FIN DE PARTIE DE LA PARODIE DE DÉMOCRATIE AU MALI

Cependant, si nous nous satisfaisons du réveil du peuple qui a conduit à la fin de l'aventure périlleuse dans laquelle le régime de IBK était en train d'entraîner le Mali, nous ne souhaitons nullement un retour à l'ère des coups d'État en Afrique et au remplacement de la démocrature par une dictature militaire dont on connaît ô combien les méfaits.

FIN DE PARTIE DE LA PARODIE DE DÉMOCRATIE AU MALI

Il est bien connu que quand un peuple décide de prendre son destin en mains, plus rien ne peut l'arrêter.

C'est la leçon que nous retiendrons du dénouement de la crise politique au Mali dont l'armée nationale vient de signer la fin de la récréation hier, en mettant fin au régime corrompu du président IBK qui bafouait la constitution et piétinait la démocratie, faisant fi de la révolte populaire qui réclamait dans la rue son départ depuis plusieurs mois.

En effet, cette immixtion de l'armée dans la crise politique qui agitait le pays à travers le coup d'État militaire qui a déposé le régime d'IBK est à mettre au crédit du fruit de la lutte héroïque du peuple malien qui au prix de son sang a provoqué in fine l'intervention de l'armée pour mettre un terme à la déstabilisation du pays qui courait à sa perte.

Ce dénouement illustre parfaitement la thèse de Howard ZINN selon laquelle《 le pouvoir d'un État repose entièrement sur la coopération de la population, à l'instant où la population refuse d'obéir, l'État n'a plus aucun pouvoir 》, thèse que nous faisons nôtre depuis un moment pour appeler les peuples africains à prendre leurs destins en mains par la désobéissance civile pour obtenir l'émergence d'un état de droit qui respecte leur dignité, leurs droits et leurs intérêts et dont les dirigeants seront responsables devant le peuple de leur gestion de la cité.

A son époque, le camarade Thomas Sankara (paix à son âme), n'a eu de cesse d'exhorter la jeunesse du continent que《l'esclave qui n'a pas le courage d'assumer sa révolte ne mérite pas que l'on s'apitoie sur son sort. Il serait seul responsable de son malheur cet esclave, s'il croit en la condescendance suspecte d'un maître qui prétend l'affranchir. Seule la lutte libère》rappelait-il.

En effet, à l'heure où du Tchad hier, à la Côte d'Ivoire et à la Guinée aujourd'hui, voire peut-être dans quelques mois le Niger, la trahison des lois fondamentales des pays et le parjure de l'engagement pris sur le Coran devant les peuples deviennent la règle pour briguer un nouveau mandat présidentiel inconstitutionnel, il est heureux de voir la résistance du peuple au Mali apporter un démenti à ce fatalisme de la démocrature qui étouffe notre continent.

Cependant, si nous nous satisfaisons du réveil du peuple qui a conduit à la fin de l'aventure périlleuse dans laquelle le régime de IBK était en train d'entraîner le Mali, nous ne souhaitons nullement un retour à l'ère des coups d'État en Afrique et au remplacement de la démocrature par une dictature militaire dont on connaît ô combien les méfaits.

Il appartient aux peuples du continent de sortir leurs pays de ce déterminisme de la corruption qui entraîne l'échec et la misère, en inventant leurs propres systèmes de gouvernance en cohérence avec la complexité de leurs réalités, la mémoire de leur histoire et les défis à relever pour bâtir des nations fortes et stables à même de tenir le choc de la compétition entre les nations sur une scène internationale où il n'y a point de place pour les faibles.

L'essai du Mali doit être saisi pour galvaniser les forces populaires à travers le continent et être transformé partout où la démocratie est menacée et où des traîtres, des corrompus et des dictateurs s'accrochent au pouvoir contre la volonté du peuple comme le démontre les cris d'orfraies poussés par ces derniers au sein de la CEDEAO, menacés soudainement dans leur impunité par le scénario malien qu'ils redoutaient tant mais auquel ils ne s'attendaient pas.

L'expérience malienne doit être aussi l'occasion d'adresser un message clair aux soi-disant "grandes démocraties" du monde, de la France à l'Amérique, qui en fonction de leurs intérêts soutiennent les révoltes populaires pour l'État de droit en Ukraine, en Roumanie et en Biélorussie et les ignorent ou les enterrent en Égypte, en Turquie et aujourd'hui au Mali, renforçant par cette politique du deux poids, deux mesures, au sujet des luttes d'autodétermination des peuples la pertinence de la suspicion de Sankara contre "la condescendance suspecte du maître qui prétend affranchir l'esclave".

L'exemple de la situation malienne lui donne mille fois raison, "seule la lutte libère" !

Avec affection, espoir et détermination

AbdouRahmane

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