Et demain?

Ils sont collégiens et lycéens. Le futur de notre monde est entre leurs mains. Au lendemain du confinement, ils se confient sur leurs perspectives, leur avenir.

« La jeunesse a payé un prix extravagant à cette crise », ainsi s’exprimait Patrick Boucheron, historien, sur France Inter, le 3 juin dernier. Dans cet entretien, ils ne mâchent pas ses mots et avance même la notion de sacrifice. J’ai recueilli la parole de cette génération, qui du jour au lendemain, a du abandonner l’école, les amis et ses repères. Il a fallu aussi se réinventer une vie… Les échanges débutent par deux mots « Et demain ? », les réponses sont plus éclairantes, « Utopiquement, je répondrais par stop au capitalisme », affirme d’emblée Raphaël, 17 ans, « c’est ce qui nous a mené dans cette crise avec la mondialisation. Si je réponds avec réalisme, alors c’est le retour à l’anormal (et non pas la normale) on voit bien que le système n’est pas en train de changer et que ce sont les grosses entreprises qui en bénéficient. C’est très frustrant à notre échelle de ressentir cela ».

Pour Nollan, 15 ans, cet avenir n’est rien, « Tout simplement parce que nous n’en savons rien, je pense que nous allons devoir apprendre à vivre avec ce type de virus », il ne parvient plus à se projeter. Le constat est le même pour Hortense, 17 ans, « Nous avons toujours autant de questions et aucune réponse. Je pense que l’avenir va être modifié, mais comment ? Je ne le sais pas ». Pour Hadrien, 16 ans, tous les espoirs sont permis, « Demain ? C’est changement, révolution, il faut changer le monde d’après pour qu’il soit plus dans l’humain et plus écologique ».

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Naturellement nous passons dans les entretiens à la notion d’après demain et là le doute s’installe chez toutes et tous, « C’est un peu flou, je ne sais pas du tout à quoi m’attendre », « Il va falloir réapprendre à vivre avec certaines contraintes », une note positive tout de même, « ce sera pareil que demain mais en mieux ! C’est à dire que demain nous allons poser les bases, et après demain nous allons les consolider ».

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Pour envisager l’avenir, il est parfois voire essentiel de rêver. En tant qu’adulte, souvent, nous nous étonnons en réalisant nos idéaux de jeunesse. Est-ce à dire que les adultes n’ont plus le droit de rêver ? « C’est quoi être adulte ? », rétorque Hadrien, « C’est quand on a 18 ans ? Devient-on adulte un jour ? Moi j’ai envie de rêver jusqu’à la fin de ma vie ». « Moi j’ai juste envie d’être heureux et d’être entouré des gens que j’aime ». Des objectifs, en apparence simples mais difficiles à atteindre. Ce qui est sûr, c’est que ces jeunes-là n’ont pas perdu leurs idéaux et ils comptent bien participer à la création de ce monde d’après.

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