Du sexe et du patriarcat, faisons table rase !

Il faut rétablir les bonnes moeurs et les ligues de vertu !

 Marx couchait avec la bonne, Brecht avait des maîtresses, Céline était antisémite notoire, Schumann piquait des mélodies à sa femme, Malher interdisait à la sienne de chanter, Aragon aimait les garçons,  Balthus les petites filles et son frère les travelos, Rodin  a profité  de Camille Claudel et Paul, son frère, l’a laissée délibérément en hôpital psychiatrique, Manet a eu le culot de peindre une femme nue au milieu de messieurs costumés, Courbet deux amis homos, Flaubert fréquentait les bordels orientaux, Althusser a étranglé sa femme… faisons de tout cela un autodafé. Et pour le moins interdisons d’aller contempler, voir et lire leurs oeuvres. Il faut rétablir les bonnes moeurs et les ligues de vertu !

 Il faut s’insurger contre toute tentation de dissocier la personne humaine et ses travers, plus ou moins pathologiques, des créations intellectuelles ou artistiques. Il faut mettre de l’ordre là-dedans une bonne  pour toute ! Pas question de se  laisser aller à croire que n’importe quel l’être humain peut et sait parfaitement naviguer avec des tendances schizophréniques, qu’il, ou elle, est toujours un assassin potentiel selon les circonstances! Vive la « normalité », le don’t touch me, le ne-me-regarde- surtout-pas, le  « matriotisme » ! A bas les talons aiguilles, les jupes courtes et les collants moulants, le rouge aux lèvres, les bustiers plongeants, les longues chevelures flottantes… Que le puritanisme des mœurs soit respecté ! Ainsi il n’y aurait plus de harcèlement sexuel sur la voie publique ni en privé. Et supprimons le mariage, première institution où la femme est vouée, au mieux, à sa prostitution volontaire, au pis à son esclavage domestique, en toute fidélité !

 Dernière nouvelle: mon voisin et ami dans le RER bondé vient de connaître le harcèlement d'une dame penchée sur son portable dont les fesses dodues  lui cognent, que dis-je? lui labourent le dos. Que faire?

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