Cher Monsieur Hariri ex premier ministre du Liban, citoyen saoudien, orphelin de père

Ceci est la nouvelle formule de ce blog. Plus de culture, moins de politique (mais encore un peu des deux). Moins de guerre espérons et surtout une perte de focus sur la Syrie (qui va mieux merci) pour agrandir l’angle géographique. Second papier sur le bien triste spectacle de l'accueil d'un orphelin refugié (?) mais sympathique.

 

Cher Monsieur Hariri ex premier ministre du Liban, citoyen saoudien, orphelin de père et milliardaire “malgré vous”,

Bienvenue chez nous. Vous arrivez dans un moment un peu compliqué, je ne vous le cache pas et ne soyez pas surpris qu’on ne sorte pas trop les flonflons pour vous. Bon, déjà vous-même vous semblez dans une passe difficile avec votre réçent détour à Ryad dont on ne sait pas trop si c’etait pour dire bonjour à la famille ou “Au revoir” aux Libanais. Avec ce doute qui plane, on ne sait plus trop si on accueille un digne responsable libanais, un milliardaire sous chantage ou un petit garçon perdu. On ne sait pas trop ce que vous êtes , on ne sait pas trop ce que vous venez faire ici en Franchouillie avec votre Famille et on ne sait pas trop ce qu’est devenue la France...

Car voilà l’autre problème, Monsieur Hariri, vous vous voyez, nous les citoyens français, on est aussi un peu pris en otages dans notre propre pays . Je me permets de vous en parler car je pense que vous pouvez voir l’idée, malgré les dorures...

Nous on pensait être citoyens du “pays des lumières”, “Phare de la démocratie”, “Ecrivain de la Chartre des Droits de l’Homme”, “Militant quasi professionnel de la cause des opprimés”...Enfin bref on était comme vous, on se pensait assez frime.

Bon. Comme vous venez de le vivre récemment, rien n’est jamais si simple....

On se retrouve sous la coupe d’un gars dont je ne suis même pas sûr que vous ayez de l’estime pour lui, on se retrouve AVANT TOUT un produit qui vend ses avions de guerre et ses armes au plus offrant, on se retrouve au cœur d’un drame médiatique sans précédent puisque notre “Héros des vérités arrachées”, le triste sire Edwy Plenel est le meilleur pote d’un intégriste possiblement violeur de plusieurs femmes, on se retrouve le fief du pays où ils a été mijoté d’envoyer la tonne de réfugiés syriens qui vous emmerde, vous au Liban, et j’avoue qu’en cela, je peux vous comprendre...Voilà où vous débarquez Monsieur Hariri. Dans un pays qui un jour fut “la France” et qui maintenant n’est plus qu’un machin un peu gêné, qui veut avoir l’air brillant mais ne l’est pas, qui veut avoir l’air “noble de coeur” mais est rapide du portefeuille, qui parle beaucoup fait ne fait rien (ça, ça va vous faire rire , je le sais), qui s’entre déchire pour savoir exactement qui vole le fric à qui en interne et dont l’aura de lumière et de francophonie, est ensevelie sous du flou, de la sueur et des larmes.

Alors oui, bienvenue à vous et votre famille! (Y-aura-t-il Madame votre tante, Monsieur votre frère ? Le coursier qu’on vous a envoyé a oublier de nous préciser le nombre de chaises à prévoir...! Pardon) . J’espère que le le gars qui nous dirige ne se sera pas pris un oeil au beurre noir durant le temps de votre attente parce qu’il en est à expulser la presse de ses meetings, c’est vous dire qu’il ne se sent pas super à l’aise. J’espère que vous aurez des trucs à nous raconter sur votre pays numéro deux: Le Liban, qui accueille tant de réfugiés syriens avec tant de soucis et qui croule sous les ordures allez-vous me répondre! On voit bien tout ça...mais n’empêche! Il reste dans mon coeur comme le pays du lait et du miel et le pays où l’on skie le matin en se baignant dans la mer à midi. Le pays de la générosité et des embouteillages professionnels . Le pays qui m’a appris le dabké, la politique internationale et l’art d’être riche ou pauvre, en restant digne.

Sans doute pourrez-vous donner quelques leçons de cela à la petit bande du tarmac parce que eux, ils sont paumés. A mon avis, ils ne savent même pas s’il faut sortir le drapeau ou juste le costume. La presse est aux ordres, l’Etat est aux abois et les viriles poignées de main ne sont là que pour faire joli. Pour tout vous avouer, à force d’être Charlie, Paris, zizi, “ni...ni”, je ne sais plus très bien qui je suis.

Bienvenue en Franchouillie, Monsieur Hariri.

PS: sachant que vous aimez twitter, je vous ecris sur FB et sur mon blog. Histoire que vous receviez ma lettre, ces derniers temps, ça se suicide sec à la Poste.

 

 

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