Ici comme là-bas!

Marchand à la sauvette, enseignante ou gréviste, marchand de poisson, salariés ou cadres d'entreprise, publique ou privée, quelle est aujourd'hui la différence?

Pendant que l’on pérore dans les salons, à coups de plume et d’édition,  pour savoir si au-dessus de nos têtes s’agitent, plutôt qu’une tyrannie, une dictature, des abus, des bavures, des coercitions, des dérives autoritaires et de bien mauvaises intentions, pendant que l’on se fait donc des politesses de précisions,  des gens « quelconques » mettent fin à leurs jours ou tentent de le faire.

 Sommes-nous en Tunisie, au Maroc ?  Et bien, non !

 Suffit qu’il y ait en France autant d’humiliations et de mépris,  autant de désespérance que pour Bouazizi, marchand de légumes à la sauvette dont l’immolation donna le coup d’archet aux révoltes dites «  arabes » qu’on gratifia de discrets mouchoirs jetés à la face de peuples excédés  en forme de printemps ou de jasmin.

 Suffit qu’il y ait des gens, loin d’être quelconques, qui refusent de faire le sale boulot, enseignants, salariés d’entreprise, grévistes, qui mettent leur vie en jeu, parce qu’on a refusé de les entendre, parce qu’on les a laissé dans l’impuissance, et que des flics de service, Direction,  inspection, DRH, comme dans une rue de l’autre côté de la méditerranée, leur disent de circuler- il n’y a rien à dire, rien à vouloir - ou les menacent de les déclasser, de les déplacer, de les licencier...

 Suffit d'entendre ce qu'ils ont essayé de défendre pour qu’on se dise qu’importe le nom qu’il faut donner à ce qui nous opprime, nous casse, nous rend cinglés, qu’importent les discours, la com’, les palabres, c’est à les honorer, ces vies mises en péril ou piétinées, qu’il faut songer.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.