Allègre ou le divorce entre la science et la politique

Qu'il est triste de voir le sort réservé en France aux sciences en général, et aux scientifiques en particulier dans le monde de la politique. Un bon exemple est le débat actuel sur Claude Allègre, ex-ministre de l'Education Nationale du gouvernement Jospin, et surtout ex-scientifique et qui est présenté par le journaliste Colombani comme le futur pôle "scientifique" du gouvernement Fillon, rien que ça.

Qu'il est triste de voir le sort réservé en France aux sciences en général, et aux scientifiques en particulier dans le monde de la politique. Un bon exemple est le débat actuel sur Claude Allègre, ex-ministre de l'Education Nationale du gouvernement Jospin, et surtout ex-scientifique et qui est présenté par le journaliste Colombani comme le futur pôle "scientifique" du gouvernement Fillon, rien que ça.

 

Alors que le président des Etats-Unis Obama nomme des prix nobel de Physique pour le conseiller sur les questions scientifiques dans l'administration de la Maison Blanche, le président de la France nous promet un futur super ministre chapeautant la "Recherche, l'Innovation et l'Industrie" (bref la Science au service de la Société), mais le "gros" problème c'est qu'il choisirait... l'ex-scientifique Claude Allègre pour ce poste.

 

Dans le monde de la Recherche, Claude Allègre est presque unanimement considéré comme un négationiste, qui n'a jamais publié sur le réchauffement climatique, et qui pourtant utilise sa notoriété pour "revendiquer le droit au doute" sur ce sujet. En science, contrairement à la politique, ce que l'on dit, et qui le dit, importe peu, si l'on n'avance pas des solides arguments, des données scientifiques, bref des "preuves scientiques". Sur le réchauffement climatique et le CO2, Mr Allègre n'a jamais publié un seul article scientifique. Par contre, il n'a pas hésité à écrire des tribunes sur le sujet que ce soit, dans l'Express ou le Monde, en rajoutant quelques références en fin de tribune pour donner un vernis scientifique à ses propos. La polémique en 2000 entre l'ex-ministre de l'Education et le Canard Enchaîné montre que Claude Allègre n'est plus depuis longtemps un scientifique, car il n'en accepte plus ni la rigueur ni les contraintes : http://membres.lycos.fr/dragons/zat/zat4.htm

 

Claude Allègre passe actuellement son temps à l'Académie des Sciences à donner le change en organisant un séminaire sur le CO2 et la séquestration géologique, http://www.lesechos.fr/info/metiers/4866553-claude-allegre-en-vedette-a-l-academie-des-sciences.htm

Il continue ainsi à jouer de ses différentes casquettes avec un grand cynisme. Il est vrai que le monde politique est si peu sensible aux questions scientifiques, qu'il lui sera facile de jouer le beau rôle du grand scientifique. Il pourra notamment expliquer à son futur Premier Ministre Fillon quelle est la pression à 1400 m de profondeur sous la surface de l'océan :

 

"Le temps de troquer sa veste de costume contre un blouse de chantier et d'ajuster son casque sur la tête et voilà le premier-ministre qui se lance dans un dédale de coursives. «Quelle est la pression à 1 400 mètres de profondeur ?», interroge-t-il. «140 bars», répond un ingénieur qui détaille le procédé d'extraction du pétrole dans les eaux profondes du golfe de Guinée."

http://www.lefigaro.fr/international/2009/05/23/01003-20090523ARTFIG00619-visite-sous-haute-surveillance-pour-fillon-en-afrique-.php

 

 

 

 

 

 

 

 

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