Paris, la nuit de la honte

Des images insupportables de violences sur des personnes exilées place de la République et de nouvelles violences policières sur les journalistes.

 © accueil de merde © accueil de merde

Depuis une semaine, suite à l’évacuation du campement de 2500 personnes aux portes de Paris, plus de 1000 personnes laissées sur le carreau sont harcelées, malmenées et empêchées de dormir par la Police.

 Cela a été montré et documenté.

 Hier soir à Paris, sur la Place de la République, des associations, des exilés et des soutiens ont installé des tentes pour que ces personnes, en majorité afghanes, puissent être rendues visibles et prises en charge par l'Etat.

© accueil de merde

 Des élus, ainsi que des avocats étaient également présents pour mettre l’Etat devant ses responsabilités.

© Accueil De Merde

Une des revendications de l’action d’hier soir était le droit au sommeil, d’avoir une nuit tranquille pour ces personnes épuisées. On en est arrivé là, oui. Car chaque nuit ces personnes à qui nous devons protection sont empêchées de dormir, réveillées dans la violence et repoussées toutes les demi-heures. C’est de la torture.

Ce campement de tentes neuves a tenu une heure, avant d'être arraché violemment par la police, des tentes ont été traînées avec des personnes à l'intérieur.

20000€ de tentes et de matériels ont été arrachés, mis dans des camions et seront probablement jetés.

© accueil de merde

Les réfugiés, les militants, les élus présents ont été malmenés, poussés violemment, frappés, gazés.

Les bénévoles et quelques élus ont voulu ensuite accompagner les personnes réfugiées à l'Hôtel de Ville. Ils ont été gazés, nassés, matraqués. La police a fait usage de gaz, des grenades désencerclentes, le LDB. Contre des réfugiés.

Rémy Buisine, journaliste a été matraqué et menacé. D’autres journalistes ont été malmenés. Un policier a essayé d’arracher la caméra Laurent Bortolussi, journaliste qui fournit toutes les TV françaises.

© accueil de merde

Ensuite, les personnes réfugiées et les bénévoles ont été suivis, pourchassés jusqu’en dehors de Paris notamment par des voitures banalisées de la Police, avec un harcèlement constant jusqu’à ce que tous soient partis de Paris, avec l’impossibilité de se regrouper afin de se sécuriser pour la nuit.

Retour à la case départ : insécurité, violence et invisibilisation des exilés.

© accueil de merde

Que vont devenir ces personnes? Dans les prochains jours, les températures vont dégringoler vers les zéro degrés.

Ils sont Afghans, Erythréens, Soudanais, réfugiés de guerre, de nos guerres économiques. Ils ont des droits, droits à une protection, à un logement, à un accès à la santé. A la dignité. Leurs droits humains sont bafoués. La France a signé des conventions qu'elle ne respecte pas.

L’Etat nie ces droits et s’enfonce dans le nationalisme, le racisme et la violence.

Le gouvernement et le Préfet Lallement parlent de droit, de justice indépendante, d’une police qui protège et d’évacuation qui mettent à l’abri.

A cette rhétorique mensongère nous opposons nos images bien réelles qui illustrent le quotidien de ces exilés qu’on ghettoïse et qu’on harcèle dans les rues.

 

© accueil de merde

appel à rassemblement ce soir 18h place de la République par la marche des solidarités 

 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.