Macron vs Covid-19: on prend les mêmes et on recommence

Depuis presque 3 ans, Macron et chacun·e des individu·e·s qui composent son gouvernement et leurs complices parlementaires à leur tête - leurs chefs accapareurs Legendre, Guerini et Ferrand - mènent une politique prédatrice, dévastant la construction sociale de la France en s'acharnant à détruire notre capacité à exister en collectivité.

La Macronie a tenté par tous les moyens de faire passer des "réformes" néolibérales devant l'urgence de la lutte contre le COVID-19, dont certaines sont mises au chaud. Pour l'instant!

Ne soyons pas dupes, elles seront de nouveau ressorties dès que les prémices de la fin de la pandémie seront mesurables. Déjà, un indice donne le ton de l'ampleur de la déconstruction sociale à venir : l'extension à 60 heures hebdomadaires travaillées et le travail du dimanche amplifié. C'est pour cela que Act Up- Paris récuse, refuse que ce gouvernement définisse la lutte contre la pandémie du COVID-19 comme une guerre, car cela entrenerait une manipulation linguistique qui laisserait à Macron et ses affidéEs le champ libre pour massacrer définitivement les conquêtes sociales.

Macron fait mine ou pantomime de vouloir nous protéger par un confinement, certes scientifiquement approprié et corroboré entre pairs au sein du Conseil scientifique, mais comment croire sa bonne foi quand Castaner, Benalla et Lallement exécutaient sans rechigner son ordre de lancer les répressions policières les plus féroces et anti-démocratiques rarement à l'œuvre depuis février et octobre 1961.

On peut d'ores et déjà dresser un constat au vu de l'incompétence, de l'impréparation et de l'amateurisme du gouvernement de Macron face au défi du COVID-19. Il est basé sur le manque total d'anticipation de protéger les personnels de santé, les paramédicaux, les personnels des pharmacies, les pompiers, les brancardiers, les aides-soignantEs, les infirmierEs, les médecins, les psychologues, les assistants sociaux, les kinés, les ergothérapeutes, les psychomotriciens, les éducateurs, les professionnels de la sécurité… En somme les premierEs pour porter assistance, diagnostiquer, soigner les personnes malades et contenir l'expansion de la pandémie.

De même, le défaut d'approvisionnement de matériel de protection basique en temps d'épidémie de tous les personnels sommés de travailler pour veiller au respect des consignes de la riposte face au virus, des personnels sommés de rester à leur poste de travail pour faire tourner l'économie capitaliste et pour tenter que face à l'incurie gouvernementale, tout ne s'effondre pas.

Ainsi ce "nouveau monde" macroniste est celui du chaos, de la mise en danger de la vie d'autrui, in fine d'un darwinisme social.

Cette pandémie de COVID-19 est un révélateur politique comme le VIH-sida fut et demeure un révélateur social.

En effet, si Macron a eu récemment comme révélation l’importance de "l'Etat-providence", de l'accès aux soins pour touTEs, de l'importance vitale d'un socle social, alors qu'il a jusqu'à présent poursuivi avec zèle, avec ses ministres, consciemment la destruction, entamée depuis au moins 30 ans.

Nous, Act Up-Paris, activistes contre le VIH-sida, et luttant contre les discriminations dont se régalent Macron et ce gouvernement amoral, nous n'avons cessé d'alerter, de porter des plaidoyers, de tirer les leçons apprises de la pandémie de VIH-sida. Ces alertes constantes n'ont jamais eu de réponse de la part de Macron ni de son monde.

La réalité, qui ne pourra plus etre niée, est qu’on ne peut pas faire mieux avec moins de financements.

L'imposition d'une austérité financière dogmatique, de critères comptables maastrichiens quasi intangibles au mépris de la réalité du monde et de la vie des peuples ficelées dans l'euro s'avèrent aujourd'hui fatales. C'est-à-dire l'appauvrissement du plus grand nombre au bénéfice de quelques uns.

L'impossibilité d'investir à grande échelle et sur le long terme dans les structures de bien commun comme la santé, l'éducation et le logement produisent aujourd'hui leur effet.

Quoiqu'il en soit, Macron et son monde ne pourra pas nous refaire le coup du "non responsable, non coupable" comme lors du scandale du sang contaminé. L'impératif catégorique est aujourd'hui de :

- mettre toutEs les personnes à l'abri,
- veiller à la protection de la vie des INVISIBILISÉES : des détenuEs, des personnes sans toit, des travailleurSEs du sexe, des usagerEs de drogues, des personnes précaires, des personnes sans - papiers, des demandeurEs d'asile et des refugiéEs, des mineurEs isoléEs.

Après la tourmente, viendra le temps de rendre des comptes. Le temps des paroles creuses et des mensonges d'Etat seront ineffaçables.
Et même si quelqu'unEs d'entre nous tombent dans cette lutte pour nos vies, celles et ceux qui sortiront guériEs ou épargnéEs seront en face de vous à exiger votre bannissement de la vie publique.

Lorsque nous serons revenus à un moment de vie plus régulier, votre incompétence politique et morale devront se payer.

Ce pays n'a pas besoin d’une nouvelle Georgina Dufoix ni d’un nouveau Laurent Fabius. Ça suffit !

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