ASSANGE OU RAMADAN, IL FAUT CHOISIR

Quel rapport entre la défense de Julian Assange et celle de Tariq Ramadan ?

ASSANGE OU RAMADAN, IL FAUT CHOISIR

Bonjour Abdourahmane,

Céline Wagner a refusé votre demande de contact.

Cordialement,

Le Club de Mediapart

Tel est le message que je viens de recevoir ce jour dans ma boîte mail en réponse à ma demande de contact  adressée à Céline Wagner.

Citoyenne très mobilisée pour la défense des droits de Julian Assange, qui mène une admirable lutte pour sa libération, elle m'avait adressé un message de soutien par mail suite à la publication de mon précédent billet consacré à Julian Assange.

Fort de sa délicate attention à l'égard de mon billet, je lui fis une réponse de courtoisie pour la remercier et lui proposer d'unir nos forces avec les auteurs des différentes contributions positives envers mon billet, pour mieux organiser ensemble la défense d'Assange, et j'en ai profité pour lui présenter ma demande de contact via son blog.

Entre temps, certainement pour mieux savoir qui je suis, elle est allée faire un tour sur mon blog, et là, comble de "l'horreur" et de la "trahison", elle a découvert que j'avais publié en novembre dernier, un article pour saluer la remise en liberté de Tariq Ramadan, détenu en prison depuis 10 mois pour des accusations de viol dont la justice n'a pas aujourd'hui encore établi la véracité.

Mais cela n'empêche, j'étais sommé par Céline Wagner de justifier ma double allégeance (face) d'une solidarité inconciliable à ses yeux, entre soutenir la cause d'Assange et celle de Tariq Ramadan, d'où son seul et unique commentaire dans le fil de discussions de mon billet, où elle m'interpelle sans retenue par cette question :

"Quel rapport entre la défense de Julian Assange et celle de Tariq Ramadan ?"

Avec en annexe, la pièce à conviction de ma culpabilité, le lien de mon billlet publié pour saluer la remise en liberté de Tariq Ramadan (cf son commentaire sur mon billet), qui signe donc selon elle, celle de mon illégitimité à appeler à la défense des droits de Julian Assange et à sa libération.

Malgré la réponse claire et sans détours que j'ai aussitôt accepté de lui fournir, non pas pour me justifier, mais plutôt pour démontrer que je ne renie en rien ma solidarité vis à vis de Tariq Ramadan, qui n'est en rien incompatible pour moi avec celle pour Julian Assange, et malgré ma bienveillante insistance pour obtenir une réponse au pourquoi de sa question, je n'ai reçu en retour que son blâme et mon banissememt de ses contacts, qu'elle a laissé le soin à Mediapart de me signifier avec juste un simple clic de rejet sur une touche de clavier.

Nous en sommes donc là aujourd'hui, citoyens dans notre monde dit "libre", méprisés et maltraités par un système de domination mondiale, ivre de sa puissance et de son pouvoir sur les gueux, à ne même plus être capables de  pouvoir nous entendre et d'unir nos forces pour défendre notre sort commun face à la dictature du capitalisme, qui foule au pied notre dignité et qui piétine nos libertés, en raison de nos identités plurielles et de leurs mémoires, que l'adversaire a réussi par un tour de manipulation des esprits dont il a le secret, à ériger comme une digue insurmontable entre nous pour bâtir notre résistance ?

Triste et tragique sort que le nôtre dans ce cas, et je suis encore plus triste pour  Julian Assange, Tariq Ramadan et le Climat, si leurs sorts devaient dépendre de l'union des forces de citoyens aussi divisés, objets de manipulation d'un pouvoir qui les asservit au lieu de les servir, désinformés et formatés par des médias aux ordres, piégés par leur propre peur de défier ce pouvoir, enfermés dans leur sectarisme social, culturel, intellectuel ou religieux, plus acharnés à se combattre et à s'exclure sur les réseaux sociaux, qu'à faire front contre l'ennemi commun.

Cependant, loin de me laisser abattre par cette déception, je m'en nourri pour m'engager plus que jamais dans la défense de nos libertés de citoyens vivants dans un État de droit, sans avoir à renier en rien mon identité, ni à choisir entre la défense de cette dernière et celle de nos libertés, ni à choisir entre la défense de Julian Assange et celle de Tariq Ramadan, car abandonner l'une au nom de l'autre, ou l'une au profit de l'autre, reviendrait à abandonner les deux, puisque l'une et l'autre ne sont que les deux faces de la même pièce, celle de l'humain en lutte pour préserver son humanité.

Armé de cette conviction, je lance et renouvelle mon appel à destination de tous les citoyens épris de justice et de liberté, attachés à l'État de droit, pour nous mobiliser ensemble avec détermination au sujet du sort de Julian Assange, afin de mettre fin à l'enfer carcéral qu'il subit aujourd'hui dans une prison de haute sécurité en Grande Bretagne où il est incarcéré depuis le 11 avril 2019, pour seul crime d'avoir dévoilé la face sombre de nos démocraties et de leurs crimes contre les citoyens partout dans le monde, et de rester également vigilants face au traitement du dossier de Tariq Ramadan par la justice en France, où là aussi, le droit est bafoué au profit du politique.

Avec affection espoir et détermination

AbdouRahmane

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