ACCUEIL DE MERDE - ACTE I - Des ponts, pas des murs...

Ce matin, samedi 7 mars 2020, 5 banderoles sont accrochées simultanément sur 4 ponts de Paris : Pont Neuf, pont de l’Archevêché, pont des Arts et pont Saint-Louis, avec comme slogans : « Protégeons les humains, pas les frontières » ; « Migrer n’est pas un crime. A bas les CRA » ; « Accueil indigne, pays indigne » ; « Ne pas accueillir c’est laisser mourir » ; « Votre politique migratoire tue ».

 

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NOUS, MILITANT.E.S ET SOUTIENS DES PERSONNES EXILÉES EN SITUATION DE PRÉCARITÉ, DÉNONÇONS PAR CET AFFICHAGE LA POLITIQUE MEURTRIÈRE DE CE GOUVERNEMENT.

Si les violences policières et la maltraitance institutionnelle sont la partie la plus visible du non-accueil, nous n’ignorons pas que les responsabilités de cette politique inhumaine se situent tout en haut de l’État, là où se décident des orientations politiques. Nous nous adressons donc au chef de l’État et à son gouvernement.

Par cet acte, nous accusons la xénophobie, le racisme, le cynisme, l’hypocrisie, l'indécence et l’impunité de l’État qui, invoquant la liberté, l’égalité et la fraternité, les droits humains ou encore la démocratie, bafoue en réalité les droits les plus fondamentaux des personnes exilées.  

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LA FRONTIÈRE TUE

Combien de personnes mortes, tuées par les frontières ? Que ce soient les frontières de la Méditerranées, les frontières de l’accès aux droits fondamentaux, les lieux d’enfermement et de privation de liberté comme les Centre de Rétention Administrative ou les zones d’attentes des aéroports. La frontière tue.

Et aujourd’hui la frontière tue même directement entre la Grèce et la Turquie. Car c’est un véritable pogrom qui risque d’avoir lieu - si ce n’est déjà le cas, et ce, avec le consentement général de l’Union Européenne et de la France. Par un tweet, Emmanuel Macron adresse d’ailleurs toute sa « solidarité » à la Grèce et à la Bulgarie et assure que la France « est prête à contribuer aux efforts européens pour leur prêter une assistance rapide et protéger les frontières ». Le Président français choisit donc de protéger les frontières plutôt que de protéger des humains.

Les gouvernements français, européens et l’extrême droite traitent les personnes exilées comme une menace. Une vague qui viendrait déferler sa misère sur l’Europe et la France. Est-ce nécessaire de rappeler que migrer n’est pas un crime, mais un droit ? Et que fermer ses frontières et persécuter des individus n’évite pas une « crise migratoire » ou une « crise humanitaire », mais la crée et la renforce.

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LES POLITIQUES DE DÉCOURAGEMENT PRIVENT LES EXILÉ.E.S DE LEURS DROITS ET DE LEURS LIBERTÉS

Combien de rapports écrits pour sonner l’alarme quant au traitement réservé aux personnes exilées ? La politique migratoire française et européenne tue. La politique migratoire pousse au suicide, rend fou et laisse mourir.

Nous dénonçons le durcissement des lois françaises en matière d’immigration, qui cherchant à dissuader et décourager celles et ceux qui souhaiteraient vivre en France, mettent en danger la vie des personnes. Par sa loi Asile Immigration, le gouvernement souhaite lutter contre les fraudes et les abus, lutter contre l’immigration illégale, mais elle ne fait que renforcer la précarité, l’insécurisation et l’invisibilisation des personnes, réduisant ainsi davantage l’accès aux droits les plus fondamentaux.

À titre d’exemple, il faut désormais appeler l’OFII* pour tenter de déposer sa demande d’asile, or cela nécessite un téléphone et du crédit, sans compter que les lignes sont de toute évidence surchargées. Depuis le 1er janvier 2020, les personnes en demande d’asile doivent maintenant attendre trois mois avant d’être couvertes par la PUMA**, trois mois durant lesquels elles ne pourront pas être soignées, mettant en danger leur santé physique et psychique. Cette loi projette également la construction de trois nouveaux centres de rétention et l’allongement de la détention à 45 à 90 jours, instituant ainsi une politique migratoire concentrationnaire.

Tous ces procédés ingénieux mis en place par les gouvernements successifs compliquent plus encore l’accès aux droits des personnes exilées. Les procédures Dublin, d’asile, de titre de séjour, sont toutes autant de parcours infernaux et absurdes, laissant les personnes en errance, entre menace d’expulsion, répression policière, et marathons entre les différentes structures administratives et d'hébergement.   

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LA POLITIQUE DE L’ÉTAT ORGANISE L'ILLÉGALITÉ ET L'INDIGNITÉ

Nous dénonçons cette politique comptable et gestionnaire qui traite les humains comme des chiffres, des flux et des vagues. “Sans-papier” ou “irrégulier” n’est pas une identité, mais une construction politique et historique. Personne n’est illégal. Ce sont les politiques administratives et juridiques qui maintiennent les personnes dans l’illégalité. Les personnes dites “sans-papiers” n’existent et n’augmentent uniquement parce que les conditions d’obtention de droit de séjour sont de plus en plus dures, et se réduisent le plus souvent aux simples besoins économiques conjoncturels.

Ce ne sont pas les personnes exilées qui apportent l’insalubrité et la précarité, mais les politiques de privation de liberté et de droits. Les conditions indignes des campements ne sont pas le fait des personnes qui y habitent, c’est un choix politique.

NOUS USERONS DE TOUS LES MOYENS QUE NOUS ESTIMONS NÉCESSAIRES ET LÉGITIMES AU NOM DU RESPECT ET DE L'ÉGALITÉ DES DROITS

L’État met volontairement en danger des milliers de vies humaines. L’État est illégal, il ne respecte pas les droits fondamentaux des personnes exilées, garantis par la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948 et la Convention de Genève de 1949.

Réclamer le droit d’avoir des droits, le droit de vivre dignement, le droit d’habiter, de participer à la vie politique, de travailler n’est pas un crime. C’est faire respecter la loi.

 

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NOUS DEMANDONS LA FIN DES POLITIQUES DE CRIMINALISATION DES PERSONNES EXILÉES, POUR UN ACCUEIL INCONDITIONNEL. 

LE RESPECT DE LA DIGNITÉ DE CHACUN ET CHACUNE, L'ÉGALITÉ DES DROITS HUMAINS FONDAMENTAUX POUR TOUTES ET TOUS. 

A bientôt pour l’Acte II.

 

*OFII: Office Français de l’Immigration et de l’Intégration

 **PUMA : Protection Universelle MAladie

 

 

 

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