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Billet de blog 27 avr. 2017

Entre la peste et le choléra

« La peur du fascisme, c’est déjà le fascisme » Cavanna

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Choisir entre la peste et le choléra. C’est le coup de maître organisé pour l’élection présidentielle du deuxième tour. Une belle victoire d’un processus antidémocratique qui prétend son contraire.

 Victoire d’un piège organisé, sous matraquage médiatique, de la marchandisation du processus électoral avec l’illusion d’un choix entre deux candidats qui offrent de fait les mêmes perspectives : le règne de l’argent-roi (« arme de destruction massive », pour les Pinçon- Charlot, grand « dissolvant universel » chez Jodorovski) qui s’organisera sous la protection du pouvoir d’Etat, avec option, soit plus coercitive, soit plus dissolue. Comme si le FN n’avait pas voté pour le secret bancaire et n’aurait que de toutes petites casseroles à traîner depuis Bruxelles seulement. Comme si les «  donateurs » individualisés de Macron ne représentaient pas la fine fleur des plus grands magnats de la presse et du monde financier.

 Un piège entretenant la chimère d’un nettoyage des vieilles pratiques politiciennes, avec sa cohorte de corruption, de détournement du bien public, de lobbying, que la jeunesse d’un candidat ou la non-participation au gouvernement de l’autre garantirait.

Soit, d’un côté, une même illusion partagée par 8 millions d’électeurs sur 47 millions de votants où de vrais désespoirs (dans les territoires et les milieux socio-économiques dits « abandonnés ») se mêlent au mythe d’une France pure et purifiée, dégagée de toute contrainte extérieure…Et de l’autre,  où orientations stratégiques (éviter l’arrivée d’un néo fascisme qui ne dit plus son nom ou préserver ses avoirs et ses privilèges) s’entremêlent avec le phantasme du « nouveau », du « hors-système », du « hors appareils politiques », d’un avenir « en marche »… vers du pareil au même, si ce n’est pire !

Victoire donc d’un ultralibéralisme galopant qui a tout à gagner du brouillage des réalités, de l’abandon de nos facultés de jugement, de la perte de tout sens aux mots et aux idées au profit de « l’ordre » ou du «  mouvement ».

Nous voilà donc partagés entre la peur et le dégoût. Peur  d’une extrême-droite fascisante devenue bien maligne, disant quelques vérités sur la nature du capitalisme et de la perte de souveraineté et surfant sur le désespoir des gens (tout comme le national socialisme débouchant sur le nazisme du siècle dernier !). Dégoût d’un candidat dont l’apparent « vide » fait l’impasse sur la domination, sans foi ni loi,  de « la main invisible du marché », et de la Bourse !, afin de s’assurer l’exploitation effrénée du monde et des gens.

 Combien serons-nous, au 2° tour, à subir le chantage médiatique ou la pression de notre entourage si l’on se décidait à voter blanc ou à s’abstenir ?

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