Accueil De Merde
Appelons les choses par leurs noms
Abonné·e de Mediapart

42 Billets

0 Édition

Billet de blog 22 juin 2021

Le Banc de l’hospitalité, le retour

Au croisement de rues très anciennes, un banc qui servait de lieu de référence pour des distributions alimentaires et d’autres ressources de première nécessité, fut scié à la demande des pouvoirs publics. Histoire d'un retour, discret mais symbolique...

Accueil De Merde
Appelons les choses par leurs noms
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

© Quartier Solidaire

À l’heure où des terrasses prennent d’assaut chaque coin et place de la ville, aux alentours des jardins d’Éole, entre le dix-huitième et le dix-neuvième arrondissements de Paris, on envisage l’installation de toujours plus de grillages pour empêcher les gens de se poser. Il est vrai que les personnes qui en viennent à passer la soirée autour d’un bout de mur, ou à prendre un café perchées sur le rebord d’un bac à fleurs, sont déjà bien pénalisées par les hostilités et les pièges du monde. Alors le choix de les pénaliser davantage est bien dans une certaine logique : celle qui nous mène tous dans le mur.

 Et si on décidait que c’est le contraire qu’il faut faire ? Si on décidait que l’espace public est un bien commun qu’il faut vouloir et aimer ? Si on décidait que c’est en créant les possibilités de partage et de solitude, d’écoute et de présence, de côtoiement et de brassage, de bribes de conversation et de liens durables, qu’on fait ville, ici et maintenant, et pour les années à venir ?

 Depuis toujours, le quartier de La Chapelle à Paris est un lieu de transit ou d’ancrage pour les personnes en migration, notamment en raison de sa proximité avec la Gare du Nord. C’est pourquoi le banc public trouve tout son sens au cœur de ce carrefour. Or c’est justement ici, au croisement de rues très anciennes, qu’un banc qui servait de lieu de référence pour des distributions alimentaires et d’autres ressources de première nécessité, fut scié à la demande des pouvoirs publics. C’était en 2017.

© Quartiers Solidaires
© Quartiers Solidaires

 Le 19 juin 2021, le banc est de retour, restauré sous l’égide de la Convention de l’UNESCO de 2003 en vue d’obtenir la reconnaissance que l’acte d’hospitalité est de l’ordre du Patrimoine immatériel de l’humanité et nécessiterait une sauvegarde urgente.

 En moins d’une heure, il a retrouvé son public et son histoire, aux premières loges de la ville-monde. Vous le trouverez à la Place des Messageries de l’Est. Il est à vous, à l’autre, à nous : place à tout le monde.

© Quartiers Solidaires

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — Gauche(s)
Parlement : ce que peut espérer la Nupes
Et si la gauche devenait la première force d’opposition au Palais-Bourbon en juin prochain ? Un scénario plausible qui pourrait, dans une certaine mesure, transformer le paysage politique, explique Olivier Rozenberg, spécialiste de la vie parlementaire.
par Pauline Graulle
Journal
Ukraine : divisé, le monde occidental peine à dessiner une issue
Alors que le spectre d’un conflit long se précise, faut-il continuer, et jusqu’à quand, à livrer des armes à Kyiv ? Est-il encore possible de ménager une « porte de sortie » à Vladimir Poutine pour faciliter de futures négociations de paix ? Aux États-Unis comme en Europe, des dissensions commencent à affleurer sur ces sujets clés.
par Ludovic Lamant
Journal — Migrations
La guerre a déplacé des milliers d’orphelins et d’enfants placés
Les enfants représentent, avec les femmes, la majeure partie des déplacés internes et des réfugiés ukrainiens. Dans l’ouest de l’Ukraine, des orphelins de la guerre et des enfants placés tentent de se reconstruire une vie, loin de leur maison et de leurs habitudes.
par Nejma Brahim
Journal
Législatives : des candidats de la majorité préfèrent s’afficher sans Macron
Contrairement à 2017, où la plupart des candidats macronistes avaient accolé la photo du président de la République à côté de la leur, nombre d’entre eux ont décidé cette année de mener campagne sur leur propre nom. Face à la gauche et à l’extrême droite, certains veulent éviter d’agiter « le chiffon rouge ».
par Ellen Salvi

La sélection du Club

Billet de blog
Remise des diplômes AgroParisTech : appel à déserter
Lors de leur cérémonie de remise de diplôme, huit jeunes ingénieur·es AgroParisTech ont appelé leurs camarades de promotion à déserter de leurs postes. « N'attendons pas le 12ème rapport du GIEC qui démontrera que les États et les multinationales n'ont jamais fait qu'aggraver les problèmes et qui placera ses derniers espoirs dans les révoltes populaires. Vous pouvez bifurquer maintenant. »
par Des agros qui bifurquent
Billet d’édition
Hebdo #123 : Parole à celles et ceux qui ont déjà bifurqué
À la suite du retentissant appel des jeunes diplômés d’AgroParisTech à déserter les postes dans l’agro-industrie, nous avons recueilli de nombreux témoignages d’anciens étudiants « en agro » devenus paysans, chercheurs, formateurs, etc. Ils racontent leur parcours, les embûches et leur espoir de changer le système. Bifurquer, c’est possible. Mais il faut s’organiser !
par Sabrina Kassa
Billet de blog
Déserteurs : existe-t-il une sécession des élites diplômées ?
La prise de parole des étudiant·es de Agro Paris Tech a été l’occasion pour la presse de remettre en avant l’hypothèse d’une sécession de l’élite scolaire face à la crise écologique. Qu’en disent les sciences sociales ?
par Quantité Critique
Billet de blog
Prendre les chemins de traverse… mais à plusieurs !
Nous sommes un collectif d'une petite dizaine de personnes, qui avons décidé, à la fin de nos études en politiques locales, de prendre à bras le corps les questions climatiques, énergétiques, sociales de demain, pour y trouver des réponses radicales. Voilà l'histoire de notre parcours, depuis notre rencontre en 2018, sur les bancs de l'université.
par Collectif La Traverse