APRES L'ETAT D'URGENCE LES MUSULMANS FONT FACE A L'ETAT DE VIGILANCE

“Les préfets devront utiliser tous les outils à leur disposition, comme les contrôles de l’hygiène ou de l’accessibilité, la réglementation des activités sportives ou de l’accueil des mineurs, la lutte contre les fraudes. Nous avons fermé plus de mosquées radicales en utilisant la législation de droit commun qu’à travers la loi de lutte contre le terrorisme”. (Christophe Castaner)

APRES L'ETAT D'URGENCE LES MUSULMANS FONT FACE A L'ETAT DE VIGILANCE

Les nouvelles mesures de "lutte contre le communautarisme islamique", le seul communautarisme désormais criminalisé dans la République en dehors de tous les autres, sont dorénavant en cours d'application comme le démontrent les chiffres fournis par le Ministère de l'Intérieur qui font état de la fermeture depuis février 2018 de 133 commerces et bars (bars radicalisés), 13 lieux de culte, 9 établissements culturels et associatifs et 4 écoles musulmanes et dont la dernière en date concerne l'IESH (l'Institut Européen des Sciences Humaines) de St Denis fermé ce mercredi 27 novembre 2019 sur décision de la Préfecture du 93 pour des “raisons de non conformité aux norme de sécurité”.

Comme l'indique le Ministre de l'Intérieur Christophe Castaner lui-même, “Cette méthode, nous allons l’appliquer à l’ensemble des départements pour mener une reconquête républicaine. Je vais mobiliser tous les services de l’État, précise le ministre de l’intérieur. Les préfets devront utiliser tous les outils à leur disposition, comme les contrôles de l’hygiène ou de l’accessibilité, la réglementation des activités sportives ou de l’accueil des mineurs, la lutte contre les fraudes. Nous avons fermé plus de mosquées radicales en utilisant la législation de droit commun qu’à travers la loi de lutte contre le terrorisme”.

On ne peut être plus clair pour comprendre que ces contrôles renforcés des normes de sécurité n'ont été réactivés que pour cibler particulièrement les établissements musulmans.

En effet, l’entrée en vigueur de ce calendrier et son accélération soudaine, trois semaines à peine après l'historique Marche du 10 Novembre à Paris pour dire "Stop à l'Islamophobie", hasard du calendrier bien sûr, ou au moment où les députés discutent de la reforme désastreuse des retraites au Parlement, et à quelques mois des élections municipales, en dit long sur l'instrumentalisation une fois de plus de l'islam et des musulmans comme chair à canon électoral pour accéder au pouvoir et imposer au peuple à travers cette diversion organisée des mesures sociales injustes qu'il n'accepterait pas en d'autres circonstances.

Il est grand temps de prendre cette classe politique à son propre jeu, en utilisant dans un premier temps l'agenda de la révolte populaire qui monte dans le pays en participant massivement à la Grève Générale du 5 décembre à laquelle appellent les syndicats contre la réforme des retraites que propose aujourd'hui le Gouvernement, en participant également massivement aux élections municipales à travers des listes indépendantes ou en soutenant des listes à même de battre les candidats du pouvoir pour lui envoyer le message de notre mécontentement vis-à-vis de sa politique de discrimination envers notre communauté.

En effet, comme nous l'avons souligné lors du Rassemblement Contre l'Islamophobie du 24 Novembre à Bordeaux, nous ne pouvons pas rester absents des grandes luttes pour la justice sociale, la justice égalitaire, la justice climatique qui soudent les citoyens dans le pays et nous focaliser que sur les sujets qui concernent l'islam et les musulmans en espérant être soutenus par le reste de nos concitoyens pour nous aider à faire valoir nos droits.

Soyons solidaires les uns des autres, un pour tous et tous pour un, et nous ferons valoir nos droits dans la République avec le soutien de nos concitoyens pour bâtir une société de paix et de tolérance, une société de la bienveillance au lieu d'une société de la vigilance à laquelle en appelle le pouvoir, qui opposera les citoyens les uns aux autres en instituant la délation entre eux.

Avec affection, espoir et détermination

AbdouRahmane

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