QUAND L'ÉTAT RAME À CONTRE COURANT DE LA LAÏCITÉ AU SUJET DE L'ISLAM

Quand le CFCM sert avec son docile consentement de base de lancement pour mettre en orbite L'AMIF de Hakim El Karaoui aux commandes de l'islam de France commandé par le pouvoir au nez et à la barbe de la laïcité.

QUAND L'ÉTAT RAME À CONTRE COURANT DE LA LAÏCITÉ DANS LES EAUX TROUBLES DE L'ISLAM DE FRANCE

Une fois n'est pas coutume, malgré les dispositions claires de la Loi 1905 de séparation de l'État et des églises, qui interdisent à l'État d'interférer dans la gestion des cultes, relevant de l'autorité des seules organisations religieuses, tout comme elles interdisent ces dispositions, au religieux d'interférer dans les affaires de l'État, le pouvoir, en la personne du Chef de l'État, Emmanuel Macron, s'est une nouvelle fois immiscé dans l'organisation du culte musulman à l'occasion d'un déplacement la semaine dernière à Mulhouse, où il a indiqué la nouvelle feuille de route de l'islam de France détaillée en plusieurs points et dont les médias s'en sont fait l'écho toute la semaine passée.

Nous revenons pour notre part sur cette actualité pour alerter une nouvelle fois sur cette violation flagrante et inadmissible de la laïcité qu'on reproche quotidiennement aux musulmans de ne pas respecter et que pourtant le pouvoir foule au pied quand il veut, mais également pour soulever et pointer cette surprise parmi les annonces du Chef de l'État, de désigner le CFCM en chef d'orchestre de ce projet pour traduire sur le terrain dans le délai très court d'un mois ou deux, les grandes lignes de cette énième réforme de l'islam de France, à savoir l'arrêt du recours aux imams détachés, le financement des lieux de culte et la formation des imams.

Quand on connaît d'une part, la désunion qui règne au sein des membres de l'exécutif du CFCM animée par la concurrence entre les consulats des pays du Maghreb et de la Turquie, et d'autre part, le rejet massif du CFCM par les musulmans au sein des mosquées et en dehors, démontrée par le rapport de la Consultation des Musulmans organisée par Marwan Mouhammad de mai à juillet 2018, on est en droit de se poser la question sur les intentions réelles du Chef de l'État de confier cette mission impossible au CFCM dans un si laps de temps et sans se soucier de l'avis majoritaire des musulmans qui ne reconnaissent pas la légitimité de cette instance pour les représenter, sachant qu'en embuscade, attend patiemment L'AMIF (Association Musulmane de l'Islam de France) de Hakim El Karaoui, l'ami du président, de Tareq Oubrou et Mohamed Bajrafil, qui ont la côte comme tout un chacun le sait auprès de l'Élysée pour conduire ce chantier.

Sans trop présager des intentions des uns et des autres, il nous semble manifeste que tout est mis en place pour organiser la mise en orbite de l'AMIF aux commandes de l'islam de France tel que le veut le pouvoir avec l'échec annoncé du CFCM dans cette aventure, où ce dernier accepte docilement de jouer le figurant dans un théâtre où l'intrigue est écrit ailleurs, avec le silence assourdissant des responsables associatifs musulmans qui comme à leur habitude sont aux abonnés absents pour compléter le tableau.

Pour ce qui nous concerne, nous n'accepterons jamais cette violation et cette trahison de la laïcité qu'on veut nous imposer à travers la mise sous contrôle de notre religion, et nous en appelons une nouvelle fois à l'esprit de responsabilité des dirigeants des associations musulmanes pour s'opposer à cette violation flagrante de nos droits, tout comme nous en appelons à l'engagement des fidèles dans les mosquées et du reste des citoyens pour dénoncer la mise au banc des musulmans dans la société et l'instrumentalisation de leur religion à des fins politiques et des enjeux électoralistes à court terme.

Avec affection, espoir et détermination

AbdouRahmane

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