Vers un boycott des épreuves du bac ?

Ils étaient près de 5 000 manifestants ce jeudi à battre le pavé des rues nazairiennes. La pluie n'a pas eu raison de la mobilisation. Dans le cortège, une forte présence du corps enseignant et de ses élèves. Outre la réforme des retraites, les professeurs remettent en cause le nouveau bac.

Il est 9h ce matin quand les lycéens et lycéennes de la Cité Scolaire de Saint-Nazaire se rassemblent et décident d'opérer un blocus de leur établissement. Une nouvelle fois, ils se mobilisent contre la réforme des retraites. Ils sont une centaine à scander "Macron dégage", plus qu'une réforme, c'est tout un système qu'ils dénoncent. Ils souhaitent aussi venir soutenir le corps enseignant. 

Adeline Champ Adeline Champ
 

Réforme du bac

Ce corps enseignant est toujours autant mobilisé, tant dans les collèges que dans les lycées de la ville. Ils estiment être les grands perdants de cette réforme. Plus largement, c'est aussi l'expression d'un malaise plus générale, d'un manque de reconnaissance et de la mise en place difficile de ce nouveau bac. Aujourd'hui, c'est un bac à la carte avec des matières communes et d'autres en spécialité. L'examen se transforme en contrôle continu. Le système de notation est totalement revu. Il y aura toujours des épreuves à la fin de la classe de première et de terminale. Ce sont ces fameuses E3C, comprenez Épreuves Communes de Contrôle Continu , qui sont au cœur des inquiétudes des professeurs, "Elles doivent se dérouler fin janvier", précise un enseignant du lycée Aristide Briand, "et à la fin du mois de décembre, nous avions du mal à savoir ce que serait le contenu des épreuves et les modalités. Comment peut-on bien préparer les élèves dans ce contexte ? Nous demandons le report de cet examen pour qu'il soit organisé dans de meilleures conditions". Du côté des élèves, c'est également l'incertitude, "Oui en fait les épreuves, elles arrivent beaucoup trop tôt", explique cette élève de première, "Par exemple, en langues on a des axes à étudier, on est censé travailler 3 axes par trimestre mais les profs, ils n'y arrivent pas. Ils ont su le programme que cet été et ils ont essayé de tout préparer et de faire en sorte que ça passe. Mais ça va beaucoup trop vite pour nous. Là, c'est dans deux semaines et nous n'avons même pas terminé le deuxième axe".

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Stress

De part et d'autres, la mise en place de ce nouveau bac a généré et génère beaucoup d'incertitudes, "Nous ce que l'on voit, c'est que l'on a des élèves hyper stressés", précise un manifestant, "Le moindre acte d'évaluation, comme il est censé compter pour le bac, eh bien ils ont l'impression qu'ils n'ont plus le droit à l'erreur. Alors que nous, pour enseigner, il faut qu'on les évalue pour avoir un retour sur leurs niveaux. mais, il faut surtout qu'ils aient le droit à l'erreur, le droit de se tromper ! Et c'est ça aujourd'hui que l'on se prend dans la gueule... C'est fait de manière précipitée sans aucune réflexion en amont. Tout le monde est en panique". Chez les lycéens, le constat est le même, "Faire des épreuves en janvier c'est inutile", renchérit un lycéen, "C'est beaucoup trop tôt après 3 mois de cours, les épreuves de juin avec l'ancien bac étaient beaucoup plus censées". Il y aussi le stress de l'avenir, "Dès la seconde, on nous a demandé de choisir des spécialités, qui correspondent à ce que nous voulions faire après le bac. En seconde, on doit déjà choisir ce que l'on veut faire après le bac, alors que l'on vient seulement d'entrer au lycée. C'est une grande source de stress, c'est intense". Une autre lycéenne ajoute, "On ne connait même pas la date de toutes les épreuves, ni le contenu, on ne sait pas où l'on va, c'est super stressant".

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C'est dans ce contexte, qu'à Saint-Nazaire, comme dans d'autres villes de France, les professeurs menacent de boycotter, de se mettre en grève le jour de ces prochaines épreuves, à la fin du mois de janvier.

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