Désespoir, suicide et (dé)confiture aux fraises, faute de mieux. 1

Edi(depret)to de moi.

François Descraques, un artiste principalement connu pour ses créations numériques, a récemment dit que "dans le dialogue, il fallait privilégier la poésie plutôt que le sens littéral".

Et en y repensant : nom de Zeus qu'il a raison, mais ça n'a rien à voir avec ce qui va être abordé ensuite.

Alors clarifions tout de suite le "pourquoi" et le "comment" de cet article.

J'ai envie d'écrire sur ce qui s'passe autour de moi avec la plus grande fidélité par rapport à mon vécu (et non pas par rapport à la réalité). Le but n'est pas tant de me dédouaner vis-à-vis de certaines inexactitudes, que de me permettre d'utiliser le pronom "Je" et toute la subjectivité associée.

J'entends aussi par-là que le capharnaüm standard de mes articles sera bien présent ici aussi. Et toc.

La vista politique est passée par la fenêtre

Le Brexit n'en finit plus. Ce qui devait être un moment de grâce démocratique souverainiste face aux errements lobbyistes et anti-démocratiques de l'Union Européenne, se transforme en ... errement pitoyable du parlement britannique. À chaque vote pour ou contre une motion autorisant ou interdisant la sortie du Royaume-Uni de l'UE, la réponse est "no". Cela peut paraître rigolo dit comme ça, un moment loufoque comme un autre, si nous n'étions pas totalement en feu de partout.

Bien.

En premier lieu, il y'a le dérèglement climatique. Les politiques ne le prenne au sérieux que depuis 4 ans (2015 à peu près), mais la menace s'amplifie et occupe le quotidien de quasiment chaque citoyen du monde.

En deuxième lieu, il y'a le feu à l'activité politique humaine. Et là, faute de ne visiblement pas aborder l'évidence, on va devoir un peu détailler.

Depuis 1991 nous avions bénéficié d'une certaine forme de paix. Certes 2001 était venu un peu chambouler le tout, tout comme la crise économique de 2008 ; mais globalement, ça allait plutôt bien.

Le problème quand on est sur une pente ascendante, c'est non seulement de détecter la phase descendante mais aussi ce qui se cache derrière. Et là, on n'a pas pu compter sur nos politiques pour ça.

La première des non-évidences évidentes, c'est le delta énorme entre les vieilles et les nouvelles générations. Lorsque l'on parle de ça, on entend souvent les premières comme celles ayant vécu les trentes glorieuses entre 1946 & 1973, ainsi qu'un nombre décroissant de gens des générations suivantes jusqu'à la mienne, celles de la société de communication (1990-2019) qui constituent la "nouvelle génération".

Si vous êtes attentif, vous commencez à apercevoir que, de ceux qui ont l'âge de voter, les plus anciens sont encore les plus nombreux, car de ma génération, une partie n'est même pas encore majeure.

Or, les premiers sont atteints de symptômes typiques de leur époque, à savoir : ils propagent des "fausses nouvelles" (7 fois plus que nous), souhaitent presque uniquement consommer (#GiletsJaunes, même si je les soutient, il n'en reste pas moins que beaucoup n'ont pas comme priorité de défendre l'environnement) et enfin, ils sont encore porteurs de valeurs cardinales qui ont fait leur succès dans les trente glorieuses, mais qui aujourd'hui sont vues comme des positions rétrogrades sur tout un tas de sujet.

Sans oublier que bons nombres de figures "rebelles" de leur époque, ceux qui ont participé à Mai 68, se sont totalement rangés dans le système qu'ils critiquaient alors. Voir Daniel Cohn-Bendit, Bernard Henri-Lévy, etc.

Bref, les conservateurs (principalement des vieux) et les démocrates (principalement des jeunes) commencent à être de plus en plus divisés sur tout un tas de sujets aux USA, alors que chez nous, c'est pire. Ce ne sont pas deux mais au moins trois écoles, qui commencent à apparaître. Deux chez les souverainistes et une chez les européistes (ou fédéralistes). Or, la force la plus unie gagne, logique.

Donc, toutes les années 2010 auront été dédié à aborder de nouveaux sujets (l'écologie, le genre, l'économie circulaire, etc.) que "nous les jeunes" avons porté et les années 2020 risquent de ne pas les voir se concrétiser malgré l'urgence.

D'abord parce que, même si les décès aidant nous commençons à nous débarrasser des "baby-boomers", il faut reconnaître que l'augmentation de l'espérance de vie ne joue pas en notre faveur, et qu'ensuite la génération tampon (1973-1989) joue terriblement bien son rôle de ralentisseur actuellement (merci Macron, millésime 1977).

Or, les échéances s'enchaînent et les divisions s'accumulent. Politiquement, Trump semble immortel car gagnant ses paris, et ceux qui s'affèrent à simplement le ridiculiser se ridiculisent eux-mêmes ... et tout cela va peut-être se payer d'une manière (violente) ou d'une autre (politique) aux présidentielles américaines de 2020. Ensuite, le Brexit va probablement avoir lieu aussi en 2020, d'une manière (violente) ou d'une autre (politique). Au même moment, les élections municipales françaises de 2020 vont voir combattre trois, voir quatre forces à égalité, dans la seule élection autorisant les quadrangulaires, cela risque d'être sanglant, d'une manière (violente) ou d'une autre (politique), surtout dans les endroits divisés comme Lyon. De plus la récession économique devrait commencer au second semestre 2019-début 2020, provoquant des remous d'une manière (violente) ou d'une autre (politique). Et enfin, l'ONU avait prédit que 2020 serait la dernière année pendant laquelle nous pourrions intervenir de manière décisive sur le dérèglement climatique et certains y réfléchissent d'une manière (violente) ou d'une autre (politique).

Et malgré tout ça, presque aucun politique ne semble prendre la mesure énorme des problèmes, à une époque où, l'éducation aidant, chaque tête coupée contiendrait presque un Lavoisier.

Alors, on est pas bien là ?

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.