comme actuellement en Algérie et au Soudan.

Il n'y aura jamais de paix sans justice, car la rançon de la paix, c'est la justice !

Nous avons abandonné par lâcheté le président Morsi à son sort, aux mains de son bourreau qui a fini par lui arracher, à force de le torturer, le dernier souffle qui le reliait à la vie, au cours d'une mascarade de procès qui restera dans l'histoire comme une tâche indélébile sur la justice égyptienne, mais également sur la responsabilité de la communauté dite "internationale", et sur notre conscience à nous tous, qui ont laissé faire et qui ont détourné notre regard du calvaire qu'il subissait.

Cependant, la mort tragique du président Morsi doit nous servir d'électrochoc, pour nous tirer de notre peur qui nous fige dans la torpeur, de notre passivité, de notre complicité que notre silence éclaire, pour porter aide et soutien aux peuples, dont les héroïques luttes de résistance pour l'instauration de sociétés démocratiques sont en train d'être écrasées sous les bombes, les embargos, les balles criminels des tyrans comme au Yémen, en Syrie, au Soudan, et dans une moindre mesure en Algérie, sans oublier la terrible situation du peuple palestinien.

"Le monde ne sera pas détruit à cause de ceux qui font le mal, il le sera en raison de ceux qui les regardent agir sans rien faire."
(Albert Einstein)

Avec affection, espoir et détermination

AbdouRahmane

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