Le curé supérieur à l'instituteur ?

 "Dans la transmissions des valeurs ... l'instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé, même s'il important qu'il s'en approche, parce qu'il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d'un engagement par l'espérance." C'est ce qu'a déclaré le président NS lors d'une visite en Décembre 2007 au Vatican. En tant que petit-fils d'un instituteur hussard noir de la République des années 1930, celà me ferait pleurer, si les larmes pouvaient sortir, je ressens plutôt une rage sèche, devant une telle provocation de celui qui me représente.

 

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"Dans la transmissions des valeurs ... l'instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé, même s'il important qu'il s'en approche, parce qu'il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d'un engagement par l'espérance." C'est ce qu'a déclaré le président NS lors d'une visite en Décembre 2007 au Vatican. En tant que petit-fils d'un instituteur hussard noir de la République des années 1930, celà me ferait pleurer, si les larmes pouvaient sortir, je ressens plutôt une rage sèche, devant une telle provocation de celui qui me représente.

 

La réponse de François Bayrou, c'est celle de beaucoup en France qui croient au ciel ou qui n'y croient pas, voilà quelques extraits de son livre Abus de pouvoir :

 

"Mais de quoi je me mêle ? De quel droit le représentant d'une république laïque peut-il proférer de tels jugements ? Indécents, des deux côtés. Une vocation, ce n'est pas le sacrifice d'une vie, c'est l'accomplissement d'une vie. Et on peut donner sa vie à l'enseignement comme on donne sa vie à l'apostolat ... il ne sait pas ce que c'est que l'espérance d'apprendre à lire et à compter, l'espérance qu'il y a à transmettre la langue française, l'espérance qui donne des repères à l'enfant qui sera homme. Et qu'est-ce qu'enseigner, si ce n'est donner corps à l'espérance ? Et je me sens personnellement insulté, moi qui suis baptisé et citoyen ... Quelle injure, quelle gifle à ceux qui précisément ont donné leur vie, ont tout risqué, agnostiques ou athées, pour construire la liberté de croire ou de ne pas croire ... France de Pascal, et France de Voltaire, et France de Montaigne ... Et je n'accepte pas comme citoyen que ces gens avec leurs grosses pattes et leurs gros sabots viennent nous expliquer, à nous enfants des "hussards noirs", que la morale doit forcément être liée à une religion, qu'il n'y a pas de morale sans dieu, et quel que soit le dieu. Et je n'accepte pas comme baptisé qu'avec les mêmes grosses pattes et les mêmes gros sabots, ils viennent nous expliquer que la religion se résume à la morale. Et la France de Pascal se dresse autant que la France de Hugo contre ces profanations ... Et de tout cela, on ne sait pas bien s'il faut rire ou pleurer."

 

Aragon l'a formulé autrement dans son poème "La rose et le réséda" :

"...

Et quand vient l'aube cruelle
Passent de vie à trépas
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Répétant le nom de celle
Qu'aucun des deux ne trompa
Et leur sang rouge ruisselle
Même couleur même éclat

Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas

..."

 

 

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