IN MEMORY OF MARADONA

Ton combat vient de s'achever aujourd'hui, tu es mort les armes à la main, avec la conscience tranquille du devoir accompli.

IN MEMORY OF MARADONA

https://youtu.be/s7ZjU-6iSwk

Tu as affronté ce monde de l'industrie du football-business avec ton génie, ton audace, ton innocence, ta joie de donner du bonheur au public avec ton art, ton talent, ta virtuosité, sans jamais oublier qui tu es, d'où tu venais, ni ceux que tu as laissé derrière toi dans les favelas, les quartiers populaires de Buenos Aires et du reste du tiers monde, de Lagos au Caire, de Calcutta à Brazilia, de Gaza à Caracas, dont tu étais le digne représentant et l'ambassadeur suprême de leur maîtrise du ballon rond sur les pelouses des stades du Nord, le monde des nantis, du capitalisme, de l'argent roi et de la corruption, qui ont fini par avoir raison de ta raison mais sans jamais réussir à s'emparer ni de ton cœur et encore moins de ton âme.

Tu as bercé ma jeunesse avec la folie de la beauté de ton art qui exprimait à la fois ton génie mais également ta volonté de jouer pour rendre justice aux opprimés, de les sortir de la défaite, de la misère et de l'humiliation pour les amener vers la victoire des dominés qui se révoltent pour arracher leur liberté, leur dignité, leur humanité.

Avec toi sur un terrain, un match de football n'était pas qu'un simple match de football, c'était la lutte du faible contre le fort, du Nord contre le Sud, du bien contre le mal, que se soit à l'occasion des duels du championnat argentin Boca Juniors/River Plate ou Naples contre le Milan AC en Italie ou encore l'Argentine contre l'Angleterre en Coupe du Monde, tu jouais pour toi, tu jouais pour ton équipe, tu jouais pour ton pays, tu jouais pour nous.

Comme beaucoup d'entre nous, tu as suivi également le chemin de l'exil vers le Nord, tu as quitté la chaleur des tiens, de ton quartier, de tes amis d'enfance, de l'ambiance des stades argentins avec leurs chaudrons de supporters passionnés qui étaient ta deuxième famille, tu es venu enchanter d'autres stades, d'autres foules et sortir Naples de l'image des films d'action avec la mafia en vedette pour la faire entrer par la grande porte de l'histoire du ballon rond par la seule force de ton génie et de ton talent qui ont conquis le cœur de son peuple qui t'a surnommé pour te dire son amour, "El Pibé del Oro", "le gamin en or" !

Oui, tu étais un éclat d'or Diégo, mais qui a fini par se rouiller au contact de l'argent, cette matière avec laquelle le Nord domine et exploite le Sud, elle t'a pris dans ses filets et ses entrailles pour utiliser ton talent au service de sa cause hideuse comme un vampire se nourrissant du sang de sa proie, et quand tu t'es rebellé contre sa forfaiture, elle s'est vengée de toi en te traînant dans la boue, salissant ton image et ton honneur mais sans jamais réussir à éteindre ton éclat.

Ensuite tu es revenu à la raison et à la maison, auprès des tiens, auprès de nous, comme avant, pour reprendre le flambeau de la lutte contre les injustices, pour dénoncer les inégalités, les crimes et les guerres du capitalisme en Amérique Latine et ailleurs dans le monde en compagnie de Fidel Castro, Chavez, Lulla et Evo Morales.

Ton combat vient de s'achever aujourd'hui, tu es mort les armes à la main, avec la conscience tranquille du devoir accompli.

Repose en paix mon frère, que notre Dieu Unique en lequel tu croyais t'accueille dans son Pardon et sa Miséricorde, mes condoléances à tes proches et à notre immense famille des peuples opprimés du monde qui te pleurent.

"Certes, de Dieu nous provenons et vers Lui se fait notre retour."
(Coran, Sourate 2; Verset 156)

Avec affection, espoir et détermination

AbdouRahmane

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