Mécanique personnelle.

Mai 2019, continuation de "Mécanique", l'article témoignant du monde politique actuel. Cette fois-ci, abordons quelque chose de plus personnel.

Mes articles, c'est toujours le foutoir.

C'est normal, à peine ai-je terminé une pensée, qu'une autre arrive ; et je ne me relis jamais. Ce n'est pas un principe, juste de la stupidité.

J'engage celui-ci avec une intention floue, juste une envie d'écrire, c'est ma période, c'est ainsi. Mais je sais qu'il terminera forcément mal.

Faut dire que je me force à écrire et à ne surtout jamais effacer. En 2011 j'avais démarré une BD avec des vraies "pépites" en terme de blagues. Un jour j'ai tout effacé, je le regrette chaque jour depuis. C'est pas être colérique que de faire ça, c'était juste de la stupidité. J'pensais que ça ne valait rien, et en général s'ensuit un comportement auto-destructeur. Donc maintenant dans ces cas-là, la règle, c'est de ne toucher à rien.

L'écriture n'est pas un exercice si difficile. Il permet de témoigner de tout un tas de choses "objectives" comme subjectives sans l'aléa de la spontanéité, celui qui guide à l'incompréhension, au peu de subtilité. Bref, ce que je hais, parce que ça force à se répéter.

Hier c'était une journée spatiale, dans tous les sens du terme. L'armée algérienne se retourne contre Bouteflika, le président de l'Algérie depuis 30 ans ; surréaliste. Les algériens de ma génération n'ont connu que lui et en un mois ils risquent de devoir utiliser leurs capacités cognitives pour réinventer l'Etat comme aucun pays développé ne l'a jamais fait dans l'histoire contemporaine.

On dit ça comme ça, mais à partir du moment où Bouteflika se barre, ils sont partis pour au bas-mot 10 ans de batailles politiques, voir pire. Mais il vaut mieux que de se faire inscrire sur la liste des pays ayant vécu sur la rente pétrolière qui ont échoué à diversifier leur économie. La Syrie, la Libye, le Yémen. Des zones de non-droit qui s'additionnent et nous pose problème.

Pendant ce temps-là, l'écologie va bien. Elle est abonnée à la même solitude que moi. C'est pas si mal quand tout le monde vous fout la paix. Enfin, vous dans le futur, vous savez pour moi et elle, moi pas encore. Et j'ai l'impression que prendre du temps pour réfléchir est bénéfique pour l'être humain.

Tous font la course à qui obtient son diplôme le plus tôt, puis qui a un emploi le plus tôt, puis qui va vraiment se rendre compte que son emploi est un bullshit job le plus tôt.

C'est moche.

Je hais travailler. Au sens du travail contemporain. Ça consiste basiquement à mieux se vendre pour être acheté, utilisé et vendre des trucs à ses autres contemporains.

Quitte à m'user, j'préférais le faire avec mes envies et mes compétences.

Des fois, je me dis que je produis de la culture ; ça c'est quand j'ai une haute opinion de moi-même. Sinon je rejoins l'avis général pour dire que je suis une grosse loque.

Le regard des autres est pesant à ce propos. Quand on ne trouve pas réellement son utilité sociale ou que la société ne vous trouve pas utile dans le rôle que vous avez, bah ... c'est dur, très dur. Pourtant on peut avoir l'impression d'être compétent ou d'offrir quelque chose d'intéressant. Mais le monde ne fonctionne pas comme ça. Il faut être agressif et s'imposer commercialement, philosophiquement, offrir une pratique concurrentielle intéressante.

D'la merde.

Mais disons, et c'est pour ça que j'écris, que je commence un peu à me réarmer. Replacer des mots par-ci, des mots par-là ; qualifier des choses, blaguer sur d'autres. Vivre. C'est en partie grâce à une personne qui rayonne assez fortement en ce moment, c'est Vaimalama Chaves. Je serais une personnalité publique on m'accuserait de vouloir la draguer, mais comme presque personne ne lira ça, j'aurais le droit à la présomption d'innocence.

Elle est intéressante, elle a réussie à se sortir de situations dans laquelle je me suis trouvé ces dix dernières années. L'obésité, j'y ai pas été longtemps mais je connais et j'ai fréquenté des abonnés. Le harcèlement scolaire, j'en ai fais le tour de France ; littéralement. Le manque de confiance en soi, les opinions marquées, être persévérant et honnête dans les pires des tempêtes : déjà vu, déjà fait.

Je tends à croire par expérience personnelle que c'est grâce à ça qu'on devient des bonnes personnes. Mais pour une personne aussi brillante tant intellectuellement que médiatiquement, combien d'échecs et en ferais-je partie ? Le doute est le luxe de l'exploité, ici pas de chemin tracé.

 

 

 

 

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