OBIANG FAIT LA DÉMONSTRATION DE SON LEADERSHIP ANTI-DROITS DE L’HOMME

ALFREDO OKENVE, défenseur des droits humains équato-guinéen, agressé le 27 octobre s’est vu décerner le Prix franco-allemand des droits de l’Homme et de l’État de droit. Alors qu’il devait recevoir son prix à Malabo, il vient d’être arrêté sur ordre du dictateur OBIANG NGUEMA MBASOGO en présence des ambassadeurs de FRANCE, d’ALLEMAGNE et des ETATS-UNIS.

La Guinée équatoriale s’est glorifiée le 31 octobre dernier d’un démenti formel du parti présidentiel mensonger à propos des fausses informations concernant des agressions physiques à l’encontre de M. ALFREDO OKENVE militant des droits de l’homme en guinée- équatoriale et vice-président du Centre d’études et d’initiatives pour le développement de la Guinée équatoriale (CEID GE), dans ce même communiqué les porte paroles d’OBIANG contestaient l’attentat par balles commis à LONDRES contre le Président de la CORED et un membre de sa famille au lendemain de la condamnation par le Tribunal correctionnel de PARIS du président OBIANG NGUEMA MBASOGO a verser 5.000 euros à SALOMON ABESO NDONG.

Il s’agit aujourd’hui de relever les mensonges d’état d’un pouvoir aux abois qui ne sait pas comment nier tous les crimes qui lui sont reprochés, comme on va pouvoir s’en rendre compte preuves à l’appui.

Il convient de rappeler que ALFREDO OKENVE, défenseur des droits humains équato-guinéen, a été brutalement agressé le 27 octobre par des inconnus armés. Il a ensuite été abandonné dans une zone isolée dans la banlieue de Bata au nord-ouest de la Guinée équatoriale.

AMNESTY INTERNATIONAL nous rappelle que ALFREDO OKENVE, défenseur des droits humains équato-guinéen, a été grièvement blessé par des inconnus qui l’ont brutalement agressé. Le samedi 27 octobre, vers 20 heures, ALFREDO OKENVE se trouvait dans sa voiture avec son frère ; ils s’apprêtaient à quitter leur domicile, à Newton, un quartier de la ville de Bata.

Au moment où ils partaient, un véhicule est apparu et leur a barré la route. Deux hommes armés en civil en sont descendus et ont ordonné à ALFREDO OKENVE de sortir de sa voiture, lui disant :

« C'est toi, c'est toi que nous cherchons. »

ALFREDO OKENVE a insisté pour leur montrer ses papiers d’identité, mais les hommes ont commencé à le frapper et l'ont traîné jusqu'à leur véhicule. Ils sont partis avec lui, laissant son frère à l'intérieur de la voiture.

Ils ont alors emmené ALFREDO OKENVE dans une zone boisée et, pendant près de deux heures, l’ont roué de coups de crosse et de bâton sur tout le corps. Ils lui ont pris ses effets personnels, notamment son portefeuille avec ses papiers et un téléphone portable, avant de l'abandonner à Alep, un quartier de la banlieue de Bata. Grièvement blessé, ALFREDO OKENVE a tout de même réussi à marcher et à trouver de l'aide. Sa famille l'a emmené d'urgence à l'hôpital pour y faire soigner ses blessures, dont une lésion au pied gauche causée par un coup de couteau. Craignant pour sa sécurité, sa famille a refusé de laisser les médecins l'hospitaliser et l'a ramené chez lui après les soins.

Défenseur des droits humains et militant réputé, ALFREDO OKENVE dénonce depuis des années, au niveau national et à l’échelon international, les pratiques bien établies que sont les violations des droits humains et la corruption dans son pays, la Guinée équatoriale. Il est l'un des vice-présidents du Centre d'études et d'initiatives pour le développement (CEID), une organisation de développement active dans le domaine des droits humains.

Le 21 novembre 2018, JEAN-YVES LE DRIAN, ministre de l’Europe et des affaires étrangères, et son homologue allemand, HEIKO MAAS, ont annoncé le nom des lauréats du prix franco-allemand des droits de l’Homme et de l’État de droit. c’est ce qui a valu à ALFREDO OKENVE d’être récompensé par le prix franco-allemand des droits de l’Homme et de l’État de droit. Par la création de ce prix, ces deux pays ont réaffirmé leur engagement commun en faveur de la protection et de la promotion de ces droits qui conditionnent la paix, la stabilité et la justice dans le monde.Chaque année, les lauréats sont choisis à l’issue d’un processus de sélection associant le QUAI D’ORSAY et l’AUSWÄRTIGES AMT (l’Office des Affaires Étrangères Allemand) à partir de propositions conjointes des ambassades françaises et allemandes dans le monde. L’action des défenseurs des droits est indispensable pour sensibiliser l’opinion publique, mobiliser la société civile, soutenir les victimes de violation des droits de l’Homme et faire en sorte que les gouvernements mettent effectivement en œuvre les engagements auxquels ils ont souscrit. Le prix franco-allemand des droits de l’Homme et de l’État de droit a été créé pour rendre hommage à celles et ceux qui s’investissent corps et âme pour défendre les droits de l’Homme et dont l’action doit être saluée et soutenue.

ALFREDO OKENVE devait recevoir le 15 mars à 15 heures, lors d'une cérémonie solennelle au Centre culturel français de Malabo, le prix franco-allemand des droits de l’homme et de l’État des droits pour son travail de défense des droits de l'homme À cette occasion, la police d’OBIANG en a profité pour le faire arrêter à l'aéroport de Malabo alors qu'il s'apprêtait à embarquer pour un vol à destination de Madrid et en présence des représentants des ambassades française et allemande, qui devaient lui remettre le prix de la franchise.

Or, le président OBIANG a volontairement décidé de saboter la remise du prix en ordonnant la détention arbitraire du vice-président du Centre d’études et d’initiatives pour le développement de la Guinée équatoriale (CEID GE).

Le 15 au matin, la police a arrêté JOAQUIN MANGUE OBAMA, relâché quelques heures plus tard qui a été interrogé sur l'endroit où se trouvait ALFREDO OKENVE,

Dès lors, l'ambassade de France a informé par SMS tous les invités de la cérémonie que la remise de ce prix était reportée à une date ultérieure.

Pendant ce temps, ALFREDO OKENVE, également alerté par des parents et des amis, ainsi que par les différentes ambassades, serait allé se réfugier à l'ambassade de FRANCE et a avancé son retour afin de quitter le pays et de prendre son vol pour Madrid dans la nuit du 15 au soir, puisqu'il avait prévu de voyager le lundi 18 afin de poursuivre les examens médicaux et son parcours de soins consécutifs à la suite de l'agression brutale reçue en novembre 2018 et dont on peut affirmer sans risque qu’elle porte la signature du dictateur.

Les autorités "l'ont empêché de prendre l'avion pour l'Espagne", a déclaré MARIANO NKOGO, haut responsable de l'ONG. Il a ajouté qu'un avion militaire avait été affrété pour ramener ALFREDO OKENVE à Bata.

D'autre part, personne n’ignore que la voix d' ALFREDO OKENVE allait embarrasser OBIANG dans les jours qui viennent avec l'Examen périodique universel devant les Nations-Unies en Guinée équatoriale ou la demande d'adhésion de la Guinée équatoriale à l'Initiative pour la transparence de l'industrie extractive (EITI) devait être étudiée.

Cette nouvelle détention arbitraire devrait une fois de plus mettre en évidence le manque de volonté de changement du gouvernement de la Guinée équatoriale, pays qui siège au Conseil de sécurité des Nations Unies en tant que membre non permanent.

Compte tenu de cette situation et connaissant les antécédents des services de police et le traitement réservé aux détenus comme la plus récente détention et torture de PAYSA ELO AYETO, la COALITION CORED qui représente 20 partis politiques et associations en exil ainsi que le CEID GE souhaitent mettre en garde le pouvoir détenu d’une main de fer ensanglantée par le dictateur OBIANG NGUEMA MBASOGO sur la gravité de cette détention et exhorte le dictateur à mesurer les conséquences de sa énième violation des droits fondamentaux de ses citoyens et en particulier d'ALFREDO OKENVE qui vient d'être récompensé pour son leadership dans cette lutte.

Enfin, il est demandé aux organisations de la société civile nationales et internationales, à la communauté internationale en général et aux citoyens de s’associer à cette demande pour exiger la libération immédiate et la cessation immédiate de tous les actes d’intimidation contre ALFREDO OKENVE et tous ceux qui se battent pour les droits de l'homme.

Pour la COALITION CORED, tout ceci corrobore une fois de plus ce que nous dénonçons et met à néant les discours du dictateur OBIANG NGUEMA MBASOGO à la tribune de l’ONU, ainsi que les propos de son ministre des droits de l’homme qui est venu faire des invitations pour visiter la partie visible de l’iceberg des droits de l’homme en guinée équatoriale dont la face cachée vient de ressortir au moment opportun, pendant que le même discours était tenu à GENÈVE devant le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies (OHCHR), puis récemment encore par l’Ambassadeur de la république de Guinée équatoriale MIGUEL OYONO NDONG MIFUMU qui passe son temps à nier les évidences et à prononcer des contre vérités sur les enquêtes d’AMNESTY INTERNATIONAL qui est venu récemment encore au Quai d’ORSAY et devant le président du Groupe d’Amitié France-Guinée équatoriale pour tenter de faire croire au miracle démocratique de son pays... Tout cela éclate maintenant au plein jour et cet ambassadeur apparait pour ce qu’il est en matière de dissimulation de la vérité sur ce qui se passe en République de Guinée-équatoriale et n’est donc plus crédible pour porter la parole du président en tant qu’ambassadeur plénipotentiaire et extraordinaire, locataire d’un immeuble confisqué par la justice dans le cadre de l’affaire des biens mal acquis.

Une fois de plus, et à l’occasion de ce nouvel évènement, la COALITION CORED qui représente 20 partis politiques et associations en exil, ainsi que les 250.000 personnes qui ont fuit le pays et sont privés de leur droit de vote, demande à l’ONU, à l’UNION AFRICAINE et à l’UNION EUROPÉENNE, la création d’une commission d’enquêtes sur la torture qui est un crime contre l’humanité ainsi que sur l’assassinat des 310 personnes qui ont tenté de barrer la route au président OBIANG pour se maintenir au pouvoir sans partage depuis 39 ans.

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