Aux sources de la mobilisation

Ce vendredi, dès 8h, la Cité Scolaire de Saint-Nazaire a été bloquée pendant plus de deux heures. Près de 200 personnes, lycéen(ne)s et professeurs, étaient présents sur place, certain(e)s depuis 6h.

C'est de la Cité Scolaire de Saint-Nazaire (lycées Aristide Briand et Brossaud-Blancho) que la mobilisation contre la réforme des retraites est partie ce vendredi. Pour cette nouvelle journée d'actions, les jeunes souhaitaient marquer les esprits, "En fait, nous avons voulu organiser plusieurs actions en même temps", précise l'un d'entre eux, "Y'a des gens qui sont allés sur le toit du Choeur [bâtiment phare de l'établissement] avec des fumigènes c'était magnifique, le blocage du lycée, le feu de palettes, on espère se faire d'avantage entendre".

A 7h30, les manifestants ont commencé à installer des barrières pour bloquer les entrées du lycée. Ce n'est pas une mince affaire ! La Cité Scolaire de Saint-Nazaire accueille plus de 3 000 élèves, la plus grande des Pays de la Loire et parmi les cinq plus grandes en France. C'est nouveau, ce vendredi, certains jeunes sont masqués, "nos actions sont plus dures, nous ne voulons pas être reconnus". A 7h45 et 8h, les premiers élèves non-grévistes arrivent et ne peuvent entrer dans l'établissement. Certains rejoignent le mouvement, d'autres patientent ou partent. "Bloquer le lycée nous permet de mobiliser plus de monde, beaucoup restent avec nous du coup". Des feux d'artifices sont tirés et là des applaudissements. Trois personnes apparaissent fumigènes à la main en haut du bâtiment central de la Cité Scolaire, la cafétéria nommée le Choeur. Ils plantent un drapeau, qui représente un point levé. 

 © Adeline Champ © Adeline Champ

"On veut que les gens nous prennent enfin au sérieux"... Ils sont là contre la réforme des retraites mais pas que... En début de semaine, ce sont tenues les premières épreuves E3C dans un contexte tendu et de confusion. C'est cette réforme du bac, qui touche aussi les élèves de première, qu'ils ne comprennent pas. Alors, pour se faire entendre, ils innovent, voir jouent avec le feu... 

 © Adeline Champ © Adeline Champ
 

Au milieu d'un feu de palettes, certains jettent des bombes aérosols, une lycéenne est blessée. La tension retombe mais le mouvement continue. Les jeunes et les professeurs se rendent en milieu de matinée dans le centre ville. Ils retrouvent la manifestation interprofessionnelle. Au total, près de 3 000 personnes se sont réunis, en ce jour symbolique de présentation du texte de la réforme des retraites au Conseil des ministres. 

 

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