L'OPPOSITION EN EXIL DÉNONCE LES MÉFAITS DU RÉGIME D'OBIANG QUI DURE DEPUIS 40 ANS

L’OPPOSITION POLITIQUE ET LA SOCIÉTÉ CIVILE DE LA GUINÉE ÉQUATORIALE EN EXIL APPELLENT À UN RENOUVEAU DÉMOCRATIQUE EN GUINÉE ÉQUATORIALE AFIN DE METTRE FIN À LA DICTATURE PRÉSIDENTIELLE MISE EN PLACE DÈS L'INDÉPENDANCE ET POURSUIVIE PAR LE PRÉSIDENT OBIANG NGUEMA MBASOGO DEPUIS SON ACCESSION AU POUVOIR PAR LES ARMES.

RÉUNIS À MADRID POUR LE 3 AOÛT, JOURNÉE DE DEUIL NATIONAL POUR LES 310 OPPOSANTS ASSASSINÉS PAR LE RÉGIME DU DICTATEUR OBIANG NGUEMA MBASOGO QUI RÈGNE SANS INTERRUPTION ET SANS PARTAGE DEPUIS 40 ANS;

Nous, représentants de la société civile et des organisations politiques guinéennes en exil, réunis par un idéal: afin de mettre fin à la dictature et  de rétablir un État démocratique dans un climat harmonieux d'amitié et de compréhension avec l'Espagne, pays exemplaire pour sa maturité et sa politique, dans la phase de régénération démocratique que nous vivons au jour le jour.

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Les voix de la diaspora équato-guinéenne en exil doivent être entendues.

Nous voulons demander la participation directe de l'Espagne maintenant et toujours dans le processus de démocratisation de notre pays. Ni maintenant ni jamais, nous ne tiendrons rigueur de l'ingérence de l'Espagne dans les domaines de la transparence, de la démocratie, de l'égalité des droits ou du respect des droits de l'homme. Nous voulons donc que l'Espagne soit un allié fidèle dans notre cheminement vers la démocratie, le développement et le respect des droits de l'homme. Nous avons appris ici les valeurs que nous voulons appliquer dans notre pays, en étant suprêmes et compatibles avec notre idiosyncrasie (manière d'être particulière à chaque individu qui l'amène à avoir tel type de réaction, de comportement qui lui est propre), afro-hispanique.

L’opposition guinéenne et la société civile en exil dans son ensemble:

CONSCIENTS: que le peuple souffre de ce que la République de Guinée équatoriale vit aujourd'hui, après 50 ans d'indépendance, une période pire que jamais auparavant. Exploité par une famille et ses alliés, il est maltraité par un régime arrivé au pouvoir le 3 août 1979, sous le commandement du dictateur et assassin TEODORO OBIANG NGUEMA MBASOGO, directement lié aux crimes contre l'humanité commis pendant les onze années du dictateur Francisco Macías Nguema, lorsqu'il occupa les fonctions de capitaine, commandant et vice-ministre de la Défense de ce mauvais gouvernement, et au cours des quarante dernières années de prise du pouvoir, l'ESPAGNE et la communauté internationale ont suivi de près la douleur et la tragédie subie par le peuple, sous la dictature impitoyable dirigée aujourd’hui par le général Obiang Nguema.

CONSCIENTS également que la communauté internationale et l'Espagne ont été les témoins directs des conséquences de la persécution, des détentions, de la détention, de la torture, de la disparition et des assassinats, ont porté atteinte à ceux qui ont refusé de se soumettre à la cruelle dictature instaurée dans le pays après l"accession à l'indépendance, il y a 50 ans.

L'exportation de pétrole dans notre pays depuis plus de 20 ans a généré des millions de dollars de revenus pour la famille du dictateur, tandis que le niveau de vie de la Guinée équatoriale reste pour la majorité des citoyens inférieur au seuil de pauvreté; l'inégalité, l'injustice, la torture, les meurtres et les violations systématiques des droits de l'homme s'accentuent. Depuis la découverte du pétrole, ils avaient garanti que  pour notre pays émergent, le programme national Horizon 2020 n’a pas été atteint. L'éradication de la pauvreté était garantie, ainsi que l'accès pour tous à l'électricité, l'eau potable, la santé et l'éducation pour tous. Ces  promesses n'ont pas été tenues et ont échoué, et lors de la troisième Conférence économique nationale de l'année en cours, ils ont reculé de 15 ans l'atteinte de cet objectif en d"plaçant le curseur à l'année 2035, tce qui leur permettra de continuer à piller en toute impunité les ressources provenant du pétrole et du gaz

Ayant vérifié la froideur, le désintérêt et le nihilisme avec lesquels la communauté internationale et l'ESPAGNE accompagnent le peuple de Guinée équatoriale, soumis à une dictature sanglante et à un abandon historique et parfois méprisant. Toutes les demandes d’aide, de secours, de protection et d’assistance adressées par le peuple équato-guinéen aux pays, gouvernements et institutions de la communauté internationale par le biais d’une opposition en exil, la réponse unanime, récurrente revient en leitmotif «Que dit l’Espagne».

Étant donné que l'opposition au régime dictatorial du président Teodoro Obiang Nguema a toujours mené une lutte pacifique dans le respect des règles de coexistence des pays qui nous accueillent. Le dictateur Teodoro Obiang Nguema a choisi cette lutte pacifique pour montrer à l’opinion publique internationale que la paix sur son territoire est le résultat de la bonne gestion politique et sociale qu’il favorise. Or à l'inverse de ce qu'il affirme, dans le six tables de dialogue national qu’il a organisées, pour tout parti politique arrivé de l’étranger, ses dirigeants ont été handicapés, torturés, assiégés au siège de leur parti, emprisonnés. Ceux qui ont eu la chance de quitter le pays sont revenus en exil.

Nous avons toujours conditionnés notre participation à ces tables de dialogue à la participation active et directe de l'Espagne qui, sous son auspice et son contrôle permettra de donner aux politiciens et opposants expatriés toutes les garanties nécessaires de sécurité, de libre circulation, d'utilisation des médias nationaux et libres pour l'exercice de leurs activités politiques dans le pays.

Étant donné que depuis 2004, l'opposition équato-guinéenne exilée en Espagne vit un climat inexplicable d'abandon, de négligence et de relégation dans l'ostracisme, qui ne peut être justifié que par l'influence impressionnante et le poids économique du régime Obiang Nguema sur les factuels, les politiciens, les lobbyistes et les puissances étrangères qui le rencontrent, à la recherche de solutions économiques rapides et profitables, ayant pour contrepartie le silence, l’abandon et la sourde oreille susmentionnés de l’opposition guinéenne cloisonnée dans des lieux communs et vides par "manque d'unité".

Cela étant, quelles que soient les actions susmentionnées, le peuple de Guinée équatoriale est lassé des vieux discours racistes du dictateur Teodoro OBIANG, hérité de son prédécesseur Francisco Macias Nguema. Il est encore courant d'accuser l'Espagne, pour ses 200 ans de colonialisme, de néo-colonialisme, de vouloir piller les ressources naturelles et de soumettre la Guinée équatoriale à l'esclavage. Officiellement, le président Obiang a déclaré que les pays qui nous ont colonisés traversent actuellement une crise économique, alors que la Guinée équatoriale connaît un développement sans précédent.

Notre peuple en a également assez des tentatives de coup d'État orchestrées par le régime lui-même pour mettre fin aux ambitions des jeunes qui ont une pensée politique autre que l'orientation politique du régime. On estime que la dernière tentative du 24 décembre 2017 a été numéro 13 en 40 ans de dictature.

L’opposition politique et la société civile dans son ensemble, la Guinée équatoriale en exil, signataires de ce MANIFESTE, viennent exprimer au gouvernement du Royaume d’Espagne notre volonté de rester des interlocuteurs fidèles, fiables et sereins dans la solution urgente et tragique qui sévit depuis cinquante ans chez les résistants de la Guinée équatoriale; et que, au milieu de cette tragédie et de nos douleus, il n'hésite pas à faire appel à la puissance espagnole qui l'a accompagnée vers l'autonomie et l'a abandonnée dans le saut risqué vers l'indépendance.

Nous, en grande partie avec un voisinage en Europe, et plus particulièrement en Espagne, ne comprenons pas le silence des médias espagnols sur ce qui se passe en Guinée équatoriale. La dictature équato-guinéenne est intolérante dans toutes ses modalités. raisons pour lesquelles nous appelons l'attention de Monsieur le Président, du gouvernement Espagnol afin de mettre fin à la loi du silence adoptée par l'Espagne, car le dictateur Teodoro OBIANG jouit d'une totale impunité, car les voix capables de démanteler ce régime devant le monde international sont en Espagne, et le principal moteur de notre opinion est celui de l'État espagnol lui-même.

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POUR TOUT CE QUI PRÉCÈDE :

L’opposition équato-guinéenne et l’ensemble de la société civile en exil, représentant le peuple guinéen et sa diaspora nombreuse et inquiète, nous entendons, par l’intermédiaire des signataires de ce MANIFESTE souhaitons :

1. PARTAGER avec l'Espagne, avec la communauté internationale, la responsabilité de mettre fin à la longue tragédie qui a duré onze ans avec le président Macias Nguema et Obiang Nguema, et quarante ans avec le président Obiang Nguema seul, qui fait souffrir le peuple de la République de Guinée équatoriale.

2. OUVRIR UNE VOIE DE NÉGOCIATIONS entre les parties impliquées, à savoir Teodoro Obiang, son régime et l'opposition, sous la supervision de l'ESPAGNE et de la COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE, afin de parvenir à des accords négociés en vue de son retrait et de la fin de la dictature; sans traumatismes, ni pour lui ni pour son peuple, ni pour le reste du peuple guinéen et ce afin de permettre le retour des exilés en Guinée équatoriale par le biais d'un véritable AMNISTIE générale réelle et active, qui doit permettre la libération de tous les prisonniers politiques. qui sera le premier signe sans équivoque de la volonté politique du président Obiang Nguema et de son régime.

L’opposition politique et la société civile équato-guinéenne dans son ensemble qui est en exil et qui sont signataires de ce MANIFESTE, vient exprimer au gouvernement du Royaume d’Espagne notre volonté de rester des interlocuteurs fidèles, fiables et sereins dans la solution urgente et tragique qui sévit depuis cinquante ans chez les résistants de la Guinée équatoriale; et que, au milieu de cette tragédie et des douleurs qu'elle entraîne, elle n'hésite pas à faire appel à la puissance espagnole qui l'a accompagnée vers l'autonomie et l'a abandonnée dans le saut risqué vers l'indépendance.

Nous, en grande partie avec un voisinage en Europe, et plus particulièrement en Espagne, ne comprenons pas le silence des médias espagnols sur ce qui se passe en Guinée équatoriale. La dictature équato-guinéenne est intolérante dans toutes ses modalités. Mais, Monsieur le Président, comme nous le voyons, grâce à la loi du silence adoptée par l'Espagne, en raison du fait que le dictateur Teodoro OBIANG jouit d'une totale impunité, or les voix capables de démanteler ce régime devant le monde international sont en Espagne, et le principal moteur de notre opinion est celui de l'État espagnol lui-même.                                            

3. ASSUMER ensemble nos responsabilités afin de mettre en œuvre un projet de TRANSITION pour le peuple et la République de Guinée-équatoriale, qui passe par la création d'un instrument ou d'un GOUVERNEMENT TRANSITOIRE - qui, par le biais d'une procédure juridique - conseillés dans son élaboration par la COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE et l'ESPAGNE, afin de mettre en place dans tout le pays par le biais d'un REFERENDUM et la tenue d'élections présidentielles, afin de mettre fin à la transition.

4. Si le retrait d'Obiang Nguema et la fin de sa dictature sont acceptés, il faut supposer la réaction immédiate et énergique du CLAN Obiang qui n'hésitera pas à utiliser ses armes, visibles ou cachées, pour défier par la violence et le tumulte, la population non armée et non assistée; pour cela, l’opposition qui souscrit à ce MANIFESTE considère que ce processus serait une chimère s’il n’est pas soutenu, protégé et sécurisé, par une force d’interposition permettant son fonctionnement dans le pays sans intimidation.

5. L’opposition et la société civile en exil estiment que la réconciliation sereine et réglementée des intérêts économiques et des avoirs de l’Espagne, en Guinée équatoriale, avec les intérêts politiques, humains, sociaux et économiques de la Guinée est absolument nécessaire et indispensable. La guinée équatoriale devra permettre et garantir l'application scrupuleuse de la sécurité juridique des biens et des personnes qui scelle et priorise les relations entre l'Espagne et la Guinée équatoriale rétablie dans un état de droit social et démocratique.

6. Pour réaliser nos aspirations et en développer l'argumentation, l'opposition en exil réunie à MADRID à l'occasion de la journée de deuil national qui commémore le 3 août l'assassinat de 310 personnes considérés comme des martyrs de la liberté, a sollicité du Président du gouvernement d'Espagne une audience pour approfondir tous ces points avec la volonté d'aboutir.

 

 

 

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