Coronavirus et confinement : un message des exilé-e-s du camp d'Aubervilliers...

Nous ne faisons que transmettre, ce sont leurs mots.

We are hundreds people sleeping here in the street. We are afghanis, soudanese, somalis, erythreans, ethiopian, guinean etc… Some of us have papers, some don’t have. Some are Dublin, others Normal. But we are also HUMANS. The virus don’t care about our origin and papers. It will strike us also. Look where we live, for once listen to us and you will understand that we will die here if nothing is done. 
The government says it is not safe to go out and everybody has to stay in home, that we have to wash our hands, not stay many people together. But we have no home, we are blocked outside. We have to live in this horrible place. If we try to go other place, the police beats us and take our tents and our blankets. The police even attack families with women and children. Here there is no water, no shower. There is even no toilets ! We have to sleep 3 or 4 persons in one tent. Living here in normal time is already unsafe and inhuman. 
But how can you force us to live here when there is a virus threatening all the population ? Some people here are already sick. Some don’t have health insurance and they can’t go to doctor. When we call ambulance they don’t come to us. A lot of people have no money to buy food, to buy medecine. The organizations which used to help us can't be there all the time. The government continue to not care about us. A lot of people here have been taken by police several times and everytime they kick them out of camp because they don't have ofii money.
Now we are all in danger because of this inhuman policy. All humans deserve   to be protected whatever his origins and his papers. WE ASK TO THE GOVERNMENT TO GIVE HOME TO ALL THE PEOPLE HERE. ALL OF THEM WITHOUT RESTRICTION.

 

TRADUCTION (par Daisy)

"Nous sommes des centaines à dormir ici dans la rue. Nous somme Afghan·es, Soundanais·es, Somalien·nes, Erythréen·nes, Ethiopien·nes , Guinéen·nes, etc… Certain·es ont des papiers, d’autres non. Certain·es sont dubliné·es, d’autres non. Mais nous sommes aussi des ETRES HUMAINS. Le virus n’en a rien à faire  de nos origines et de nos papiers. Il nous frappera aussi. Regardez où nous vivons, pour une fois écoutez-nous et vous comprendrez que nous allons mourir ici si rien n’est fait.

Le gouvernement dit qu’il est dangereux de sortir, que tout le monde doit rester à la maison, qu’il faut laver ses mains et éviter les regroupements de personnes. Mais nous n’avons pas de foyer, nous sommes bloqués à l’extérieur. Nous sommes obligé·es de vivre dans cet endroit horrible. Si nous essayons d’aller ailleurs, la police nous frappe, et prend nos tentes et nos couvertures. La police attaque même les familles avec des femmes et des enfants. Ici il n’y a pas d’eau, pas de douches. Il n’y a même pas de toilettes ! Il nous faut dormir à 3 ou 4 personnes dans une tente. Vivre ici en temps normal est déjà dangereux et inhumain.

Mais comment pouvez-vous nous forcer à vivre ici alors qu’un virus menace toute la population ? Il y a déjà des malades. Certaines personnes n’ont pas  de prise en charge (médicale) et ne peuvent pas aller voir le médecin. Quand nous appelons une ambulance  elle ne se déplace pas jusqu’à nous. Beaucoup de gens n’ont pas d’argent pour acheter de la nourriture ou des médicaments. Les structures qui nous venaient en aide ne peuvent pas être là tout le temps. Le gouvernement continue de ne pas se soucier de nous. Beaucoup ici ont déjà été embarqués par la police à plusieurs reprises, et à chaque fois ils les jettent hors du camp parce qu’ils n’ont pas d’argent de l’OFII (Office Français de l'Immigration et de l'Intégration).

A l’heure actuelle nous sommes tous en danger à cause de cette politique inhumaine. Tous les êtres humains  méritent d’être protégé·es, quel·les que soient leurs origines ou leurs papiers. NOUS DEMANDONS AU GOUVERNEMENT DE LOGER TOUTES LES PERSONNES QUI SE TROUVENT ICI. TOUTES SANS RESTRICTION."

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