Des mineur.e.s dorment à la rue, ça vous choque ? Nous aussi !

Dans le prolongement de la journée Internationale des Droits de l'Enfant, le collectif "Accueil de merde" appelle à un rassemblement vendredi 23 novembre 2018 à partir de 16h sur la place qui fait face au siège parisien de la Croix Rouge Française, rue Didot dans le 14e. Y seront installées des "chambres d'enfants" et des "salles de classe" en toile. Explications :

 

 © accueil de merde © accueil de merde

 

Ensemble soutenons les mineur.es isolé.es étranger.es qui dorment à la rue !

Un.e mineur.e qui arrive sur le sol français doit être protégé.e en vertu de la Convention Internationale des Droits de l'Enfant et de la loi sur la protection de l'enfance.  Concernant les mineur.es exilé.es, les services départementaux comptent des antennes dédiées, spécifiques à ce public, chargées d’évaluer l’isolement des jeunes et leur minorité.

A Paris, l’ASE (Aide Sociale à l’Enfance) délègue à la Croix Rouge, via le DEMIE (Dispositif d’Evaluation des Mineurs Isolés Etrangers) « les modalités de l'évaluation de la minorité et de l'isolement familial des personnes se déclarant mineur.e.s privé.e.s temporairement ou définitivement de la protection de leur famille » (arrêté du 17/11/16) : en réalité, ce dispositif met en place des routines de gestion des flux et des arrivées migratoires en dénaturant entièrement les textes de protection de l’enfance en danger. La Croix Rouge rejette en effet, selon les chiffres officiels de la mairie de Paris, environ 70% des demandes de jeunes à une protection.

Dans les faits, les exemples de pratiques illégales sont nombreux :

La Croix rouge ne respecte pas la loi, et contribue à refuser la protection à un public extrêmement vulnérable, contraint alors de passer plusieurs mois dans la rue.

Les évaluations sont souvent expéditives, effectuées par une seule personne sans qualification particulière. On constate également de nombreux rejets au faciès, la non application du principe de présomption de minorité, et parfois l’absence de mise à l’abri d’urgence. Les motifs de refus sont fréquemment impersonnels et stéréotypés, tels que « vous avez fait preuve lors de votre voyage d’une maturité qui ne correspond pas à celle d’un mineur ». Par ailleurs, s’y développent des traitements dégradants à l’égard des personnes sollicitant la protection des services de l’Aide Sociale à l’Enfance.  

Dans ce contexte désastreux, ce sont des citoyen.nes qui font le choix de fournir le gite, le couvert, la vêture, l’accompagnement vers la scolarité et l’accès aux soins à ces jeunes, assurant ainsi une mission de service public à la place de l’Etat, lui-même défaillant.

Par cette action nous voulons rendre visibles les pratiques discriminatoires de la Croix-Rouge, déléguée par l’Etat et le département, qui mettent en danger des personnes extrêmement vulnérables, les mineur.es isolé.es étranger.es !

Signataires : Paris d’Exil ; la Timmy (Team Mineurs Isolés Paris) ; Les Midis du Mie

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