DROIT DE RÉPONSE AU DISCOURS DE L'AMBASSADEUR EN FRANCE DU PRÉSIDENT OBIANG

DROIT DE RÉPONSE AUX AFFIRMATIONS ET AU DISCOURS PRONONCÉ À PARIS LORS DE LA COMMÉMORATION DU 50ème ANNIVERSAIRE DE L’INDEPENDANCE DE LA GUINÉE ÉQUATORIALE QUI A EU LIEU LE 12 OCTOBRE 1968 ET QUI A ÉTÉ CÉLÉBRÉE PAR L’AMBASSADEUR DE LA GUINÉE ÉQUATORIALE EN FRANCE LE 1er DÉCEMBRE 2018.

Il n'est pas possible de laisser dire sans réaction ce qui a pu être dit et prononcé lors d'un discours fait par l'Ambassadeur en France de la République de Guinée équatoriale, sans réagir au nom des 250.000 personnes qui ont quitté la guinée équatoriale en laissant le champ libre à un pouvoir sans le moindre partage avec une réelle opposition, raison pour laquelle pour la clarté des explications, le discours est repris point par point pour relever les contre vérités qui ont été dites, mais qui ne tromperont pas les esprits avisés.

Pour une meilleure lisibilité, le discours de l'Ambassadeur est en italique et notre réponse suit et est donnée point par point

L'ambassadeur : Chers amies et amis de la Guinée Equatoriale,

On s’étonne que dans ce discours qui selon le site internet dévoué à l’Ambassade (LAOTRAVOZ) qui nous annonce lors de cette cérémonie une multitude des représentants des organismes internationaux, il n’y ait aucun ambassadeur ou diplomate ou personnalité particulière à citer au début du discours.

Je vous remercie d'honorer de votre présence cette célébration du 50è anniversaire de l'Indépendance de mon pays, la République de Guinée Equatoriale. Notre Indépendance a été proclamée le 12 octobre 1968.
Avec cette commémoration, nous autres, Equato-Guinéens, réaffirmons les valeurs d'unité, de paix et de justice qui ont guidé les leaders et martyrs de cette noble cause. Et qui, cinquante ans plus tard, demeurent des valeurs phares de la Nation.

Oui, effectivement au titre des martyrs on peut citer la liste des 310 personnes qui ont été assassinées par le régime actuel pour lui permettre de se maintenir au pouvoir depuis un demi siècle avec un pouvoir sans partage avec un faux multipartisme et pour laquelle il est inutile de prétendre que les cadavres n'existent pas, les familles des défunts qui sont derrière nous en tant que partie civile savent exactement ce qui s'est passé.


Cinquante ans, à l'échelle humaine, ce sont des noces d'or. Cinquante ans à l'échelle d'un Etat, cela permet de mesurer le chemin parcouru.

En ce soir de fête qui nous unit, je souhaite partager avec vous ce cheminement.

Tout a commencé en 1471 quand l'explorateur portugais Fernao do Poo (Fernão do Pó) a découvert ce qui allait devenir l'île de Bioko où se situe aujourd'hui notre capitale, Malabo.

Cette île est restée sous contrôle portugais jusqu'en 1778, date à laquelle elle a été cédée aux Espagnols.
La partie continentale du pays, située à cheval entre le Cameroun et le Gabon, est, elle, passée sous domination espagnole en 1900.Cette colonisation a durée 200 ans, deux siècles, qui nous ont laissé comme principal héritage la langue et la culture espagnoles. Nous sommes le seul pays hispanophone d'Afrique, ce qui nous confère indéniablement une identité particulière.


Malgré les martyrs, notre processus de décolonisation a été plutôt pacifique.

Parce qu'il a découlé d'une négociation avec l'Espagne, sous l'impulsion du Comité de décolonisation des Nations Unies. Et non d'un conflit.

Mais malgré cette exemplarité dans la séparation, le pays s'est trouvé bien démuni au lendemain de son Indépendance. L'Espagne avait certes renoncé à sa tutelle mais elle nous a abandonné du jour au lendemain, sans ressources humaines ni infrastructures pour nous permettre de voler de nos propres ailes.


Ce n'était pas là le seul drame qui nous attendait. Francisco Macias a été librement élu Président de la République en septembre 1968 et le pouvoir lui a été transféré par les Espagnols le 12 octobre de la même année.
A peine cinq mois plus tard, le 5 mars 1969, le ministre des Affaires étrangères de Francisco Macias, qui s'appelait Atanacio Ndong Miyone a fomenté une tentative de coup d'Etat. Il était soutenu par des intérêts coloniaux espagnols. Ces événements tragiques ont précipité mon pays dans une dictature qui a duré onze longues années... de ténèbres.


Mesdames et messieurs, mes amis,

C'est avec une émotion certaine que j'aborde cette phase sombre et mortifère de l'Histoire de mon pays.
Francisco Macias a en effet instauré un régime sanglant qui a coûté la vie à nombre de mes concitoyens. Il a interdit les partis politiques, à l'exception du sien, a emprisonné et fait exécuter des centaines de dissidents. Il a aussi arrêté ou expulsé les enseignants et les prêtres qu'ils soient espagnols ou équato-Guinéens. Cela a entraîné la fermeture des écoles et des églises. Les Equato-Guinéens ont fui par milliers.

Aujourd’hui, cette situation a perduré, il est vrai que l’actuel président OBIANG NGUEMA MBASOGO (né en 1942) a été dès les premiers jours de l’élection de son oncle Francisco MACIAS appelé à le suivre - alors qu’il n’avait que 26 ans au moment de l’arrivée de son oncle à la magistrature suprême - à travers différentes fonctions.

Cinq ans avant l’arrivée de l’indépendance, OBIANG NGUEMA MBASOGO intègre en 1963 les cadets de la garde territoriale puis, la même année, l'Académie générale militaire de Saragosse (Espagne) et se spécialise dans la conduite de véhicules militaires. Il commence sa carrière militaire en 1965 dans la garde territoriale de Guinée équatoriale à Mikomeseng et a été nommé ensuite responsable de la prison de BLACK BEACH et c’est à cette époque que OBIANG NGUEMA MBASOGO (ONM), qui était un modeste responsable de cette prison, a assis son pouvoir face aux prisonniers en les faisant dévorer sur un simple ordre donné au Sergent ONDO ELA et répercuté au chien "COPÉ" qui accomplissait,  à la manière des crocodiles de Amin DADA, cette sale besogne.

En 1969, son oncle, Francisco MACIAS NGUEMA est élu président de la République. Celui-ci lui offre le poste de commandant de l'armée et des régions militaires de la capitale. L'année suivante, toujours par son oncle, il est promu au ministère de la Défense en tant que directeur général de l'approvisionnement et de la planification.

En 1975, il prend la tête des forces armées puis est nommé vice-ministre des Forces armées populaires en 1979.

La même année, il renverse son oncle, prend le pouvoir à l’occasion d’un coup d’État qui fera plus de 600 morts enterrés à la hâte dans des fosses communes. Comme président du Conseil militaire suprême, il fait juger et exécuter son oncle Francisco MACIAS NGUEMA par un tribunal militaire qui à l’issue d’un procès expéditif le condamne à la peine capitale sans la moindre possibilité d’appel.

La sentence n’a pas pu être exécutée par des soldats équato-Guinéens, raison pour laquelle le colonel OBIANG NGUEMA MBASOGO a demandé l’aide de la garde marocaine pour procéder à l’exécution funèbre de son oncle.

TOUT CECI PERMET D’AFFIRMER QU’EN FAIT, LE PRÉSIDENT OBIANG NGUEMA MBASOGO A ETE ASSOCIE AU POUVOIR PAR SON ONCLE DES LE DEBUT DE L’INDEPENDANCE et qu’en fait il a eu l’accès au pouvoir suprême depuis un demi siècle et non pas depuis 39 ans.


Alors, aujourd'hui, quand on juge la Guinée Equatoriale, je voudrais, je vous demande, de vous souvenir d'où nous venons et d'avoir en mémoire la tragédie humaine, politique et économique qui a frappé mon pays. Dans l'indifférence de la communauté internationale.

J'ai coutume de dire que nous sommes venus au monde deux fois : une première fois le 12 octobre 1968 et une seconde fois, le 3 août 1979.

Car Oui, c'est bien le coup d'Etat du 3 août 1979, dirigé par Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, officier supérieur, qui a libéré le pays de la dictature et lui a permis de rejoindre le 20è siècle. Sachez que chez nous, un libérateur ne sera jamais considéré comme un dictateur...

Vous savez, il en a fallu du courage à ce groupe d'officiers, réunis en Conseil militaire, pour déposer le tyran.

Du courage... aussitôt arrivé au pouvoir et décidé à s'y maintenir, c'est avec l'aide de 3.050 militaires marocains, recrutés par OBIANG NGUEMA MBASOGO, que l'on pourrait qualifier aujourd'hui de "mercenaires", qu'il a réussi à asseoir son pouvoir. C'est ainsi que 3.000 d'entre eux furent affectés pour la police et l'armée et 50 pour sa sécurité personnelle

Leurs premières mesures ont été d'urgence : rétablir l'ordre et la loi, et assurer la transition jusqu'à l'élaboration d'une nouvelle Constitution démocratique.

Puis, en 1982, les Equato-Guinéens ont démocratiquement élu le Président Obiang à la magistrature suprême.

En réalité contrairement à ce qui est indiqué par l’Ambassadeur, le 22 août 1982 a eu lieu la proclamation des résultats du référendum sur une nouvelle Constitution avec une majorité de 95,38 % de oui. Par contre OBIANG NGUEMA MBASOGO a été élu président de la République le 12 juin 1989 avec 99,96 % des voix, ce qui est un résultat qui semble trop beau pour être vrai.


Il a aussitôt initié un processus de réconciliation nationale et de développement s'articulant autour d'axes majeurs: l'éducation, les infrastructures, la santé, le développement social ainsi que le volet politique.

En fait, c’est dès le début de cette période que le président OBIANG NGUEMA MBASOGO a commencé à éradiquer l’opposition en créant de multiples partis politiques dévoués à sa cause et qui avaient pour unique objet de se rallier au parti présidentiel dans la dernière ligne droite du vote.

Pour financer tout cela, selon wikipedia, la richesse du président Obiang et de sa famille semble provenir pour une bonne part du trafic international de drogue. Quelques années plus tard, en février 1997, l'International Narcotics Board, dans son rapport officiel, plaça la Guinée équatoriale parmi les neuf narco-États africains. La Dépêche internationale des drogues, publiée par l'observatoire géopolitique des drogues de Paris, publia en août de la même année : « Depuis 1988, plus d'une dizaine de diplomates ou membres de la famille présidentielle ont été arrêtés à cause du trafic des drogues dans différents pays. »


La découverte, miraculeuse, d'importants gisements de pétrole en 1995 a donné le coup d'envoi du décollage économique de la Guinée Equatoriale et rendu cette ambition possible.

En fait on découvre aujourd’hui que le volet infrastructure a permis au Président OBIANG NGUEMA MBASOGO, président par ailleurs de la société d’État GEPETROL de s’enrichir à titre personnel puisque sa fortune personnelle a été évaluée par FORBES à 600 millions de dollars.


Le volet le plus abouti sont les infrastructures publiques : routes et autoroutes, aéroports, ponts, ports, centrales, logements sociaux, hôpitaux... Pendant deux décennies, la Guinée Equatoriale a été un chantier à ciel ouvert.

Ces infrastructures dont les coûts sont élevés ont permis de découvrir que d’importantes commissions étaient versées « en dessous de table », lesquelles sont réapparues dans l’affaire dite des biens mal acquis et dans différents scandales concernant la découverte de biens immobiliers et mobiliers ainsi que des comptes bancaires à l’étranger.


Contrairement à ce que l'on peut entendre chez nos détracteurs, le volet social a toujours été primordial. Il a fallut bâtir en un temps record un système de santé, un système éducatif incluant des écoles primaires, des écoles secondaires, des universités, des centres de formation professionnelle. La route est longue mais nous avançons.

Selon Human’s Rignt Watch (rapport 2017), plus de la moitié de la population équato-Guinéenne n’a pas accès à de l’eau potable sûre à proximité, un taux qui reste inchangé depuis 1995. Les taux de vaccination des enfants ont chuté de façon spectaculaire depuis la fin des années 1990 et sont parmi les pires au monde. Par exemple, le taux rapporté pour la vaccination contre la tuberculose chez les nouveau-nés et les nourrissons était de 99 pour cent en 1997, 64 pour cent en 2014 et 35 pour cent en 2015, dernière année pour laquelle des données sont disponibles.

La Banque mondiale estime que 60 pour cent des décès sont le résultat de maladies transmissibles ou de maladies maternelles, prénatales ou liées à la malnutrition, maladies qui sont évitables.

De plus, une enquête auprès des ménages a constaté qu’un enfant sur quatre présente un retard de croissance en raison d’une mauvaise nutrition et que les deux tiers sont anémiques, comme c’est le cas de la moitié des femmes.

Contrairement à ce qui est inscrit dans la Loi Fondamentale, l’instruction n’est pas gratuite et de ce fait une grande partie des enfants ne peut accéder à l’enseignement scolaire, 42 pour cent des enfants en âge d’aller à l’école primaire – soit 46.000 enfants – n’étaient pas scolarisés, le septième plus mauvais taux de scolarisation au monde, essentiellement dépassé par les pays déchirés par la guerre. La moitié des enfants qui commencent l’école primaire ne terminent jamais le cursus, et moins d’un quart de ceux qui continuent accèdent au niveau scolaire intermédiaire. Les scolarisations tardives et les taux de redoublement élevés signifient que les âges dans une classe donnée peuvent varier considérablement. En 2012, seuls 57 pour cent des élèves étaient scolarisés au niveau correspondant à leur âge, un recul de dix points de pourcentage depuis 2000, d’après l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO.

Par ailleurs dans le domaine de la santé, la situation est catastrophique par l’absence de possibilité d’accès aux soins gratuits, ce qui fait qu’une grande partie de la population n’y a pas accès, qui plus est la meilleure illustration de ce déficit sanitaire est vérifié par le fait que tous les dignitaires du régime vont se faire soigner à l’étranger.


Enfin, le volet politique. Le Président Obiang a introduit le multipartisme dès 1992 en reconnaissant l'existence et l'utilité de douze formations politiques. Aujourd'hui, nous comptons une vingtaine de partis politiques et plus de 80 associations de la société civile.

Contrairement à ce qui est indiqué, le vrai multipartisme n’existe pas, il s’agit en fait d’une multitude de partis politiques créé sous l’influence du Président OBIANG NGUEMA MBASOGO et qui ont pour vocation de se rallier à lui automatiquement dès qu’il y a une élection.


C'est dans ce cadre que nous avons organisé des tables rondes avec toute l'opposition à six reprises ces dernières années.

Ceci est une vue de l’esprit, l’opposition en exil n’a jamais été véritablement conviée, elle a même demandé que pour des raisons de sécurité celles-ci se tiennent à GENÈVE (SUISSE), ce à quoi le Président devant ses militants et en public a prétendu qu’on voulait le faire venir en suisse pour l’assassiner.

Ce qui est l’inverse, car aucune garantie réelle n’a jamais pu être donnée à l’opposition en exil pour venir participer à une véritable table de dialogue, la loi d’amnistie proposée qui est le piège habituel tendu à l’opposition pour venir interpeller ses membres et les mettre en prison n’a pas été prononcée effectivement avant la table ronde, de plus elle devait être assortie de la libération de tous les prisonniers politiques et une force internationale et des observateurs internationaux devaient assurer la garantie et la sécurité des membres de l’opposition qui seraient venus assister à cette table ronde.

Le Dialogue est et restera notre credo.

« Dios mio » comment peut on affirmer une chose pareille au vu de ce qui précède, lorsque l’on sait ce qui se passe, alors que le seul et unique député d’opposition élu a été jeté en prison le lendemain de son élection et qu’il n’a jamais pu siéger au parlement, que son parti a été interdit et dissous et que l'enquête sur un militant que le Président a déclaré comme étant malade à l'hôpital a été torturé à mort et que l'enquête promise par le Président à RFI et à FRANCE 24 lors de son interview télévisée n'a jamais eu lieu.

Qui plus est, les sympathisants qui avaient manifesté leur opposition à cette arrestation arbitraire ont été arrêtés, mis en prison et condamnés à des peines de plus de 40 ans de prison, ce qui était un acte visant à leur faire comprendre qu’ils seraient libérés le jour ou OBIANG NGUEMA MBASOGO ne serait plus de ce monde.


Aujourd'hui, comme tout un chacun peut le constater, la Guinée Equatoriale est un pays politiquement stable où la paix sociale règne.

Effectivement si l’on jette en prison le moindre opposant, et que l’on va même dénicher à l’intérieur du parti présidentiel des militants dont on découvre que certains sont juges ou militaires et qu’ils sont conduits en prison en raison de leurs idées, on peut parler de politique stable en matière de dictature.

En ce qui concerne la paix sociale, on assiste à des scènes de rues qui sont filmées par les équato-guinéens montrant la population en train de se faire justice elle-même en provoquant de graves blessures à des délinquants dont le principal tort est celui de commettre des délits pour pouvoir vivre, faute d’emploi ou de possibilité de trouver une aide sociale.

C'est pour cette raison qu'il n'y a pas d'Equato-Guinéens parmi les migrants qui tentent, au péril de leur vie, de rejoindre l'Europe.

Erreur, on trouve des demandeurs d’asile politique en ESPAGNE et même en FRANCE, l’Ambassadeur ne peut pas l’ignorer et nous en tenons la liste et nous les assistons chaque fois que cela est possible, comme on ne peut pas ignorer que plus de 250.000 équato-Guinéens ont fuit le régime pour ne pas se faire assassiner comme les 310 opposants qui ont osé barré la route au président OBIANG NGUEMA MBASOGO pour se maintenir au pouvoir.

Un exemple actuel, n’en déplaise à Monsieur l’Ambassadeur aveugle sur ce qui se passe dans son pays : nous pouvons affirmer preuves en mains que ce n'est pas exact et mensonger car, à titre d'exemple au passage, un médecin et une sage femme qui auraient du rester en Guinée équatoriale ou le système de santé est particulièrement insuffisant et défaillant, ayant appris leur arrestation prochaine ont été obligés de quitter dans la précipitation le pays pour venir se réfugier en France, pour ne pas se faire arrêter, emprisonner, torturer et assassiner comme tous ceux qui sont morts ou disparus pour avoir osé s’ opposer au régime en voulant barrer la route au dictateur OBIANG NGUEMA MBASOGO.

Ce couple avec enfants qui a du tout abandonner en guinée-équatoriale dans l'urgence, a rejoint les 250.000 personnes qui ont fuit le régime pour ne pas se faire assassiner et sont venus en France demander le statut de réfugié politique.


Nous réaffirmons, et j'insiste sur ce point, notre volonté d'avancer sur les questions des libertés et des droits de l'homme. Notre marge de progrès demeure réelle. Nous le savons. Mais nous n'avons pas besoin de bonnes consciences pour nous le rappeler

Effectivement, être parmi les bons derniers de la planète en matière de liberté de la presse ou les 2 chaînes de télévision ne parlent que du président et de ses bienfaits au point que l’on entend le nom d’OBIANG comme la sonnerie régulière d’une pendule qui martèle le rythme de vie de la population. Dernièrement encore, l’Ambassadeur a affirmé avoir donné 500.000 euros à un organe de presse en FRANCE pour encenser le mandataire équato-guinéen, à moins que ce soit pour passer sous silence ce qui se passe réellement en guinée-équatoriale.

Donner un demi million d’euros à un seul organe de presse en dit long sur la capacité de ce gouvernement représenté par l’ambassadeur en FRANCE pour tenter « d’acheter la presse » par des contrats faramineux.

Malgré ces compromissions, la Guinée-équatoriale apparait :

  • à la 171e place dans le classement mondial de la liberté de la presse 2017
  • au 138e rang sur 188 pays pour l'indice de développement humain du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), une mesure du développement économique et social. Son score est similaire à celui du Ghana et de la Zambie, malgré un revenu par habitant qui est plus de cinq fois supérieur


Aujourd'hui, il n'y a plus de détenus politiques en Guinée Equatoriale. En effet, nous avons amnistié ou gracié toutes les personnes qui avaient été condamnées pour des raisons politiques ainsi que tous les détenus de droit commun ayant ou ayant eu des activités politiques...

Les vrais détenus politiques sont en prison


Donc, aujourd'hui, personne ne peut se prévaloir d'être en exil politique à l'étranger... si ce n'est de son plein gré.

Malgré le fait que l’Ambassadeur insiste sur ce point, nous lui apportons à nouveau la contradiction sur ce point très précis, le couple de médecin et de la sage-femme évoqué plus haut en est un, mis en cause par le simple fait que des membres de leur famille auraient été impliqués dans le soi-disant nième coup d’état qui a servi de prétexte à désigner comme coupables des membres de la famille présidentielle ainsi que le fils du ministre de l’intérieur, d’emprisonner un ambassadeur, des membres du parti présidentiel, des magistrats, des militaires, et bon nombre d’innocents qui ont servi de prétexte à une épuration politique indiscutable.

Il faut une dose supérieure de mauvaise foi pour oser affirmer que personne ne peut se prévaloir d’être en exil politique à l’étranger. Non seulement il y a un nombre très important de réfugiés politiques qui sont membres des 20 partis politiques et associations en exil regroupés au sein de la COALITION CORED, mais le régime équato-guinéen lance des opérations d’assassinats des opposants comme on a pu le voir en ESPAGNE, au ROYAUME UNI et ailleurs, et récemment encore, par le kidnapping d’un opposant réfugié en ESPAGNE et l’autre en ITALIE qui ont été attirés dans un piège pour faire en sorte qu'ils ne puissent pas faire partie des parties civiles dans le procès qui va avoir lieu devant la Cour d'appel de Paris pour l'affaire des biens mal acquis.

Oui, il s’agit donc de véritables opérations de séquestrations sur un territoire étranger (le TOGO) pour procéder à l’enlèvement de 2 personnalités membres de la CORED qui devaient témoigner devant la Cour d’Appel de PARIS dans l’affaire des biens mal acquis contre le fils OBIANG, lesquels sont maintenant détenus et torturés à la prison de BLACK BEACH à MALABO (Guinée équatoriale).

Tout ceci, en violation de tous les accords internationaux et notamment de la Convention de l'ONU du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés, dite Convention de Genève ce qui n'est pas digne d'un État qui siège au Conseil de sécurité de l'ONU qui ne peut ignorer les textes et conventions de cette Organisation internationale qui a protégé le statut des réfugiés par cette convention adoptée le 28 juillet 1951 par une conférence de plénipotentiaire sur le statut des réfugiés et des apatrides convoquée par l'Organisation des Nations Unies, en application de la résolution 429 (V) de l'Assemblée générale en date du 14 décembre 1950, complétée en 1967 par le Protocole relatif au statut des réfugiés


Là encore, je demande que l'on juge aussi la Guinée Equatoriale sur ses acquis et ses progrès et pas seulement sur son passé

A ce sujet, le rapport : « Une manne du ciel ? » documente comment, du fait de la corruption, les dépenses du gouvernement ont été détournées des investissements indispensables dans la santé et l’éducation publiques au profit de grands projets d’infrastructures. S’appuyant sur plus d’une décennie de documents budgétaires confidentiels et sur les rapports d’institutions financières internationales, ce rapport montre que le gouvernement équato-Guinéen a largement négligé les services de santé et d’éducation en violation de ses obligations en matière de droits humains. Au lieu de cela, le gouvernement a dilapidé la majeure partie des richesses pétrolières du pays dans des projets d’infrastructures à grande échelle, dont bon nombre présente une utilité sociale contestable et risque d’ouvrir la porte à la corruption. Le Fonds monétaire international a estimé que ces projets d’infrastructures coûteraient la moitié du budget national en 2016. Human Rights Watch a recueilli des preuves indiquant que de hauts responsables du gouvernement ont des intérêts dans des sociétés qui obtiennent des marchés de construction publics, y compris le président et sa famille.


Au sujet de notre politique extérieure, la Guinée Equatoriale a su développer une diplomatie active qui est aujourd'hui reconnue en Afrique.

S’il s’agit de remercier des États complices capables de participer à des opérations de kidnapping et de séquestrations d’opposants, on ne peut que regretter que cette diplomatie active serve à permettre à la dictateur de continuer ses exactions.


A l'Indépendance, nous étions isolés au milieu des pays francophones d'Afrique Centrale. C'est devenu le chantier majeur de notre diplomatie : nous intégrer à ce bloc.

Dans les faits, cela s'est traduit par l'adoption du franc CFA en 1985, par le rattachement à la Francophonie en 1989 et par l'adoption du français comme deuxième langue officielle.

Langue officielle que le président actuel essaye de renier en se tournant d’ailleurs vers les organisation lusophones. En ce qui concerne le franc CFA qui a servi initialement au développement du pays on sait ce que le président actuel en pense par ses déclarations publiques lors de la CEMAC.


Depuis, la Guinée Equatoriale a étendu son rayon d'action diplomatique. A la CEMAC et à son rôle au sein de l'Union Africaine bien sûr.

Plus globalement, mon pays se veut l'ardent promoteur d'une coopération Sud-Sud.


Nous avons également créé le Prix international Unesco-Guinée Equatoriale. Il prime, tous les deux ans, des scientifiques contribuant à améliorer la qualité de la vie. Ainsi qu'un fond fiduciaire de 30 millions de dollars au sein de la FAO pour la sécurité alimentaire en Afrique.

La CORED a suffisamment posé de questions restées sans réponse sur l’origine du financement de ce prix issu d’une Fondation portant le nom du président et qui a fait l’objet d’un règlement initial par chèque bancaire d’un montant de 3 millions de dollars émis par une banque étrangère sur un compte également étranger d’origine douteuse au lieu du règlement par la Fondation ou le Trésor Public.


Enfin, nous débloquons régulièrement des budgets d'urgence pour les pays africains en situation de crise ou de catastrophe naturelle.

L’urgence c’est surtout ce qui se passe dans le pays ou 80% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté.


Bien sûr, mondialisation oblige, nous avons noué des relations de partenariat avec d'autres pays tels que les Etats-Unis, la Chine, l'Inde, la Turquie, la Corée du Sud, le Brésil ou les pays du Golfe Persique.
Vous l'aurez compris, en filigrane, je veux en venir aux relations entre la Guinée Equatoriale et la France. Soyons honnêtes, elles ne sont pas ce que nous aimerions qu'elles soient. Ni ce qu'elles ont été dans le passé. A cette chère amie, la France, je dis aujourd'hui que nous comptons sur elle plus qu’hier car il est rare une amitié qui dure. Et que l'amitié appelle un dialogue franc et transparent.

Si cela était vrai, il y a longtemps que l’affaire de l’immeuble de l’avenue FOCH serait close, faut-il rappeler que cette affaire avait été montée de toutes pièces pour permettre au fils OBIANG de bénéficier d’une immunité diplomatique qu’il n’avait pas en raison de son poste de ministre devenu vice-président et qui lui avait été refusée précédemment par le service du Protocole de l’UNESCO, pour sa demande d’accréditation en tant que responsable de la Délégation permanente de la Guinée équatoriale auprès de cette Organisation.

Qui plus est, le transfert de l’Ambassade du boulevard de COURCELLES à l’avenue FOCH a été effectué manu militari par l’Ambassadeur de l’époque sans l’accord préalable du Quai d’Orsay et qui plus est, aujourd’hui l’Ambassade est installée dans l’attente de la décision de la Cour de Justice de LA HAYE, dans un immeuble saisi par la justice française dans le cadre de l’affaire dite des biens mal acquis...

Voilà comment on souhaite un dialogue franc et transparent.

Mais c'est avec dépit et tristesse que j'observe que ces relations jadis fructueuses sont en berne, plombées semble-t-il par des dossiers judiciaires et les intrigues d'obscurs intérêts.

L’intérêt est celui de la Justice, et si celle-ci existait en Guinée-équatoriale, les coupables auraient été condamnés sur place sans que la justice internationale s’en mêle comme ce fut le cas aux USA ou en FRANCE et maintenant en SUISSE, en ESPAGNE et au BRÉSIL.


Je ne puis me résoudre à ce que nos chemins se séparent ni à cet éloignement qui est devenu le nôtre. Donc une nouvelle fois, sur instruction du Président Obiang, la Guinée Equatoriale en ce soir de fête tend la main à son partenaire, à son amie, la France.

Cette main tendue, la COALITION CORED l’a tendue aussi au président actuel, mais ce fut à chaque fois un piège visant à éradiquer l’opposition en exil par des actions souterraines et non en mettant en place un véritable dialogue.


Normalisons nos relations. Rétablissons ensemble un climat de confiance ; construisons un avenir reposant sur les intérêts communs et les bénéfices mutuels.

L’intérêt pour la République de Guinée-équatoriale serait que tous les opposants en exil puissent revenir pour participer au développement économique du pays en lui faisant bénéficier de leurs connaissances, de leurs relations commerciales, car seul un véritable régime démocratique débarrassé de la corruption permettra le retour des investisseurs nécessaires à la reprise économique du pays.


Parlons-nous en toute franchise !

C’est ce que l’opposition en exil qui regroupe 20 partis politiques et associations en exil tente sans succès depuis bien longtemps, mais que chaque jour les propos tenus par l’Ambassadeur et son équipe de militants aveugles sur l’avenir du pays prolongent par des accusations mensongères qui ne résistent pas à la réalité des faits. La franchise est le gage de la réalité.


Mesdames et Messieurs, je vous remercie pour votre attention.

Comme vous pouvez vous en rendre compte, il n'était pas possible de laisser dire ce qui a été dit sans y apporter quelques corrections nécessaires à ces éléments de langage qui ne reflètent pas la réalité,. Sous des aspects bienveillants se cache une réalité cruelle qui a fait fuir non seulement les opposants, mais aussi les investisseurs qui sont encore mieux informés sur ce qui se passe en guinée équatoriale, par les témoignages de ceux qui ont tout perdu, raisons pour lesquelles l'opposition en exil attend un réel changement démocratique dans ce pays dont 80 pour cent de la population vit en dessous du seuil de pauvreté

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