L'association Encrages s'adresse à Emmanuel Macron

Monsieur le Président, si quelqu’un peut prendre la décision d’accueillir l’Aquarius et ses rescapés, ainsi que les bateaux en détresse à venir, c’est vous.

 

 © Encrages © Encrages

Monsieur le Président,


Nous nous adressons aujourd’hui à vous, même si vous préféreriez ne pas entendre nos voix. Si quelqu’un peut prendre la décision d’accueillir l’Aquarius et ses rescapés, ainsi que les bateaux en détresse à venir, c’est vous. Nous vous adressons donc aujourd’hui 500 bateaux de papier.

Ils ont été pliés par plus de 500 personnes, et sont porteurs de messages importants ! Des citoyens inquiets de voir la France se replier sur elle-même, des migrants qui ont vécu la terrifiante traversée, et de nombreux enfants qui, eux aussi, ont apporté leur contribution et leurs mots.

Regardez l’attention avec laquelle les bateaux sont fabriqués, les détails des hublots, de l’ancre, des visages, des vagues. Les enfants, eux non plus ne comprennent pas votre attitude ferme et hostile vis-à-vis de ces personnes en détresse que vous appelez migrants économiques, quand ce sont les victimes de nos guerres économiques. 

35 000 personnes ont perdu la vie en mer ces dernières années. Ce n’est pas faire preuve “de bons faux sentiments” que de le rappeler, comme le font nos plus grands intellectuels, que vous tentez de ridiculiser avec cette réponse.


Doit-on vous rappeler que les personnes qui risquent leur vie en mer n’ont pas le choix ?

Retenus en Libye, ils risquent l’esclavage, le viol, le meurtre.

Et vous, pendant ce temps, renforcez vos accords avec le gouvernement libyen?
Vous avez qualifié le gouvernement italien de cynique, mais comment qualifier l’attitude de la France ? Vous avez laissé passer l’Aquarius à 7 km des côtes françaises !

Prolongeant ainsi le voyage de femmes, d’enfants, de mineurs isolés, de personnes malades depuis plusieurs jours...
Pour dire notre indignation, notre inquiétude et notre rage, il aurait fallu, sans doute, construire 500 000 bateaux !
Chaque vie rejetée par vous est une blessure à nos couleurs. Nous ne sommes pas d'accord quand vous dites que la France a fait sa part pour l'accueil des réfugiés. Vous vous repliez derrière les accords de Dublin pour ne pas accueillir. Si les demandeurs d'asile doivent faire leur demande dans le premier pays par lequel ils entrent en Europe, doivent-ils arriver ici en parachute ? Il y a des milliers de personnes solidaires dans notre pays, qui ne lâcheront rien malgré les intimidations ordonnées par votre Ministre de l’Intérieur, qui ne vous lâcheront pas sur la question d'un accueil inconditionnel et digne de celles et ceux qui viennent jusqu'à nous pour trouver un refuge. 

Salutations indignées, Monsieur le Président (de la République)

 © Carole Chaix pour Encrages © Carole Chaix pour Encrages

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.