L'armement de la police - Une nécessité, vraiment ?

Lors de cette élection présidentielle, Philippe Poutou s'est fait remarquer par sa déclaration, souhaitant "désarmer les policiers", allant dire que ces derniers "ne se seraient pas fait tirer dessus sur les Champs-Elysées" si tel avait été le cas. Si cette déclaration a suscité un court débat, elle est aussi un bon moyen pour les policiers et leurs détracteurs d'exercer leur mauvaise foi.

I. "Les policiers britanniques ne sont pas armés et tout va bien"

Cette assertion, souvent faite par des journalistes ou des citoyens pour défendre le désarmement de la police, dénote d'une absolue ignorance de la police britannique. Souvent d'ailleurs, les policiers "britanniques" ou "anglais" sont en faites là pour désigner tous les policiers de la Couronne du Royaume-Uni.

Or, ni les policiers britanniques (de l'île de Grande-Bretagne), ni les policiers de la Couronne (du Royaume-Uni dans son entièreté), ne sont désarmés.


 

A. Les policiers britanniques

Le modèle de police de la Couronne (dit modèle britannique par abus de langage) diffère sur bien des points des modèles américains et français. 

D'un côté une police technicienne & administrative (ie.dont les pouvoirs sont issus de l'administration) avec des policiers formés sur le long-terme (au moins 2 ans de formation initiale + 2 ans d'expérience sur le terrain), et une forte proportion à la police de proximité, même en police judiciaire, et une synergie notable avec les autres services d'Etat (probation officers, social workers, etc.).

De l'autre, deux modèles de police assez similaires aux nôtres, avec des policiers assez peu formés (entre 6 et 12 mois), très armés, voir militarisés, comme l'achat de MRAP (véhicules résistants aux mines) récemment pour les antennes RAID ou pour les police department américains, ou de fusils d'assaut pour les unités de première intervention. Les deux ayant une doctrine très répressive reposant sur la police judiciaire, c'est-à-dire la police dont les pouvoirs sont issus de la justice.

Evidemment, les policiers britanniques n'ont pas, comparé à leurs homologues d'outre-Manche & Atlantique, un arsenal équivalent, pourtant leur armement existe.

1. Les PIE ...

Les 150 000 policiers sur l'Île de Grande-Bretagne sont armés du Taser, aussi appelé Pistolet à Impulsion Electrique, et de la matraque télescopique. Ces deux armes sont à la hauteur des risques encourus par les officiers sur l'Île : des risques faibles à l'exposition aux armes à feu. 

Et pour cause, la Grande-Bretagne a une législation sur les armes à feu extrêmement stricte. Il est par exemple nécessaire d'avoir une licence de tir, plusieurs autorisations étatiques, pour détenir une arme à feu en 22LR, qui chez nous nécessite une simple déclaration en préfecture.

Mais ce n'est pas tout : par son statut d'île et ses approches extrêmement surveillées et compliquées, la Grande-Bretagne est protégée des importations du marché noir, quasi-inexistant en Grande-Bretagne.

2. ... et les SCO

Néanmoins, la Grande-Bretagne n'est pas tout à fait à l'abri de failles dans son système, et des armes à feu peuvent se retrouver sur l'île, provenant bien souvent d'Irlande. C'est pourquoi chaque police maintient des policiers armés, à peine 6500 au total, de différentes natures.

Les ARV ou Armed Response Vehicles, sont les primo-intervenants, équivalents aux BAC françaises, ainsi que les renforts systématiques en cas de suspect armé, d'arme à feu ou non.

Les TST ou Tactical Support Teams sont des groupes armés en appui de groupes non armés comme les détectives, ce sont l'équivalent de nos Groupes d'Appui Opérationnels que l'on retrouve dans différents services comme les Stups, la DGSI, etc.

Enfin, les SCO ou Specialist Firearms Command, sont des policiers rompus aux techniques avancées de libération d'otages de faible intensité et d'interpellation de terroristes de premier niveau. Ils sont équivalents à nos pelotons d'intervention de 2è génération ou aux anciens GIPN (désormais antennes du RAID). Ils représentent le haut niveau de réponse armée de toutes les polices britanniques.

Au-delà d'un certain niveau d'intensité ou de dangerosité, ou lorsque des moyens spéciaux (explosifs, etc.) doivent être utilisés, ce sont les personnels militaires des SAS & SBS (Special Air Service et Special Boat Service), les forces spéciales de la Royal Army et de la Royal Navy, qui ont mandat pour intervenir.

Tous les policiers des ARV, TST & SCO sont des policiers expérimentés qui ont terminé leurs 2 ans de formation, leurs 2 ans de probation et possédant 2 ans d'expérience comme connétables titulaires (PC - Police Constabulary). À cela peuvent s'ajouter des sélections, les SCO recrutant par exemple des agents ayant 4 ans d'expérience en TST après 1 mois de sélection et 2 mois de formation.

B. Les policiers de la Couronne

Comme exposé précédemment, la Grande-Bretagne bénéficie de situations juridiques et géographiques particulières que ne possède ni la France, ni les Etats-Unis. Les deux ayant des frontières terrestres, soit ouvertes, soit trop grandes pour avoir une efficacité réelle ; et possédant des lois sur les armes plutôt, voir très permissives dans le cas des USA.

Pour retrouver des conditions similaires sous la Couronne, il suffit de soit de traverser la Manche, soit la mer d'Irlande ; car le Royaume-Uni possède bien des frontières terrestres avec l'Irlande, donnant lieu d'ailleurs à des conflits armés, et avec l'Espagne via Gibraltar.

C'est à tort que souvent les affirmations péremptoires sur l'armement des policiers de la Couronne fleurissent.

1. PSNI - Police Service of Northern Ireland

Le service de police d'Irlande du Nord (PSNI) succède au Royal Ulster Constabulary en 2001, ce dernier ayant été jugé trop partisan dans la guerre menée contre l'Irlande car composé quasi-uniquement de chrétiens catholiques.

De plus, des traités mettant fin au conflit disposent d'une certaine autonomie de l'Irlande du Nord vis-à-vis de la Couronne, en organisant des gouvernements indépendants, dont d'ailleurs un ministère de la justice nord-irlandais.

À ce titre les gouvernements nord-irlandais peuvent décider de l'armement ou non de son service de police.

Or, en raison de la présence d'une frontière commune avec la République d'Irlande, qui possède à la fois une législation plus souple sur les armes à feu et un marché noir florissant dû à l'ex-présence de l'IRA, la criminalité nord-irlandaise peut souvent bénéficier d'armes que ne peut pas espérer le banditisme britannique ; comme des lance-roquettes ou des AK-47 en bon état, et parfois même quelques lances-missiles.

C'est pourquoi les services de police irlandais mais aussi les gardes civils de certains bâtiments, sont armés de pistolets semi-automatiques (Glock 17) et de pistolets-mitrailleurs. Et ce, alors que les attentats ont très lourdement chutés, pour atteindre un niveau équivalent à celui de la France avant les attentats de Novembre. Ne reste plus que quelques plastiquages de bâtiments officiels qui ne font aucune victime, comme quelques actions du FLNC en Corse.

Ce ne sont donc pas les attentats ou l'ancienne présence de groupes paramilitaires qui justifient de l'armement des policiers nord-irlandais, mais bien la présence d'armes sur le territoire, légales, semi-légales (arme légale en importation illégale depuis la République d'Irlande) ou illégales.

2. RGP - Royal Gibraltar Police

À Gibraltar, les conditions géographiques particulières rendent aussi non-nécessaires l'équipement des policiers en armes à feu.

La très petite taille de Gibraltar et la facilité à en contrôler l'unique frontière sont les principales raisons de ce non-armement, d'autant que la loi espagnole aussi rend compliquée l'achat d'armes, car tous les propriétaires doivent se rendre aux postes de la Guardìa Civil pour retirer leurs armes. Le nombre de propriétaires légaux et semi-légaux est donc négligeable, et le nombre de possesseurs illégaux à Gibraltar quasi-inexistants.

Pourtant, certains gardes civils et frontières, plus exposés statistiquement, sont quant à eux équipés d'armes à feu en standardisés ; souvent des pistolets et des fusils d'assaut pour stopper d'éventuels véhicules qui tenteraient de pénétrer en territoire de Gibraltar avec des marchandises illégales, notamment de la drogue venant du Maroc depuis les ferrys ou d'éventuels armes illégales venues d'Espagne.

II. "Les policiers français ne sont pas assez armés et sont visés"

L'on peut constater que la position britannique sur les armes de leurs policiers ne relèvent pas d'une posture idéologique mais de réflexions stratégiques et d'adaptations régionales ; contrairement aux postures idéologiques du NPA ou, comme nous allons le voir dans cette partie, des policiers français.

Car la France, plus que le Royaume-Uni, n'est pas une nation cohérente, mais un assemblage de territoires sur tous les continents, tous les océans, et si les postures et doctrines actuelles sont cohérentes avec le territoire de France métropolitaine, la question de l'armement peut se poser à plusieurs reprises et sous différentes formes.


 

A. Les Territoires d'Outre-Mer

Les territoires français sont variés et ne connaissent ni les mêmes criminalités, ni les mêmes problématiques, ni les mêmes besoins. Pourtant, la police des DOM-TOM est quasiment toujours la même : la Police Nationale s'occupe des grandes villes (Tahiti, Nouméa, Saint-Denis, etc.) et les gendarmeries, départementales et mobiles s'occupent des 95% restant, avec des rotations de gendarmes dits "métros" (venant de métropole).

L'organisation, pour le reste, de ces polices restent similaires aux conditions métropolitaines, à l'exception de Wallis-et-Futuna qui échange les policiers municipaux et gardes-champêtres pour des gardes territoriaux adaptés aux droits coutumiers locaux, notamment à la royauté.

Sinon, les conditions d'armement sont les mêmes, tous les policiers sont armés, sauf les policiers municipaux et gardes-champêtres (ou leurs équivalents) dont l'armement dépend des maires (ou leurs équivalents).

1. La Réunion, la Polynésie Française, Wallis-et-Futuna, la Nouvelle-Calédonie, Saint-Pierre-et-Miquelon & Mayotte

La Réunion présente des caractéristiques générales assez proche de la Grande-Bretagne, et l'on pourrait imaginer aisément un désarmement assez conséquent des polices présentes pour ne garder que les tasers et matraques télescopiques. Néanmoins les marchés légal et semi-légal sont très courants à la Réunion et les incidents par armes à feu de même. La violence, selon les chiffres de l'ONDRP, y est plus haute proportionnellement, qu'en métropole. 

Toutefois, la police réunionnaise pourrait aspirer à un désarmement dans le futur. Et il en va de même pour les îles statistiquement équivalentes comme la Nouvelle-Calédonie et Mayotte, où les armes blanches prévalent et non pas les armes à feu.

Mayotte ayant la particularité d'être proche d'autres îles, celles des Comores et pouvant être soumise à des armes illégales parvenant de ces territoires, il faudrait y être attentif et préparé en cas de désarmement.

Ensuite, les territoires pouvant dès à présent prétendre à un désarmement généralisés sont plus nombreux. Saint-Pierre-et-Miquelon, qui ne présenterait aucune difficulté à le faire dès à présent, ainsi que Wallis-et-Futuna, gagneraient à le faire pour éviter les bavures comme celle de Paea, en Polynésie Française.

La Polynésie Française d'ailleurs, dont l'archipel est extrêmement désarmé et assez peu violent en moyenne, pourrait gagner à ne pas être armé d'armes à feu, et à faire appel à une "main d'oeuvre" locale de police, plus adaptée à la population. La création d'une police régionale du Pacifique avec des écoles communes avec Wallis-et-Futuna et la Nouvelle-Calédonie serait envisageable.

2. La Guyane & les Antilles 

La Guyane, par la composition de sa criminalité (les orpailleurs clandestins, les trafiquants de drogue) et sa position dans une zone extrêmement dangereuse sous bien des aspects, ainsi que par sa frontière commune avec le Brésil, rend impossible un désarmement, même dans un futur proche. Au contraire, l'utilisation de militaires dû à la très haute intensité (sur une échelle policière et non militaire) de certains combats et à la technicité du milieu jungle, rend compte du niveau de la lutte contre la délinquance dans la région.

En cela, on serait encouragé à valider une surenchère à l'armement, à appeler les hélicoptères de combat Tigre pour nettoyer certains camps à la roquette, et pourtant cela serait une erreur grave, pourtant parfois évoquée pour la faible intensité du grand banditisme marseillais ...

Les Antilles en opposition ont des particularités qui invitent à se questionner quasiment île par île. Saint-Barthélémy par exemple, du fait de l'aisance de sa population, de son très faible taux de criminalité et de ses conditions d'accès très difficiles (uniquement par l'aéroport bien connu pour son approche) ; rendent possible un désarmement immédiat de ses policiers, tout en préparant une éventuelle réponse armée "au cas où", privilégiant le qualitatif au quantitatif.

La réponse est très légèrement plus ténue pour Saint-Martin où la criminalité est partagée avec l'ex-dépendance néerlandaise Sint-Maarten, et où certains incidents peuvent avoir lieu, mais le désarmement avec réponse armée pourrait y être autant envisageable.

Pour la Guadeloupe et la Martinique en revanche, les réponses sont négatives et même un peu critiques. Sans une politique économique, urbaine & sociale, l'île risque bien de basculer dans une violence poussée et l'armement y est là-bas généralisé du côté de la délinquance. Il faudrait investir dans une réponse locale "britannique" invoquant tous les acteurs sociaux, médicaux, judiciaires, économiques, urbains et policiers, et peut-être même refonder la police selon un modèle local (ce qui, en passant devrait être fait en France dans son entièreté). Et l'armement devrait suivre des recommendations locales pour ne pas être ni corrosives, ni naïves.

B. Les différentes polices

Nous allons quitter les questions d'ordre territorial pour nous concentrer sur les différents armements des polices de France.

D'un côté les polices d'Etat : la Police Nationale, la Gendarmerie Nationale, les Affaires Maritimes, le trio de l'environnement (ONF, ONCFS, ONEMA) et les Douanes.

De l'autre les deux polices municipales : les gardes-champêtres et les policiers municipaux.

1. L'armement de la Police d'Etat

En polices d'Etat, les armements sont standardisés depuis longtemps, à part le trio de l'environnement, tous utilisent des armements similaires depuis les années 70. Le Manhurin MR73 était en service, ainsi que le MR88 dans l'ONF, l'ONCFS et l'ONEMA mais tous utilisaient le même calibre 38SP. Depuis 2002 et jusqu'en 2022, tous les services utilisent des pistolets de 9mm, le SIG SP2022 sauf pour l'environnement qui utilise des Glock 17.

Ces choix différents pour les polices spécialisées dans l'environnement est assez logique, les distances d'engagement, lorsque engagement il y'a, sont plus longues et les risques moins grands. Ce sont donc des armes souvent à canon plus long pour une meilleure précision à longue portée, et des armes beaucoup moins chères (2 fois moins chères dans le cas du Glock 17 par rapport au SP2022).

Ensuite, il faut préciser les entraînements de chacune des administrations. À niveau d'intervention équivalent les gendarmes sont toujours mieux formés. 

Par exemple, au premier niveau d'intervention, appelé "Intervention professionnelle" et qui concerne tous les policiers et gendarmes de France, ainsi que tous les assimilés policiers (douaniers, affaires maritimes, etc.), les gendarmes ont un cran d'avance sur leurs collègues, bénéficiant d'une formation militaire de 3 mois au moins comprenant des enseignements vitaux comme les déplacements et placements tactiques qui évitent les tirs fratricides.

La liste d'enseignement que n'ont pas les autres policiers est très longue, mais devient plus parlante au niveau le plus haut, celui du RAID et du GIGN.

Unités comparables pour l'oeil de néophyte ou du Ministre de l'Intérieur quel qu'il soit, le GIGN est bien en avance de son camarade, ce qui explique les non-ratés de ce dernier, par rapport aux énormités que nous avons pu constater lors de l'Affaire Merah, de l'appartement de Saint-Denis ou du Bataclan.

Le GIGN bénéficie évidemment de son background militaire qui lui permet d'accéder à des opérations ... militaires, notamment en Afghanistan, mais aussi au travail avec des unités d'élite comme les Commandos Marine ou le 1er RPIMa. 

Les Tireurs de Précision du GIGN ont par exemple les capacités de tir jusqu'à une distance de 1800m, et jusqu'à 800m depuis un hélicoptère, lorsque les capacités de tir max. des tireurs de précision du RAID sont jusqu'à 400m, soit la capacité de tirs de n'importe quel soldat de l'Armée de Terre.

Aussi, le fait que chaque année les gendarmes doivent remettre leurs connaissances militaires apprises en formation initiale, leur donne une supériorité technique d'expérience sur la tactique et les déplacements que n'ont à aucun moment les gardiens de la paix, les douaniers ou tout autre office civil.

Enfin, l'utilisation d'explosifs est par exemple une capacité unique au GIGN, souvent louée par des agences étrangères, notamment belges.

Qualitativement cela a un impact évident sur les unités d'élite, mais aussi les interventions professionnelles, souvent kafkaïennes pour la Police Nationale avec des disciplines d'utilisation de l'arme à feu critiquables.

Si la question de l'armement n'est donc pas réellement à l'ordre du jour, celle de l'entraînement mériterait de faire éclat dans le débat public.

2. L'armement des polices municipales

Nous touchons à l'incohérence. La question de l'armement des polices municipales est à la fois sensible et terriblement idéologisée.

Les gardes-champêtres, formés 3 mois, bénéficient d'une autorisation à l'armement très souple. Le maire a une liberté totale de l'armement de ses gardes-champêtres avec des fusils d'assaut, et même, avant 2014, des grenades ! D'autant que la formation à l'armement n'était pas obligatoire, et ne le sera pas avant 2018.

Les policiers municipaux formés entre 6 et 12 mois selon leurs grades, sont quant à eux bien plus limités que leurs collègues, ainsi que les réservistes des polices d'Etat. Seuls l'attentat de Nice commencera à faire poser des questions sur l'armement des policiers municipaux, alors armés de très vieux revolvers 6 coups en 38SP (ceux abandonnés en 2002 par la police d'Etat) ou des pistolets en 7.65mm (abandonnés à la suite de la première guerre mondiale pour leur inefficacité). 

Ici, le poids médiatique de la peur d'une bavure (alors qu'aucun garde-champêtre surarmé et non-formé n'a jamais bavé) a pris le pas sur la décence. Ces policiers marqués "POLICE", visés comme les autres (Aurélie Fouquet et Clarissa Jean-Philippe en étant des preuves) sur les mêmes territoires que les policiers qui ont besoin d'un armement, et même parfois sur le même territoire que les gardes-champêtres, n'ont pas le droit de recevoir l'armement adéquat.

Pire que ça, les gardes-champêtres, s'ils peuvent éviter d'être marqués de leurs qualités, car aucun uniforme n'ayant jamais été décidé pour eux, les policiers municipaux, et c'est bien heureux, portent les insignes les trompant régulièrement avec des collègues d'Etat.

Question de formation qui plus est, les policiers municipaux sont, eux depuis longtemps, astreint à la même formation que les policiers étatiques, avec une formation initiale à l'armement de plusieurs jours et une formation continue de 50 cartouches par an. 

C'est peu, mais c'est le minimum de tous les policiers (et gendarmes), de plus beaucoup de municipalités dérogent à ces règles, uniquement positivement, avec des policiers qui atteignent le millier de cartouche par an et une bonne moyenne de 300/an.

L'incohérence, et l'injustice, flottent donc en étendard des polices municipales, qui n'ont obtenu le droit au pistolet en 9mm qu'en 2017, soit 25 ans après l'arrivée des premiers pistolets en 9mm dans les polices françaises, et 15 ans après la standardisation étatique à ce calibre.

Les réservistes d'Etat ont, comme les gardes-champêtres, le droit aux pistolets mitrailleurs, et ce avec n'importe quelle munition, y compris des 7.62 OTAN.

Les policiers municipaux n'ont évidemment pas le droit à ça, puisque uniquement aux armes de poing en .38SP, 7,65mm ou 9mm, mais ne peuvent pas prendre, comme tous leurs collègues des munitions à tête blindée pour transpercer les pares-brises ou gilets pare-balles. 

Montrouge et Nice pourraient donc se reproduire devant les yeux des policiers municipaux, dont certains ne sont pas, et ne seront jamais armés. Auront-ils à courir comme les civils autour d'eux, malgré leur uniforme ? Ou auront-ils à ne pas porter d'uniformes comme les gardes-champêtres pour éviter d'être pointés du doigt ?

 

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